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Le groupe haïtien Racine Mapou de Azor participe à « Brassens, échos d’aujourd’hui »

En avril 2011, pour célébrer les 30 ans de la mort de Georges Brassens, sortait sur le label français Fanon la compilation « Brassens, échos du monde ». Cette compilation réunissait des versions les plus inattendues des chansons de Brassens, interprétées dans les styles les plus variés, par des artistes venant de toutes les régions du monde : boléro japonais, folk russe, soft jazz polonais, punk belge, etc. Un nouveau projet a été initié avec notamment la participation du groupe haïtien Racine Mapou de Azor.

Racine Mapou, Brassens, échos du monde

Racine Mapou, Brassens, échos du monde

Emile Omar, le concepteur du projet « Brassens, échos du monde » a démontré avec un succès incontestable que les textes et les mélodies de Brassens ne connaissaient pas de frontières et que chaque artiste, à travers sa propre culture, pouvait se les approprier. Il a décidé de poursuivre cette expérience avec de nouvelles versions créées et enregistrées spécialement pour un deuxième volume : « Brassens, échos d’aujourd’hui ».

Aux côtés de quinze autres artistes de Mongolie, de Colombie ou encore d’Angleterre, le groupe haïtien Racine Mapou de Azor a été choisi pour interpréter le « Testament » du poète sétois.

Cette rencontre improbable entre l’auteur-compositeur français et le groupe Rasin donne lieu à une interprétation qui est tout aussi bien une re-création : au fur et à mesure, les paroles s’adaptent au contexte créole alors que les tambours accélèrent le rythme de la balade pour finalement occuper tout l’espace sonore.

Par la même occasion, Racine Mapou nous offre la première chanson d’amour du répertoire Rasin. Comme le déclare François Fortuné, Tinonm, directeur du groupe : « Racine Mapou n’est pas limité dans ses thèmes, le fait que la musique soit héritée du vodou ne nous oblige pas à ne chanter que cela et nous sommes bien contents que ce projet nous ait donné l’occasion de parler d’amour ! » Racine Mapou joint ainsi sa voix et ses tambours aux « Échos d’aujourd’hui » pour témoigner à la fois de la vaste richesse musicale du monde actuel et de la modernité et l’intemporalité de l’œuvre de Georges Brassens.

« Testaman » de Racine Mapou de Azor peut être écouté et téléchargé sur Soundcloud.

Contact : François Fortuné, Tinonm, Racine Mapou : 34 79 53 21 / 47 79 58 45
Contact et source : Pascale Jaunay, Caracoli : 34 68 42 99

Le programme du mois de mai du centre haïtien Kay Mizik La

Kay Mizik La, centre haïtien de ressources pour la musique, est un espace où les professionnels de la musique, musiciens, managers, musicologues, techniciens, et autres professionnels du secteur peuvent se perfectionner grâce à des ateliers de formation, des cours de solfège, des tables rondes et des « chita pale », ainsi que l’accès à une médiathèque spécialisée et à des services de conseil personnalisés. Voici son programme pour mai 2013.

3 mai: atelier voix avec Emilia Diaz Chavez
17 mai: atelier DJing et house music avec Gardy Girault
27 mai : rencontre avec Boukman Eksperyans

Vendredi 3 mai : Atelier voix avec Emilia Diaz Chavez
Horaires : de 9 h 30 à 13 h 30
L’atelier portera les techniques de base du chant. Intervenant : Emilia Diaz Chavez Cubaine d’origine haïtienne, Emilia Díaz Chávez a étudié la direction chorale à l’Ecole Nationale des Arts de La Havane et l’enseignement musical dans la province de Camagüey, où elle réside. Elle dirige le Choeur professionnel de Camagüey depuis plus de trente ans. Directrice du groupe vocal Desandann (également connu sous le nom de Creole Choir of Cuba), elle a parcouru le monde entier des Etats—Unis à l’Australie, en passant par l’Europe, les Emirats Arabes et Singapour, pour faire connaître la musique haïtienne. Cette formation a lieu en partenariat avec le projet Vwa Lye de l’association Tamise, supporté par le programme Arcades.

Nombre de places : 15 places réservées prioritairement aux chanteurs sur inscription obligatoire au bureau de Kay Mizik la (ou par téléphone ou email pour les membres Ayiti Mizik à jour de cotisation)

Vendredi 17 mai : atelier djing et house music avec Gardy Girault
Horaires : de 10 h à 14 h
L’atelier évoquera de nombreux aspects du djing et de la house Music, parmi lesquels l’histoire et l’actualité du genre, les standards internationaux, sa fonction éducative et son rapport aux nouvelles technologies.

