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« Les échos de la mémoire » au Jardin du Luxembourg, à Paris, du 10 au 12 mai 2013

Le Jardin du Luxembourg, à Paris, accueille traditionnellement les commémorations de la Journée nationale des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette année, il abritera également une exposition conçue par Luc Saint-Eloy et vouée à marquer le centenaire de la naissance d’Aimé Césaire. Intitulée « Les échos de la mémoire », elle est à découvrir les 10, 11 et 12 mai 2013.

Les échos de la mémoire

Les échos de la mémoire

L’exposition « Les échos de la mémoire », qui présente un caractère très contemporain, se déroule en 26 panneaux et 26 modules sonores. Ce travail de recherche, artistique et conceptuel de Luc Saint-Eloy et de Godwin Tété ambitionne d’offrir « à tous les publics une page d’histoire de France, à travers les grandes étapes de cette tragédie humaine et de les évoquer de façon originale, depuis les origines jusqu’à nos jours. Une volonté de bâtir une véritable mémoire partagée », selon les intentions des concepteurs et créateurs de cette exhibition documentée et didactique. Elle fait appel à une convergence des sens en invitant à appréhender cette triste page de l’histoire de France à travers des documents sonores et graphiques, ce qui peut permettre de répondre à une certaine déficience de connaissance et d’ouvrir cette page de connaissance au plus grand nombre. « La date historique du 10 mai a démontré, s’il en était besoin, que la question de l’esclavage et la traite négrière est universelle. Que les historiens apportent un intérêt particulier à cette question depuis de longues années, et qu’il est temps aujourd’hui de mettre à portée de tous les travaux et cette connaissance. Beaucoup d’entre eux parlent de devoir de mémoire indispensable à la compréhension de cette terrible tragédie. Mais peut-on parler de devoir de mémoire si le large public en ignore les grandes lignes ? ».

Luc Saint-Éloi, fondateur du théâtre de l’Air Nouveau, comédien, réalisateur et créateur d’événements à caractère historique, s’appuie sur les travaux de Godwin Tété, historien et auteur de 1848 : Abolition de l’esclavage (La traite et l’esclavage négriers). Le Guadeloupéen qui a souvent exploré les événements et les faits de l’Histoire propose une lecture inédite. Le public pourra se déplacer à travers l’exposition sur l’allée Saint-Michel et autour du kiosque à musique. Ainsi, « 26 modules sonores intégrés aux panneaux retracent la tragique histoire de la traite et de l’esclavage négriers à travers un feuilleton dramatique de 26 épisodes d’environ 2’30 à 3’30, sur la base des travaux de l’historien Godwin Tété, adaptés de la série radiophonique diffusée du 15 avril au 10 mai 2013″ (sur les radios du groupe France Télévisions).

Côté visuel, l’exposition revient à la fois sur l’histoire et sur les actions plus récentes visant à en faire un devoir de mémoire : « 26 lettres de l’alphabet accompagnent un parcours imagé, volontairement décalé par rapport au douloureux voyage sonore qui nous plonge au cœur d’une page sombre de l’histoire de l’humanité. Les documents visuels illustrent les initiatives prises, dans l’Hexagone, en outre-mer ou ailleurs, pour restituer cette mémoire, et rendre hommage aux innombrables victimes de cette tragédie. En complémentarité avec les thèmes évoqués dans les modules, l’Abécédaire conjugue sur trois temps : le Passé sur un fond de sable sombre, le Présent sur un fond plus clair et l’Avenir qui nous interpelle dans le dernier panneau par une mosaïque ensoleillée. »

« Les échos de la mémoire » : Journée des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions
Exposition du 10 au 12 mai 2013, dédiée à Aimé Césaire
Jardin du Luxembourg
Allée Saint-Michel (et autour du kiosque à musique)

Un programme spécial sur la commémoration de l’esclavage sur France Ô toute la semaine

Le 10 mai 2013, Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, sera entre autres marquée par une programmation spéciale de France Ô. Outre la retransmission en direct de la cérémonie qui se déroulera dans les jardins du Luxembourg, la chaîne proposera le dernier des cinq films documentaires sur la Contre-Histoire de la France outre-mer. Une première diffusion du film de Dorothée Lachaud et Xavier-Marie Bonnot qui prolongée par un débat autour du thème : l’abolition de l’esclavage raconté aux enfants. D’autres programmes liés à l’histoire de l’esclavage seront diffusés tout au long de la semaine.