Intervenant : Gardy Girault Gardy Girault est DJ et producteur. Il mixe des styles de musique différents depuis le rara tech à la musique expérimentale en passant par l’afro deep, les rythmes vodou, le konpa tech, la house music, etc. Il est propriétaire du label Ri Zing Muzik. Nombre de places : 20 places sur inscription obligatoire au bureau de Kay Mizik la (ou par téléphone ou email pour les membres Ayiti Mizik à jour de cotisation)

Lundi 27 mai : Rencontre avec Boukman Eksperyans
Horaires : de 15 h à 17 h
Théodore Beaubrun Junior, Lolo, et Mimerose Beaubrun, Manzè, seront présents à Kay Mizik La pour parler de leur expérience dans le monde de la musique en Haïti et à l’étranger. Groupe phare du mouvement rasin, depuis plus de trente ans, Boukman Eksperyans accumule les succès tout en multipliant les recherches dans la fusion avec les musiques traditionnelles haïtiennes : rock, reggae, funk, ou plus récemment troubadour rasin, rap ou encore techno.

Ouvert à tous les adhérents de Kay Mizik La et Ayiti Mizik dans la limite des places disponibles.

Conditions générales de participation
Les activités de Kay mizik la s’adressent aux professionnels de la musique. Elles sont gratuites pour les membres de l’association Ayiti mizik à jour de cotisation pour l’année 2012-2013. L’adhésion à l’association Ayiti mizik coûte 1000 HTG pour l’année, et donne droit aux formations (sous réserve de place disponible) et à l’ensemble des services offerts par Kay mizik la : conseil professionnel, accès à la médiathèque, conférence, table ronde, cinéma, chita pale. L’adhésion à Kay mizik la coûte 200 HTG pour l’année, et donne droit simplement aux services suivants : médiathèque, conférence, table ronde, cinéma, chita pale.

Kay mizik la
27, avenue John Brown, Lalue,
Port-au-Prince(à côté de la pharmacie Vital Herne)
Tel. 28 13 11 43
Ouverture du lundi au vendredi de 9 h à 17 h

« Gwoka : l’âme de la Guadeloupe ? » disponible en DVD

À quelques semaines du premier anniversaire de la disparition de Guy Konket, la sortie en DVD du film Gwoka, l’âme de la Guadeloupe ? permet de se replonger, à travers quelques-unes de ses interventions, au cœur de la culture guadeloupéenne. Un moyen de mieux comprendre comment cette composante incontournable de la tradition guadeloupéenne a réussi sa transmission intergénérationnelle.

Le film de Caroline Bourgine et Olivier Lichen, sorti en 1995, nous guide à travers les swaré lèwoz et nous permet d’apprécier l’ardeur créatrice et le sens de cette musique. Dès les premières images, le ton (et le son) est donné, avec l’apparition d’Henri Delos, l’un des grands maîtres ka, disparu lui aussi. Il compte parmi ceux qui ont guidé bien des vocations chez les musiciens actuels. Le film dessine le profil de ces ambassadeurs imprégnés de cet héritage et qui ont fait leur une part de la mémoire de l’île. On y retrouve : Man Soso, la mère de Guy Konket, présentée comme « la gardienne du léwoz sur l’habitation Jabrun » ; Carnot, autre ténor du milieu ; ou encore Napoléon Magloire, reconnu comme l’un des musiciens et l’une des plus anciennes voix du gwoka.

Gwoka : l’âme de la Guadeloupe ?

Gwoka : l’âme de la Guadeloupe ?

Un matériau culturel mis en valeur
Ces figures emblématiques, d’un héritage musical aujourd’hui bien préservé, ont eu pour dépositaires d’autres hommes devenus à leur tour des protagonistes insatiables, garant de la durabilité et de l’épanouissement du gwoka. Un travail dont les effets se ressentent alors jusqu’en dehors des frontières guadeloupéennes. Parmi ces musiciens influents, on retrouve dans le film Guy Konket qui se souvient de sa rencontre avec le gwoka et ses rythmes, toumblak, graj, kaladjya, granjanbèl, etc. dès son plus jeune âge aux côtés de sa mère et de Carnot.

Guy Konket, dont on comprend le rôle précurseur par la voix de Joel Nankin, autre témoin de ce documentaire, qui au long de ces interventions fait le portrait d’une musique qui se veut, en plus, d’une portée artistique, se fait outil de revendication. On relève dans ce film ce qui fait le lien entre cet art et les générations de Guadeloupéens qui se succèdent. Musiciens et danseurs qui disent leur perception de ce matériau culturel mis en valeur et continuellement modernisé, confirmant ainsi le propos de Joël Nankin sur la pérennité de cet héritage, expliquant sa réappropriation par les « jeunes qui ont autre chose à dire ».