Avant la journée du 10 mai, la grille de programme de France Ô de cette semaine renverra à plusieurs reprises à l’histoire de la traite négrière avec par exemple Amistad et Lincoln, un homme libre, proposés ce lundi 6 mai, respectivement à 20 h 45 puis à 23 h 15. Un calendrier de diffusions auquel il faut rajouter le film Toussaint Louverture, de Philippe Niang, à voir ou à revoir dans la nuit de vendredi à samedi.

Le 10 mai, le premier rendez-vous est fixé par la cérémonie officielle de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions du jardin du Luxembourg. Une septième commémoration présidée par François Hollande et pour laquelle sera inaugurée l’exposition conçue par Luc Saint-Eloy, « Les échos de la mémoire ».

Film et débat autour de l’abolition
La Contre-histoire de la France outre-mer se poursuit sur France Télévisions avec le dernier des films de la série qui offre « une lecture totalement novatrice » du passé avec cette fois un focus sur l’économie et l’esclavage dans « Pour un morceau de sucre ». Dans cet épisode, des historiens, des personnalités engagées du secteur social comme le syndicaliste Élie Domota, des descendants d’esclaves et de colons éclairent de leurs témoignages cette part de l’histoire de France et de la colonisation. Une histoire qui à la fois est à ne pas oublier, est peu connue et dont les contrecoups se ressentent encore aujourd’hui. Les images et les réflexions de ce dernier film de la collection viennent mettre en évidence ces éléments. « Pour un morceau de sucre » continue à décoder le mécanisme de la colonisation et à retracer la Contre-Histoire de la France outre-mer.

Pour un morceau de sucre, le 10 mai 2013, 20 h 45
Il fut un temps où le sucre était une denrée rare et précieuse, à l’instar du café et des épices. L’histoire de cette friandise qui a bouleversé le sort de millions d’êtres humains est indissociable de celle de la France d’outre-mer d’hier et d’aujourd’hui. Pour le comprendre, il faut, selon Gérard Le Bouëdec, historien à l’université de Rennes « remonter à la fin du XVe siècle, à l’époque où les pionniers portugais et espagnols se lancent dans l’expansion outre-mer et se partagent le monde en deux lors du traité de Tordesillas en 1494« . Français, Hollandais, Anglais sont alors superbement ignorés. Cette situation va perdurer pendant au moins un siècle, jusqu’à ce que ces derniers décident de s’attaquer aux deux superpuissances, avec une arme nouvelle. En 1600, la Couronne britannique crée l’East India Company, la première compagnie européenne de commerce à monopole. Les Hollandais suivent le mouvement deux ans plus tard. En France, il faut encore attendre quelques années pour voir naître, sous l’impulsion du cardinal Richelieu, la Compagnie des îles d’Amérique. Le 15 septembre 1635, Pierre Belain d’Esnambuc débarque à la Martinique et en prend possession au nom du roi Louis XIII. Sur l’île, ni or ni épices et encore moins de sucre, mais les colons entendent bien tirer profit du territoire. Ils s’emparent progressivement des terres des Indiens caraïbes pour planter du tabac et du café. La colonie se développe, mais les conditions de vie sont rudes et les bras manquent, d’autant que les Amérindiens, navigateurs et pêcheurs émérites, rechignent à se tourner vers l’agriculture. En 1664, Louis XIV et son ministre Jean-Baptiste Colbert, conscients que le sucre est en Europe synonyme de richesse et de puissance, et que les Antilles en produisent en quantité, décident de fonder la Compagnie des Indes orientales – une société qui possède le monopole exclusif du commerce maritime aussi bien vers les Amériques que vers l’Asie. Parallèlement, la marine française se développe. Sur les océans, des escales s’imposent ; on prend possession par exemple de l’île Bourbon, l’actuelle île de La Réunion. À la fin du XVIIe siècle, le sucre devient un enjeu considérable entre les pays européens. Pour faire face à la demande toujours croissante, on va mettre en place le système des plantations esclavagistes. Conséquence de la course au profit : la traite négrière… (Source : France Ô).

L’abolition de l’esclavage raconté aux enfants
Après la diffusion du dernier film, France Ô réunit des élèves autour du thème de l’abolition de l’esclavage pour un débat à l’Unesco, présenté par Nadia Lacroix et Ahmed El Keiy. L’organisation internationale, qui a récemment annoncé le lancement du livre La traite négrière transatlantique et l’esclavage : Nouvelles orientations pour enseigner et apprendre, met justement en avant la nécessité de sensibiliser et d’éduquer les plus jeunes sur ces questions et ce passé, comme l’a expliqué la directrice générale de l’Unesco : « l’histoire de la traite des esclaves et de son abolition a façonné le monde dans lequel nous vivons. Nous sommes tous les héritiers de ce passé qui a redessiné la carte du monde et transformé ses lois et ses cultures ». Pour le débat du 10 mai, le ministre Victorin Lurel et d’autres invités engageront le dialogue avec les lycéens sur les abolitions de l’esclavage et à propos de « la construction de la mémoire collective et les outils de la transmission« .

La soirée se conclura par la rediffusion, plus tard dans la soirée de « La Loi du plus fort », le deuxième film de la collection qui montre la société des « îles d’esclavage », toujours à travers la vision d’intervenants concernés et engagés, parmi lesquels Serge Letchimy, le poète et enseignant Roger Toumson, l’écrivain et sociologue André Lucrèce ou encore Alexandre Alaric, auteur aux éditions l’Harmattan de Pour une anthropologie logique du discours postcolonial – Du point de vue de la littérature antillaise. Mais avant cette soirée spéciale, la chaîne multipliera les évocations historiques en rapport avec l’histoire de l’esclavage et de l’abolition, notamment à travers deux personnages emblématiques : Toussaint Louverture et Abraham Lincoln, puis à travers le « plaidoyer pour les droits de l’homme » que souhaite exposer Steven Spielberg dans Amistad.

Spéciale abolition de l’esclavage sur France Ô
Amistad (Steven Spielberg), dans Cine mix : lundi 6 mai à 20 h 45
Lincoln, un homme libre (Carole Bienaimé-Besse) : lundi 6 mai à 23 h 15
Pour un morceau de sucre (Dorothée Lachaud et Xavier-Marie Bonnot) : vendredi 10 mai 2013, à 20 h 45
La Loi du plus fort (Dorothée Lachaud et Xavier-Marie Bonnot) : lundi 6 mai, 03 h 50 et vendredi 10 mai

In Situ. Revue des patrimoines consacre son dernier numéro aux patrimoines de la traite négrière et de l’esclavage

21 avril 2013 Livres Aucun commentaire

Le dernier numéro de la revue In Situ. Revue des patrimoines, publié sur son site Internet en mars 2013, aborde « Les patrimoines de la traite négrière et de l’esclavage » et évoque notamment l’émergence des langues créoles et les rapports de domination dans les situations créolophones.

In Situ. Revue des patrimoines

In Situ. Revue des patrimoines

La revue In Situ. Revue des patrimoines est publiée par le ministère de la Culture et de la Communication, direction générale des patrimoines, depuis 2001. Elle cherche notamment à favoriser les échanges entre les différents acteurs et les différentes disciplines de la recherche appliquée au patrimoine et met à disposition du public les nouvelles connaissances sur le patrimoine.

Son dernier numéro, intégralement disponible en ligne, présente les communications faites à l’occasion du colloque organisé par la direction générale des patrimoines en avril 2011 à La Rochelle, en partenariat avec l’Université de La Rochelle, le Conseil général de Charente-Maritime, la Ville de La Rochelle et le Centre des monuments nationaux. Il s’agissait, comme l’explique Vincent Berjot dans son éditorial, « d’évoquer la mémoire, les traces, les vestiges qui portent témoignage d’une histoire longtemps occultée dans laquelle toutes les valeurs, tous les principes de morale et de justice aujourd’hui portés par la République, furent bafoués. »

Parmi les textes rassemblés, éminemment intéressants, e-Karbé a particulièrement apprécié l’article de Georges Daniel Véronique, « Émergence des langues créoles et rapports de domination dans les situations créolophones« , dont voici le résumé : « Les langues créoles françaises constituent l’une de manifestations culturelles et sociales de l’avènement des sociétés issues de l’expansionnisme européen, de la fondation et du développement de colonies d’exploitation et de leur régime esclavagiste. Cette contribution retrace les étapes de l’émergence des créoles français. Elle aborde, ensuite, les rapports conflictuels qui se nouent entre les langues créoles et le français dans les départements d’outremer créolophones, dans l’histoire et en synchronie. L’article se termine sur le défi de la littéracie pour les langues créoles françaises.« 

Sciences Ô lance sa « Semaine des Outremers »

À partir du 16 avril 2013 se tient la Semaine des Outremers mise en place et orchestrée par l’association Sciences Ô. Un PROGRAMME qui conjugue réflexion autour de sujets contemporains, manifestations artistiques et divertissements.

Entre débats et rendez-vous culturels, cette première édition vient affirmer la volonté des organisateurs de faire de leur association un acteur de premier plan présent dans la vie culturelle étudiante. Et, dans le même temps, de favoriser, bien au-delà des amphis, les échanges de vues autour des différentes réalités qui caractérisent ces territoires éloignés géographiquement de l’Hexagone. Des objectifs qui veulent aller dans le sens d’une meilleure connaissance de cette partie de la France et d’une compréhension plus fine des situations, des valeurs et des aspects culturels qui les caractérisent.