48 minutes de bonus inédit
Sans toutefois aller au fond des choses, le film permet de suivre le parcours d’une reconquête de la tradition qui a survécu à l’esclavage ou à la politique d’assimilation. On en perçoit le rôle dans la vie culturelle et sociale, on ressent l’impact d’une personnalité comme le maître Vélo, la teneur en symboles multiples dans la société où elle se diffuse, l’influence consciente auprès des jeunes qui, par la suite, favorise cet engouement permanent pour les swaré lèwoz qui structurent les événements autour du gwoka.

Devant les caméras de Caroline Bourgine et Olivier Lichen ou aux commandes de leurs instruments, une vingtaine d’intervenants proposent des éléments de témoignages ou des commentaires pour permettre de mieux cerner leur statut d’acteurs de la vivacité de l’âme du gwoka en Guadeloupe.

Récemment récompensé par l’académie Charles Cros, ce film peut entrer dans vos DVDthèques comme un document de référence. Au film de 55 minutes s’ajoutent une version sous-titrée en anglais et 48 minutes de bonus. On y retrouve par exemple Félix Flauzin, bien connu en Guadeloupe, il est non seulement musicien, qui considère le gwoka, ses rythmes et les instruments qui le caractérisent avec l’œil d’un chercheur. Une fois encore, des conversations qui, même si elles datent des années 90, permettent de comprendre comment le gwoka a progressivement gagné le devant de la scène. Au final, Gwoka : l’âme de la Guadeloupe ? constitue pour ceux qui ne connaissent pas le gwoka l’occasion d’entendre les hommes et femmes qui l’ont fait et joué il y a encore quelques années. Ils y retrouveront des éléments sociologiques qui renseignent sur la présence actuelle de cette tradition dans les écoles et les ateliers de musique guadeloupéens et sur les scènes bien loin de la Guadeloupe. Les autres y retrouveront des images qui enrichiront le film de leur mémoire.

Gwoka : l’âme de la Guadeloupe ?
Les tambours du gwoka résonnent en Guade­loupe depuis l’arrivée des premiers esclaves. Enracinée dans l’histoire rurale de l’île, longtemps rejetée, cette tra­di­tion musicale sym­bol­ise aujourd’hui la reconquête par la pop­u­la­tion de son iden­tité pro­fonde. Un public tou­jours plus large retrouve le chemin des soirées lèwoz, cap­tivé par les défis que se lan­cent tout au long de la nuit les bat­teurs, les chanteurs et les danseurs. Pour la pre­mière fois, un film saisit cette musique dans sa dynamique sociale et his­torique. D’un lèwoz à l’autre, au fil des ren­con­tres, il nous en restitue sa richesse et sa force.

Gwoka : l’âme de la Guadeloupe ?
De Caroline Bourgine et Olivier Lichen
Zararod productions

« Biga*Ranx en Jamaïque » sur France Ô le vendredi 5 avril à 21 h 45

Dans le cadre du cinquantenaire de l’indépendance jamaïcaine, Nile Saulter et Romeo Samson Regalli ont eu l’idée de suivre le chanteur français Biga*Ranx à Kingston. Leur documentaire est diffusé sur France Ô ce vendredi 5 avril à 21 h 45.

Originaire de Tours, le jeune Gabriel Piotrowski a grandi en écoutant les légendes du reggae jamaïcain comme Super Cat, Alton Ellis ou encore Vybz Kartel. Et c’est seul qu’il a appris à parler – et chanter – le patois du pays de Bob Marley. Devenu Biga, it est adoubé par le singjay jamaicain Joseph Cotton qui le baptise « Ranx » en 2008. II acquiert bientôt une notoriété internationale et signe sur le label X-Ray Production en 2011. Avec son premier album, On Time, le public découvre la voix hors norme de ce petit Français qui chante comme un vieux Jamaïcain. Dans ce documentaire produit par Nova Production, Nile Saulter et Romeo Samson Regalli ont suivi le jeune artiste ragga/dancehall français lors d’un voyage sur la « terre promise » de son inspiration musicale. À Kingston, la Mecque du reggae, il se confronte aux « rude boys » locaux.

Vous pouvez visualiser le teaser de « Biga Ranx en Jamaïque » mis en ligne par Novaplanet :

Bernard Ascal rend hommage à Césaire en musique

À la fois auteur et compositeur, Bernard Ascal interprète les poèmes des plus grands auteurs. Parmi les nombreux événements programmés dans le cadre du Printemps des poètes, il propose plusieurs rendez-vous avec la poésie de Césaire, dont celui fixé en Haute-Loire, à Le Mazet Saint-Voy, pour le spectacle « Continent Césaire – Cahier d’un retour au pays natal ». À cette occasion, il a bien voulu accorder une interview à e-Karbé.