Semaine des Outremers

Semaine des Outremers

Le programme s’étend jusqu’au 19 avril avec plusieurs débats, ateliers, expositions et rassemblements artistiques. Inaugurée par une première conférence-débat, le mardi 16 avril à partir de 14 h 45, introduite par Stéphanie Mulot qui « viendra présenter une relecture des liens entre genre et violence dans le contexte post-esclavagiste antillais », la première journée accueillera également les parrains de l’événement, le ministre Victorin Lurel et Jacques Schwarz-Bart. Le saxophoniste et « ambassadeur mondial du jazz créole » fixe par ailleurs l’un des rendez-vous phares de la semaine au Zèbre de Belleville à Paris, le mercredi 17 avril pour le concert Jazz Racines Haïti.

Depuis sa création en 2011, la jeune association représente de façon concrète des « territoires et îles plurielles, dispersés à travers les trois océans ». Durant cinq jours, elle invite à prendre part aux discussions sur des sujets non consensuels tel que « La réparation de l’esclavage colonial » (conférence précédée d’une projection-débat : Chroniques de la première abolition de l’esclavage) ou encore les inégalités socio-économiques entre la France hexagonale et ses territoires basés outre-mer.

Des approches à la fois conceptuelle, historique et pragmatique des questions qui restent posées pour les populations qui composent ces collectivités. Les rencontres se prolongeront à travers un programme qui rendra hommage, dès le 15 avril 2013, à Aimé Césaire à l’occasion du 100e anniversaire de sa naissance en lui consacrant une exposition, comme ce sera le cas également pour le Chevalier de Saint-Georges. De plus, un concert-interprétation mettra au-devant de la scène des compositions du Nègre des Lumières, avec le concert du jeune violoniste Nikolai Managadze et de la chanteuse lyrique Valérie Yeng Seng. Alain Guédé, auteur d’un ouvrage sur le Chevalier de Saint-Georges, interviendra plus tard dans la soirée pour évoquer « la pensée et l’engagement politique du Saint-Georges révolutionnaire ».

Bref, voilà donc une Semaine des Outremers de sciences Ô qui s’affiche comme une incitation à venir découvrir autrement les territoires qu’elle représente.

Semaine des outremers
du 16 au 19 avril 2013
A Sciences Po Paris
27 rue Saint-Guillaume
75007 Paris

Violence esclavagiste et crime d’empoisonnement dans « L’effroi et la terreur », de Caroline Oudin-Bastide

15 mars 2013 Livres Aucun commentaire

Caroline Oudin-Bastide signe L’effroi et la terreur – Esclavage, poison et sorcellerie aux Antilles, un nouvel ouvrage qui porte sur la période et la société esclavagistes en Martinique et en Guadeloupe. Le livre traite plus particulièrement des conséquences du « crime d’empoisonnement », un « fléau social » en Martinique et en Guadeloupe.

L'effroi et la terreur, Caroline Oudin-Bastide

L'effroi et la terreur, Caroline Oudin-Bastide

Après Des nègres et des juges, la scandaleuse affaire Spoutourne*, Caroline Oudin-Bastide plonge à nouveau dans les archives pour éclairer une autre dimension, une autre caractéristique de la société coloniale. Avec Travail, capitalisme et société esclavagiste, l’auteur, docteur en Histoire et Civilisations de l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales), avait mis en évidence l’aporie des discours et du système de cette période : d’un côté le système esclavagiste qui sévit aux Antilles notamment, et de l’autre le discours sur le travail « dans les sociétés européennes, un élément constitutif de l’avènement de la modernité capitaliste dans les sociétés occidentales« . C’est une autre approche sociologie du système qu’elle propose avec L’effroi et la terreur – Esclavage, poison et sorcellerie aux Antilles. Partant des héritages sorcellaires européens puis africains, elle propose une analyse qui déconstruit les finalités et intentions criminelles, les rôles des maîtres et des esclaves (« sorciers empoisonneurs »), les ressorts des différentes croyances. Tout pour saisir l’envergure du phénomène qui lie « Esclavage, poison et sorcellerie aux Antilles ».

À propos du livre
Aux XVIIIe et XIXe siècles, un étrange fléau affole les colons des Antilles françaises : le « poison ». Ce terme est souvent associé – voire assimilé – à celui de « maléfices », les « empoisonneurs » étant d’ailleurs fréquemment dénoncés comme « sorciers ». Les imputations de crime d’empoisonnement participent d’un système de croyances magiques qui amène les maîtres à prêter aux nègres une extraordinaire force de nuisance fondée sur une science botanique occulte associée à d’effrayants pouvoirs.

L’effroi qui saisit les colons engendre la terreur contre les esclaves : terreur illégale exercée à titre privé par les maîtres mais aussi terreur légalisée par la création de juridictions spéciales puis par l’instauration d’un impitoyable dispositif administratif de répression. Dans ce livre bouleversant, l’auteure trace avec précision la généalogie de cette grande peur et en reconstitue la logique sociale en s’appuyant sur des récits et des documents souvent totalement inédits. La violence esclavagiste mise en lumière par l’analyse du crime d’empoisonnement est tout autant la violence ordinaire (privations quotidiennes, travail effectué sous le fouet, châtiments corporels banalisés) que celle qui prend les formes les plus cruelles pour signifier aux esclaves que leur sort est entre les mains du seul maître, qu’aucun autre pouvoir (politique, judiciaire ou religieux) ne peut leur venir en aide.

L’effroi et la terreur – Esclavage, poison et sorcellerie aux Antilles
Caroline Oudin-Bastide (Editions La Découverte, collection « Les Empêcheurs de penser en rond »)
Mars 2013, 280 pages, 24,50 euros

(*) : Le livre a donné lieu au film Espoir, vertu d’esclave (2008), réalisé par Philippe Labrune et à propos duquel Caroline Oudin-Bastide a accordé un entretien à Arte.

La compagnie Difé Kako en résidence en Guyane

Le compagnie de danse Difé Kako, en Guyane depuis déjà quelques jours, y a entamé une résidence territoriale de sensibilisation et de diffusion autour de la pièce On t’appelle Vénus, création inspirée de la vie de la Vénus Hottentote.

On t'appelle Vénus, Difé Kako

On t'appelle Vénus, Difé Kako

La compagnie Difé Kako est en Guyane jusqu’au 15 février. En dehors des cinq semaines d’échanges, d’ateliers de danses ou d’écritures, d’actions culturelles initiées auprès de différents publics autour de la pièce, On t’appelle Vénus sera présenté à Cayenne, Kourou et Saint-Laurent du Maroni. Des rencontres organisées et animées de façons très diverses, comme la danse et l’expression corporelle avec des lycéens de Kourou, des ateliers d’écritures avec les collégiens cayennais ou encore des rencontres/débats/échanges autour de la Vénus Hottentote avec l’écrivain Marc Verhaverbeke, auteur du livret du spectacle. L’opportunité pour l’ensemble des participants de partager autour de grands thèmes comme celui du regard de l’autre, du rapport à l’histoire, etc. : « la Guyane, territoire multiple, au carrefour de multiples influences culturelles, marqué par le passé colonial, mais aussi adossé à un continent en pleine expansion culturelle, est le lieu idéal pour poser les questions de la construction de l’identité, du rapport au passé, aux clichés et à l’image de l’autre, que soulève l’histoire de la Vénus Hottentote. Il nous paraît important de poser, reposer encore et toujours ces questions, avec un public toujours plus large, sans prétendre apporter une réponse définitive, mais en proposant de réfléchir ensemble ».

On t’appelle Vénus, pièce créée en 2011
La pièce On t’appelle Vénus, créée en 2011, interprétée par Chantal Loïal, qui l’a chorégraphiée avec Philippe Lafeuille, sera présentée en Guyane après plusieurs représentations remarquées dans les festivals et les salles en France. Saluée par la presse, elle donnera l’occasion au public de confronter son regard sur l’histoire tragique de Saartjie Baartman (la Vénus Hottentote), de l’esclavage à ses relations avec les Européens du début du 19e siècle. C’est en partie le propos de ce nouvel acte dans la vie de la compagnie Difé Kako, avec cette pièce à dimension pédagogique, mais pas uniquement. Chantal Loïal proposera un « solo chorégraphique conçu comme un télescopage entre différents mondes ; le monde du colonialisme d’hier et le monde d’aujourd’hui. Il se veut une ode à la féminité et au-delà l’ode d’une femme noire à toutes les femmes. Etant issue moi-même d’une société antillaise aux clivages prégnants, engendrée dans une violence historique et une violence sur les corps, j’ai un rapport intime avec la question du métissage qui y est posée à chaque instant ». Les compagnies guyanaises comme KS and Co Kokolampoe,de Saint-Laurent, le Théâtre de l’entonnoir, compagnie kouroucienne, ou encore la la Compagnie théâtrale guyanaise se sont associées à cette résidence.