Depuis le récital Fleuve-Atlantique, les poèmes chantés de Bernard Ascal harmonisent régulièrement la rencontre entre la musique et des textes des figures du mouvement de la Négritude. Une expression poétique qui inspire d’emblée Bernard Ascal, déjà interprète des œuvres de poètes surréalistes. En 2008 sortait ainsi le double CD-audio d’un Cahier d’un retour au pays natal, un enregistrement qui précède celui des Poètes de la Négritude, sorti en 2010 et primé la même année par l’Académie Charles Cros. La mise en musique d’œuvres littéraires, que Bernard Ascal propose à travers diverses productions depuis plusieurs années, contribue à retenir l’attention des lecteurs et à nourrir leur imaginaire, un moyen de mettre la poésie à la portée de toutes les oreilles comme ce sera le cas lors du quinzième Printemps des poètes.

e-Karbé - Dans le cadre du Printemps des poètes, vous allez participer à une journée d’hommage à Aimé Césaire le 30 mars avec le récital « Continent Césaire ». Hommage durant lequel vous reprendrez ses textes et ceux de ses deux compagnons de route que sont Damas et Senghor. Mais vous évoquerez également la poésie des auteurs sénégalais et ivoirien David Diop et Bernard Zadi Zaourou. Pouvez-vous nous dire ce qui rapproche les textes de Césaire à ceux de ces auteurs ?
Bernard AscalDans l’ensemble de mes projets liés à Aimé Césaire ou aux poètes de la Négritude, j’ai toujours fait apparaître certains de leurs prédécesseurs — René Maran, Langston Hugues…— et de leurs successeurs — Édouard Joseph Maunick, Bernard Zadi Zaourou. Il m’importe aussi de porter les voix de poètes beaucoup plus jeunes qui reconnaissent leur filiation à la Négritude telles Tanella Boni et Véronique Tadjo.
Concernant David Diop, son beau-frère n’était autre qu’Alioune Diop, le créateur de la maison d’édition Présence Africaine et David, qui a vécu à Paris chez Alioune Diop, a fréquenté les pères fondateurs de ce mouvement, Césaire, Damas, Senghor entre autres. Sa poésie est fortement imprégnée de ses thèmes.

Cet événement sera aussi l’occasion d’évoquer « la genèse et les spécificités du mouvement de la Négritude ». Qu’est-ce qui, pour vous, fait la force de mouvement du point de vue littéraire ?
À mon sens, la poésie de la Négritude réussit l’osmose rare de deux exigences : la poétique et la politique. Elle s’adresse tout autant à l’individu qu’au collectif. C’est une alchimie difficile à réaliser. Perdant une part de son exigence poétique, le texte peut glisser vers le mot d’ordre, le tract. À l’inverse, perdant ses capacités de résistance, de lutte individuelle et collective contre les formes si diversifiées des oppressions, le poème s’expose à une possible gratuité.

Comment en êtes-vous venu à mettre en musique « Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire » ?
J’ai découvert les poètes de la Négritude en 1967, grâce à l’ouvrage Anthologie Négro-Africaine de Lilyan Kesteloot. Parmi eux Aimé Césaire et son « Cahier » que je relis régulièrement au fil des années — une œuvre enracinée dans la douloureuse histoire des peuples noirs mais qui dépasse les couleurs de peau, les frontières pour s’adresser à l’humain. C’est une œuvre de partage.
En 2000, j’ai mis en musique et créé sur scène l’ extrait « Ceux qui n’ont inventé ». L’accueil du public, particulièrement chaleureux, m’a conforté dans mon désir d’aborder l’intégralité de l’œuvre. J’ai donc exposé mon projet à Aimé Césaire qui m’a témoigné sa confiance et donné son accord. J’ai présenté à Paris, en 2003, une première version chantée du « Cahier ». Ensuite est venu le temps de l’enregistrement, un temps beaucoup trop long puisque, hélas, Aimé Césaire décédait le 17 avril 2008 et que je devais lui remettre le CD quelques semaines plus tard pour son 95e anniversaire.

Pourquoi cette œuvre poétique de Césaire spécifiquement ? Par ailleurs, le choix de l’oratorio s’est-il d’emblée imposé ?
Ce n’est pas un choix spécifique puisque j’ai mis en musique et enregistré bien d’autres poèmes d’Aimé Césaire cependant Cahier d’un retour au pays natal est une œuvre envoûtante. Elle est une véritable exception dans la littérature d’expression française du XXe siècle — tout à la fois fresque et journal intime. Comment résister à son appel et, dès lors se pose une autre question : comment prétendre travailler à partir de ce texte sans en être constamment impressionné, comment l’apprivoiser ? Pour ma part, c’est en apprenant par cœur le poème dans son intégralité qu’une étroite familiarité s’est peu à peu instituée et c’est à partir de cette connivence que j’ai pu l’aborder musicalement.
Le choix de la forme oratorio s’est imposé très vite et l’usage de ce terme pour qualifier le résultat de mon travail a été décidé avec Aimé Césaire.