Représentations et temps forts du programme
On t’appelle Vénus :
- vendredi 1er février : à l’ENcre de Cayenne, 20 h (représentation suivie d’une rencontre débat)
- lundi 4 et mardi 5 février à 14 h 30, pour les scolaires, au pôle culturel de Kourou
- mardi 5 février, à 19 h 30 : tout public, au pôle culturel de Kourou
- jeudi 7 et vendredi 8 février, pour les scolaires, Case théâtre n°8 – camp de la transportation
- jeudi 7 février, 20 h : tout public, Case théâtre n°8 – camp de la transportation

Autres temps forts
Mercredi 30 janvier, de 11 h à 13 h : rencontre/débat/échange autour de la Vénus Hottentote et de son livre sur le spectacle, avec l’écrivain Marc Verhaverbeke à la librairie Le Toucan de Saint-Laurent du Maroni,
Samedi 2 février, de 15 h à 18 h : stage tout public avec Chantal Loïal, à la plantation des Arts à Rémire-Montjoly,
Samedi 2 février 2013, de 17 h à 19 h : rencontre/dédicace avec Marc Verhaverbeke, à la librairie Encrage de Kourou.

Histoire de l’esclavage, thème de l’exposition qui se tient du lundi 19 au vendredi 23 novembre à la mairie du 20e arrondissement de Paris

L’exposition Histoire de l’esclavage, qui se tient dans le cadre de la semaine sur l’Histoire de l’Esclavage, initiée par le collège Henri Matisse et le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), reviendra sur les différents aspects de la traite négrière et retracera l’histoire de ce drame historique qui s’est étendue du 15e au 21e siècle.

Exposition : Les Anneaux de la Mémoire (novembre 2012 à Paris)

Exposition : Les Anneaux de la Mémoire (novembre 2012 à Paris)

Outre l’exposition, Les Anneaux de la Mémoire, qui mettra en images le commerce triangulaire, la traite négrière, les différents continents et civilisations concernés ou impliqués et les abolitions, cette semaine sera également marquée par une conférence-débat, la projection d’un film et la présentation de L’affaire de l’Esclave Furcy.
La pièce, adaptée du texte de Mohammed Aïssaoui, pour lequel il a obtenu le prix Renaudot Essai 2010, mise en scène et jouée par Hassane Kassi Kouyaté, sera à l’affiche du 20 novembre au 15 décembre au théâtre le Tarmac.

19 au 23 novembre 2012
Exposition “Les Anneaux de la Mémoire”
Mairie du 20e arrondissement de Paris

8 h 30 à 17 h

22 novembre 2012, à 19 h
Projection du film des Anneaux de la Mémoire : Traite des Noirs et esclavage aux 18e et 19e siècles
Collège Henri Matisse
Conférence-débat avec Françoise Vergés (Comité pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage)

L’affaire de l’Esclave Furcy, adaptation du texte de Mohammed Aïssaoui
Adapté du texte de Mohammed Aïssaoui, mise en scène et jeu Hassane Kassi Kouyaté
du 20 novembre au 15 décembre, au théâtre
Le Tarmac
Réservations : 01 43 64 80 80 (de 5 à 20 euros)

Le tome 3 de la BD Mémoire de l’esclavage, réalisée par Serge Diantantu, en librairie

La BD Mémoire de l’esclavage de Serge Diantantu, parrainée par l’Unesco, est en librairie pour un troisième tome : L’embarquement de bois d’ébène. Un nouvel épisode dans cette série qui a déjà vu la parution de Bulambemba (octobre 2010) et d’En naviguant vers les Indes (octobre 2011). Cette année, la sortie de cet album coïncide avec les commémorations des abolitions de l’esclavage (22 mai en Martinique, 27 mai en Guadeloupe et 10 juin en Guyane, notamment).

Mémoire de l'esclavage, tome 3

Mémoire de l'esclavage, tome 3

Lors des précédentes sorties, Serge Diantantu avait déjà évoqué les objectifs de son travail à travers cette série d’albums de BD. Un travail de recherche et de création à la fois historique et pédagogique à propos duquel Claudy Siar explique dans la préface : « La loi Taubira, dont on a célébré les 10 ans, reconnaît les traites et les esclavages comme des crimes contre l’humanité. De la même façon, Mémoire de l’esclavage participe, de manière pédagogique et accessible à tous, à l’éveil de la conscience collective par le souvenir indispensable de cette horreur historique. En contextualisant avec nuance et précision ce pan occulté de notre mémoire, la bande dessinée porte le devoir de transmission que nous devons à tous, en particulier aux jeunes générations, à même de construire dans leur passé des repères susceptibles d’éclairer leur avenir. Mémoire de l’esclavage porte aussi le devoir de commémoration que nous devons à ces millions d’hommes, de femmes, d’enfants, de familles sacrifiés sur l’autel de la cupidité et de l’ignominie ».