Vous êtes à la fois poète, compositeur et interprète. Comment naissent les projets de mise en musique des auteurs que vous choisissez ? Pourquoi mettre en musique les textes de Depestre, Césaire, Damas, etc. Ces textes présentent-ils, par exemple, des caractéristiques qui invitent à la mise en musique ?
Je ne suis pas un comédien aussi ne suis-je pas capable d’interpréter sur scène ou d’enregistrer des textes éloignés de mes propres préoccupations. Il en va de même pour les mises en musique. Ayant beaucoup composé sur les formes très libres des poètes surréalistes, je ne recherche pas particulièrement les écritures qui facilitent la mise en musique.

Avez-vous d’autres projets ou d’autres idées de création en lien avec les poètes issus de la Caraïbe ?
Concernant Césaire et Damas, de nombreuses partitions sont déjà prêtes. Reste à leur donner vie d’une manière ou d’une autre. J’aimerais aussi réaliser une anthologie sonore de la poésie caribéenne dont la diversité et la qualité sont enthousiasmantes mais, travaillant avec des moyens très artisanaux, je ne suis pas toujours en mesure de concrétiser mes projets.

Les Soul men in Paris et dans les bacs à partir du 25 mars

14 mars 2013 Musique Aucun commentaire

Vigon Bamy Jay, c’est une trilogie de voix soul que l’on a d’abord connue dans des registres et à des périodes distinctes. Aujourd’hui, leur expérience de soul men donne lieu à un album commun qui sera dans les bacs le 25 mars prochain.

Vigon Bamy Jay, Soul men

Vigon Bamy Jay, Soul men

À la voix de Vigon, que certains ont connu en 1969 avec Harlem shuffle, puis reconnue en mars 2012 dans l’émission The Voice, sont venues s’additionner celles de Bamy et de Jay. Chacun des trois protagonistes a usé de sa voix chaude sur les scènes parisiennes, en suivant un parcours marqué par les ténors que sont Otis Redding, Chuck Berry ou Aretha Franklyn pour Balmy et Vigon, et Boyzz II Men pour Jay (Jay Kani). Vigon, venu de son Maroc natal, et Erick Bamy, arrivé de sa Guadeloupe caribéenne, se sont naturellement trouvés à travers leur affection pour les musiques noires. Plus tard, ils suivront leurs propres destinées musicales évidemment influencées par l’univers rythm’n'blues des années 50 et 60, ce à la même époque et en parallèle des représentants de la nouvelle vague. Jay, quant à lui, est l’un des heureux disciples du hip hop ayant « grandi dans une famille antillaise fan de gospel, » qui a choisi les voies du r’n’b, comme on a eu l’occasion de l’apprécier en 1997 avec les Poetic Lover et le titre Prenons notre temps.

Sur l’album bientôt disponible, le trio ouvre le feu en reprenant Feelings, premier extrait d’un album de 11 titres, qui a connu un succès mondial dans les années 76, et enchaîne « les plus grands standards américains façon soul et nous entraîne du coté de Memphis et de Détroit, pour un album bluffant, gorgé de cuivres et de frissons ». Des versions qui laissent l’empreinte d’un cachet authentique et qui attirent l’attention, au vu des plus de 53 000 vues en quelques semaines sur Youtube.

Tout un répertoire de succès qui permettent de fédérer diverses générations de publics. Les Soul men revisitent tous ces titres flirtant entre groove et émotion, attirant à la fois curieux et nostalgiques des titres devenus des classiques américains de la musique soul, pour un voyage musical où les trois guides, après bien d’autres, prolongent la jeunesse des titres repris.

Les affinités artistiques et les voix de ces protagonistes de la soul sur la scène française sont à découvrir sur leur premier album, présenté dans un livret aux dimensions originelles, façon 45 tours, que les plus vernis découvriront sur scène en avant-première lors d’un concert privé le 19 mars 2013 au New Morning à Paris.

La compagnie « Danza Contemporanea De Cuba » sur France 2 dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 mars

L’émission « Au clair de la lune » programmée ce mardi 5 mars à minuit quarante est intitulée « Havana Danza ! » Elle présentera quatre ballets de la compagnie Danza Contemporanea De Cuba qui ont été enregistrés au Théâtre National Garcia Lorca de La Havane, à Cuba.

Cuba produit aujourd’hui les meilleurs danseurs du ballet contemporain et, désormais, ceux-ci s’exécutent autour du globe, en imposant les normes de l’excellence, tant du point de vue des professeurs qu’en tant qu’interprètes. Les territoires qu’explore la compagnie Danza Contemporanea De Cuba sont uniques et passionnants. En 2010, cette compagnie avait célébré ses 50 années de création et s’était lancée pour la première fois dans une tournée européenne en Angleterre, Espagne, Portugal, Pologne…

Florence Naprix, voix de la « Fann kann », répond aux questions d’e-Karbé

10 février 2013 Musique Aucun commentaire

Après la sortie de l’album Fann kann, c’est bientôt le clip de la chanson Zétwal an Mwen qui sera disponible. Une sortie qui vient enrichir l’actualité de l’artiste interprète guadeloupéenne Florence Naprix qui avait vu en 2012 la sortie de son premier album et qui l’a présenté au Zèbre de Belleville le 18 janvier dernier. La jeune guadeloupéenne (que vous pouvez suivre sur ses pages fan Facebook et Believe ainsi que sur son compte Twitter) répond ici aux questions d’e-Karbé et nous en dit plus sur son rapport à la musique.

Florence Naprix

Florence Naprix © Diana Marimoutou

Dans ce premier opus, elle chante notamment la femme sur des rythmes différents, dans ses identités plurielles et ses rôles multiples. Fann kann, c’est une rencontre avec la musique vue par Florence Naprix, c’est-à-dire une musique conçue comme un espace sur le monde. Avant de la retrouver le 29 mars prochain à la Reine Blanche à Paris, vous pouvez découvrir un premier album audacieux qui s’inspire du patrimoine antillais et laisse percevoir l’attirance de Florence pour les grandes voix du jazz.

e-Karbé – « Fann Kann ! » est votre premier album. Quels sont le parcours et les expériences musicales significatives qui ont concouru à sa réalisation ?
Florence Naprix – J’ai commencé la musique il y a de nombreuses années, en étudiant le piano et le chant choral dans un premier temps. Jusqu’en 2009, ça a été une grande passion, qui m’a amenée à partager la scène avec de nombreux acteurs de la musique antillaise. En tant que lead dans diverses formations, en tant que choriste aux côtés d’artistes de renom.
Il y a trois ans, je me suis décidée à faire de la musique mon métier à part entière. Dans cette optique, il m’a fallu « définir » la musique que j’avais envie de jouer, de défendre. Je me suis mise à écrire et composer, aidée principalement de Stéphane Castry (réalisateur de Fann Kann) et, tout naturellement, mon premier album a vu le jour.

Quelle interprétation pouvons-nous faire du titre de cet album ? À quelles femmes l’album fait-il référence et quelles chansons en parlent le mieux ?
« Fann kann » est une expression créole qui fait référence aux esclaves « marrons », ces esclaves qui s’enfuyaient des plantations de leurs maîtres en coupant à travers les champs de cannes pour conquérir leur liberté, au péril de leur vie. C’est une expression qui, à mon sens, incite à se libérer de ses peurs pour aller à la rencontre de soi-même. C’est une démarche qui a été relativement difficile pour moi, dans la mesure où le métier d’artiste ne correspond pas du tout à l’éducation que j’ai reçue.
La femme (pas seulement elle) tient un rôle central dans l’élaboration de ce projet parce que sa place, notre place, ma place dans la société actuelle est source de beaucoup de questions pour moi. Je l’imagine forte, « debout ». Mais il y a la réalité et ses déceptions… Fanm Jodi (femme d’aujourd’hui) est le titre qui lui est spécialement consacré mais au fond, elle est l’héroïne de chacun de mes morceaux.

Florence Naprix

Florence Naprix

Justement, l’album commence par cette chanson, « Fanm Jodi », au rythme plutôt jazzy, puis au fil des morceaux vous livrez des rythmes différents comme avec « Formataj » aux accents rock et « On Krey Bigin » qui ramène à la musique du patrimoine antillais. De quels musiciens vous êtes-vous entourée et quel a été leur rôle pour parvenir à ce résultat ?
« Fann Kann » est le résultat d’un travail à quatre mains. On y retrouve mes influences : zouk dit « rétro », biguine, jazz… S’y ajoutent celles de Stéphane Castry (Kassav, Keziah Jones, Angelique Kidjo, Imany…) et le résultat est un album à la fois ancré dans la culture caribéenne et ouvert sur le monde. Les musiciens qui m’ont accompagnée dans cette aventure sont nombreux et d’origines diverses. Thierry Vaton, Jérôme Castry et Olivier Jean-Alphonse m’ont chacun offert une composition. J’ai également bénéficié du talent d’Arnaud Dolmen, Tony Chasseur, Jocelyne Béroard, Jean-Philippe Fanfant, Sonny Troupé, Amen Viana, Munir Hossein pour ne citer qu’eux…