Une BD qui peut justement s’adresser aux jeunes lecteurs, comme le précisait déjà Serge Diantantu lors de la publication du tome précédent : « C’est une bande dessinée qui nécessite une certaine maturité de la part du lecteur. Elle peut donc s’adresser à des jeunes dès l’âge de 14 ans. Cependant, je tiens à souligner que dans les séries à venir certaines scènes pourraient heurter les jeunes enfants ».

Mémoire de l’esclavage – L’embarquement de Bois d’Ebène, tome 3 (BD historique, tout public)
Prix France : 13,70 euros
Dom-Tom : 15,75 euros

Un colloque le 22 mai en Martinique pour commémorer l’abolition de l’esclavage

À l’occasion du 22 mai et de la commémoration de l’abolition de l’esclavage en Martinique, l’association Promolecture organise un colloque sur le thème : « Mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, états de faits/état des lieux – Une mémoire assumée… sans doute de nouveaux combats pour aujourd’hui et demain ». Rendez-vous ce mardi 22 mai à l’Auditorium du Centre des Découvertes des Sciences de la Terre de Saint-Pierre entre 10 h 30 et 19 h.

Plusieurs personnalités, dont des historiens, participeront à cette journée : Axel Artheron, Suzanne Dracius, Laura Carvigan-Cassin, Gilbert Pago, Elisabeth Landi, etc.

Une manifestation commémorative qui sera marquée par plusieurs rendez-vous importants dont la projection d’un film de présentation du mémorial de l’abolition de l’esclavage.

Le programme
Une mémoire assumée… sans doute de nouveaux combats pour aujourd’hui et demain

11 h 15 – Discours d’ouverture et mots de bienvenue du directeur du CDST (centre des découvertes des sciences de la terre) Charles-Albert Hélénon et de Jocelyn Régina, président de la commission culture du conseil général.

11 h 30 – Projection d’un film de présentation du mémorial de l’abolition de l’esclavage : « La ville de Nantes face à son histoire »

12 h 20 – Table ronde : La Caraïbe, une histoire d’identité métisse
Intervenants : Axel Artheron / Suzanne Dracius / Laura Carvigan-Cassin / Danielle Marceline (sous réserves). Modératrice : Alexandra Harnais

13 h 15 – Déjeuner créole cuisine antan lontan

16 h – Présentation/dédicace du roman Youma de Lafcadio Hearn (réédition de poche éd.Idem) avec une nouvelle traduction française et graphie créole de Suzanne Dracius et Patrick Mathelié-Guinlet – Postface de l’universitaire Laura Carvigan-Cassin
- Lecture d’extraits à voix haute
- Rencontre-débat avec les auteurs : Suzanne Dracius, Patrick Mathelié-Guinlet, Laura Carvigan-Cassin
Modératrice : Mandjah

17 h 30 – Conférence/débat : l’esclavage, un système socio-économique reposant sur l’exploitation d’êtres humains, qui ne fonctionne que sous la contrainte et par la violence.
Intervenants : Élisabeth Landi (historienne), Serge Chalons ou Christian Jean-Étienne Président du comité devoir de mémoire, Gilbert Pago (historien)
Modératrice : Alexandra Harnais

19 h – Slam session

Le tome 2 de « Mémoire de l’esclavage », la BD de Serge Diantantu, sort en librairie

25 novembre 2011 Livres Aucun commentaire

Mémoire de l'esclavage

Mémoire de l'esclavage

Le tome 2 de la BD sur l’histoire de l’esclavage sort en librairie. Mémoire de l’esclavage : En naviguant vers les Indes, de Serge Diantantu, vient apporter d’autres éléments à la connaissance de ceux qui s’étaient intéressés à l’histoire douloureuse de l’esclavage à travers cette bande dessinée, la première réalisée sur ce thème. L’Unesco est partenaire de ce projet qui verra publier d’autre tomes dans la même série.

« Le thème de l’histoire de l’esclavage a fait l’objet d’un très grand nombre de publications au cours des dix dernières années. Ce sujet reste malgré tout méconnu du grand public de l’Hexagone et d’Europe continentale » explique Caraïbéditions. L’auteur et la maison d’édition, qui présente un catalogue audacieux et inédit (des numéros d’Astérix, des Gendarmes, de Titeuf en créole ou les premiers mangas antillais, par exemple), optent ainsi pour « un genre littéraire qui permet, grâce à la force et aux pouvoirs des images, de capter et d’intéresser plus facilement le lectorat et notamment celui des enfants et des adolescents auprès de qui le devoir de mémoire est très important ».