Votre album laisse imaginer des inspirations musicales multiples. Quelles ont été vos principales influences et pour quelles raisons ?
Florence NaprixJ’ai découvert la force de la musique en écoutant les chanteuses de jazz Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan. Ce sont elles qui m’ont donné envie de chanter. Sans comprendre un mot des morceaux qu’elles interprétaient, j’étais transportée par ce que j’entendais. Je crois que c’est aussi de leurs albums que m’est venu le goût du live.
Quand il a été question de choisir ma propre voie, il m’a semblé évident que je devais travailler autour de la musique de chez moi, la Guadeloupe. Et j’ai voulu, sans prétention, apporter quelque chose de différent de ce que nous entendons déjà sur les ondes, en l’ « ouvrant » notamment, à ma façon. C’est un gros risque dans le sens où je propose une musique peu « conforme » à celle que privilégient les médias, et où je suis en auto-production. Pour autant, et au vu des réactions positives du public, je crois que c’est un combat qui en vaut la peine.

Avec des titres comme « Konsyans », « Kriyé mwen » ou encore « Formataj », vous abordez des sujets de fond : l’engagement, l’amour, l’affirmation de la femme dans son identité, etc. Quel message aimeriez-vous que le public retienne principalement ?
J’ai tenu à écrire chacun des textes de ce premier album, en dehors de ceux de « On krey bigin », qui est un medley de reprises. Ce sont des textes qui touchent effectivement plusieurs sujets : l’amour, la place des femmes dans la société, les paradoxes et la beauté de la Guadeloupe, la vie, la liberté… Ce sont des sujets qui me touchent, sur lesquels je m’interroge, et que j’ai envie de partager, en espérant qu’ils touchent également ceux qui les écouteront. Qu’ils  trouvent un écho dans le cœur du public. Un album est un cadeau qu’on offre sans contrepartie. Je veux dire que je ne peux pas peser sur ses effets. Je ne peux qu’espérer  que les uns et les autres s’y retrouvent…

Dans votre album, vous explorez plusieurs univers musicaux, en ayant recours le plus souvent au créole. Qu’avez-vous voulu apporter de plus en utilisant cette langue plutôt qu’une autre ?
Je trouve que le créole est une langue magnifique. Pleine de force et de poésie. Il me semble également que c’est une langue encore méconnue, ou mal aimée, même pour les créolophones. La mettre en avant était pour moi une évidence, dans la mesure où son utilisation s’inscrit parfaitement dans ma démarche de valorisation de la culture créole. Beaucoup sont persuadés que chanter en français garantit une meilleure visibilité des artistes au niveau national. Ils ont peut-être raison. Pour ma part, je ne crois pas que la langue soit un frein à la diffusion de l’art. Des artistes comme Kassav’, Rokia Traoré ou Souad Massi le prouvent chaque jour.

Vous préparez un concert pour le 29 mars 2013 au théâtre de la Reine Blanche à Paris. Comment s’annonce ce prochain rendez-vous avec votre public et quels sont les autres passages sur scène en prévision ?
J’ai hâte d’être à ce rendez-vous. Ce sont les moments que je préfère. Des moments de partage, de rencontres, de plaisir… Il y a toujours des challenges à relever, de la diversité ou de la nouveauté à apporter, sans pour autant s’éparpiller. Le live est un travail qui me plait énormément. J’ai eu l’occasion de jouer au théâtre de la Reine Blanche il y a quelques mois et je suis contente d’avoir la possibilité d’y revenir, avec l’album en main, cette fois-ci.
Mars s’annonce plutôt bien. Avant le 29, j’aurai la joie de faire l’ouverture du festival Femmes en Arts, à Charleville-Mézières, le 8 mars prochain. Je retrouverai également la scène de l’Improviste pour le Showgirl’s des Nanas le 20. Je suis aussi en train de travailler à des scènes en Guadeloupe et en Martinique. Je serai ravie de vous en parler le moment venu.

« Akiyo an mass la » au Dock Pullman près de Paris, le 2 février 2013 à 20 h

Le groupe guadeloupéen Akiyo sera à l’entrée de Paris pour un concert unique le samedi 2 février 2013. Un concert parisien pour ce groupe mythique qui va certainement marquer ce mois de février 2013.

Akiyo an mass la

Akiyo an mass la

Comment vivre un week end carnavalesque inoubliable ? Tout simplement en rejoignant le public qui se rendra ce samedi au Dock Pullman à Saint-Denis. Les prestations publiques d’Akiyo attirent toujours autant depuis sa création en 1978. Le groupe, qui réussit depuis sa création à stimuler le carnaval traditionnel et à inspirer bon nombre de formations, s’entourera de plusieurs figures de la musique guadeloupéenne.

Pour la première fois de leur carrière, les membres du groupe de gwo-ka le plus emblématique des Antilles, les boss du carnaval guadeloupéen viennent à Paris « courir » avec vous en pleine période carnavalesque ! Expatriés, originaires des Antilles, une occasion unique de vivre le carnaval comme si vous étiez au pays. Le VRAI carnaval en plein cœur de Paris le temps d’une nuit exceptionnelle ! Vous en voulez plus ? Akiyo sera sur scène avec leurs amis, toutes générations confondues : Admiral T, Esy Kennenga, Methi’s, Dominik Coco, Anzala et bien d’autres. Pas une minute à perdre, prenez votre ticket ! Il n’y en aura pas pour tout le monde… Cette année, c’est à Paris que le dernier week-end du carnaval sera le plus chaud !

Akiyo an mass la au Dock Pullman
Samedi 2 février 2013 à 20 h
50 av. du Président Wilson
93200 Saint Denis

Sortie du clip « Limiè » de Corinne Pierre-Fanfan le vendredi 1er février

30 janvier 2013 Musique Aucun commentaire

Corinne Pierre-Fanfan, originaire à la fois de Guadeloupe et de Martinique, aborde dans ses chansons des thèmes très divers et s’exprime indifféremment en français, créole ou anglais. Son nouveau clip Limiè sera visible dès le 1er février notamment sur Youtube.

Corinne Pierre Fanfan

Corinne Pierre Fanfan

Tous ceux qui ont déjà été conquis par le titre Ou fò de la jeune auteure compositrice et interprète trouveront là une nouvelle occasion de s’immerger dans un espace très ouvert de l’artiste. Sa musique est aux confluences de plusieurs rythmes et fait, dans le même temps, le lien entre sonorités actuelles et sons puisés dans la tradition.

Chanteuse, compositrice et auteure, elle situe sa musique à la rencontre des musiques car son univers fait écho au « Tout-Monde » qu’évoque Edouard Glissant. Ses compositions participent d’une pensée en mouvement, toujours et volontiers recommencée, une pensée dont l’expression embrasse jusqu’aux formes qu’elle emprunte et réinvente à la fois, et qui fait de l’imaginaire un trait d’union entre la poétique et l’esthétique sonore, entre vie réelle et vie mystique, entre sa musique réinventée et celle qui résonne du vivant. Les influences de Corinne Pierre-Fanfan sont nombreuses. Ses chansons sont en créole, en français et en anglais, son proposition est singulière et au carrefour des musiques tintées de percussions. Du créole, elle fait la matrice première du fondement de ses paroles. La langue créole est mystère et ouverture mêlés. La dimension sacrée de la langue et sa puissance métaphorique tissent sa musique, son chant. Inspirée du croisement entre traditions et contemporanéité, façonnée par un parcours fait de rencontres et de valeurs métissées, porteuse de toutes ces énergies en marche, la démarche artistique de Corinne Pierre-Fanfan est avant tout celle de la Rencontre, l’ouverture à l’autre. Sa voix se saisit de l’espace, l’orchestration est épurée, elle va au cœur des mots, au souffle des sons. L’émotion se crée dans des rythmiques inattendues : bazoomba, guembri, flûte, kora… Elle offre un voyage, une traversée, de frontière en frontière les percussions se mêlent et se démêlent. A travers sa musique elle veut porter une parole de force et de courage. Un cri chanté !

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Derniers commentaires

  • Marie-Andrée Ciprut: Bel article !... J'y étais et je peux témoigner de son authenticité....
  • Marius CATORC: Je suis très heureux de constater que le travail colossal accomplit par Bernard ASCAL, pour la réalisation et la sortie en 2008 du double CD sur "CAH...
  • Vanmai Jean: Cher Daniel, Ta persévérance commence à "payer"... Malgré l'hostilité des "intellectuels bien pensants" sur le même sujet ! Bravo !...
  • Alain LAPLACE: Un grand merci à Daniel Jonas Rano qui a orienté ma lecture vers ce poète humaniste guyanais dont j'ignorais qu'il était co fondateur du mouvement de ...
  • Marie-catherine MARICEL: Merci à José Le Moigne pour ce lien et merci à Daniel Jonas Rano, dont je n'avais jamais entendu parler, pour cet entretien que je viens de lire avec ...