Serge Diantantu s’adresse à travers cette création à tous les publics : les avertis verront d’un œil neuf cette évocation imagée de la traite négrière, les autres la découvriront dans une mise en scène interactive qui permet, aux plus jeunes notamment, de faire le lien avec leur histoire commune. L’auteur, diplômé en arts plastiques, s’est d’abord tourné vers la production audiovisuelle en tant que décorateur avant de se mettre à la bande dessinée avec Attention Sida, déjà une œuvre à vocation didactique. Ce créatif s’exerce à plusieurs type d’expression, comme par exemple la photo et même le cinéma. Prix de la bande dessinée engagée à Lyon, il faisait cette semaine encore découvrir l’exposition « Mémoires de l’esclavage : les cases de Caraïbéditions » qui lui est consacrée à la cité internationale de la BD jusqu’au 31 décembre 2011. L’un de ses objectifs : faire l’histoire du peuple noir, comme il l’explique ci-dessous.

Mémoire de l'esclavage

Mémoire de l'esclavage


Vous êtes un auteur de BD africain reconnu et créateur d’une série à succès. Qu’est-ce qui vous a décidé à passer à la BD historique ?
Serge Diantantu - C’est avant tout dans le but de faire connaître l’histoire du peuple noir d’une façon simple. L’histoire de l’esclavage est malheureusement encore mal connue car très peu racontée. C’est une période assez sombre et douloureuse qu’on ne sait comment aborder et la bande dessinée s’avérait être un bon moyen d’en parler. En effet, la BD est un mode de communication qui permet d’échanger à l’aide des images. L’objectif de cette bande dessinée est de rendre compte des faits passés importants pour comprendre notre présent et bien avancer vers le futur.

Pensez-vous que le genre littéraire BD est particulièrement adapté à des ouvrages sur l’Histoire ?

Serge Diantantu - Je ne pense pas qu’il y ait de genre littéraire plus adapté qu’un autre pour raconter l’Histoire. Le roman est peut-être un des plus privilégiés, mais l’avantage de la BD est qu’il capte l’attention du lecteur plus facilement grâce aux images. Par conséquent, je peux toucher un plus large public.

En combien de tomes est prévue cette série ?
Serge Diantantu – Il y aura 7 tomes mais, comme je l’ai déjà dit, l’histoire de l’esclavage est un chantier très vaste. Imaginer la fin de cette série dès le début est assez difficile. Pour l’instant j’évoque Bulambemba et suis seulement en 1441. Nous passons ensuite par les événements de 1482 et terminons le premier tome en 1487. La continuation de cette série dépendra aussi de l’intérêt que nous apportera le lecteur.

Vous avez le sens du détail et relatez des faits historiques peu connus du grand public. Comment se sont déroulées vos recherches de documentation ?
Serge Diantantu - Ma source principale de documentation est la lecture. Je lis énormément et surtout j’aime écouter, dialoguer pour en apprendre davantage. Je mets ensuite mon sens de cinéaste à l’œuvre dans mes découpages car j’essaie de faire mes reconstitutions le plus fidèlement possible aux faits historiques sans négliger les détails de l’environnement ou des accessoires qui ont toute leur importance.

Vous êtes-vous fait aider d’historiens ?

Serge Diantantu - J’ai beaucoup échangé avec des historiens, des chercheurs, des passionnés d’histoire et un religieux anthropologue. Le but de mes échanges est de faire des comparaisons avec les données que je possède et d’être au plus proche de la réalité de l’époque lorsque je conçois mes croquis. Pour moi, l’Histoire est avant tout une passion. Je suis également ouvert aux scientifiques qui souhaitent partager avec moi car je pense qu’allier les sciences à l’Histoire est un des meilleurs moyens de trouver des réponses à une multitude de questions qui demeurent encore aujourd’hui sans réponses.

Mémoire de l’esclavage : En naviguant vers les Indes
Serge Diantantu
12,80 euros, disponible en librairie
Date de parution : octobre 2011

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  • Marie-Andrée Ciprut: Bel article !... J'y étais et je peux témoigner de son authenticité....
  • Marius CATORC: Je suis très heureux de constater que le travail colossal accomplit par Bernard ASCAL, pour la réalisation et la sortie en 2008 du double CD sur "CAH...
  • Vanmai Jean: Cher Daniel, Ta persévérance commence à "payer"... Malgré l'hostilité des "intellectuels bien pensants" sur le même sujet ! Bravo !...
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