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Saint-Laurent du Maroni en Guyane fête les cultures urbaines du 6 au 13 avril 2013

La ville de Saint-Laurent du Maroni va de nouveau faire la une de l’agenda culturel de la Guyane avec la 5e édition du Festival des cultures urbaines. La programmation prometteuse affiche non seulement une multitude d’ateliers qui raviront les plus jeunes, mais également des projections de films, des rencontres-débats et bien entendu des concerts dont celui de Sax machine 11 avril à 21 h au village chinois, puis celui d’Admiral T en clôture du festival, le samedi 13 avril à 22 h au stade B, qui ne manquera pas d’attirer les adeptes de la dancehall.

festival des cultures urbaines

festival des cultures urbaines

Comme chaque année, il y aura une grande vedette en Guyane : la culture hip-hop. Et comme chaque année, les interprètes micro en main, les graffeurs, les danseurs sur scène, les DJ aux platines ou encore les réalisateurs derrière leur caméra se sont donné rendez-vous dans l’ouest de la Guyane où la culture hip-hop s’est peut-être imposée avec plus de force qu’ailleurs sur le territoire. L’invitation a donc été lancée par les organisateurs qui veulent démontrer l’impact de ce mouvement : « réunis au sein d’un espace culturel pluriel, amateurs et professionnels (venus de Guyane, du Surinam, des Antilles, de métropole et même du Japon et des Etats-Unis), vont pendant 8 jours échanger, transmettre et nous montrer que ce mouvement populaire est une école de la vie ».

En dehors du programme qui va mobiliser le public en plusieurs lieux de la ville, l’accent sera mis sur participation de tous les intéressés aux nombreux ateliers ateliers gratuits mis en place : l’écriture rap, le graff, le cirque, les danses hip-hop, le BMX, etc. De quoi motiver un public divers qui de plus pourra côtoyer lors de ces ateliers les artistes et professionnels invités.

Cette année les soirées de concerts, battles de danse hip-hop, spectacles et projections verront se succéder sur scène et dans les espaces publics : Admiral T, Kenyon, Valley, Sax Machine, Kacem Wapalek, Tom’Saw, DJ adjectif, Dj 10Kord, Kalouf, DHK A Ni Mal, DHQ Marthe, les compagnies Wanted posse, Espace des sens, le Manguier et Latitude Cirque.

Un programme pour tous et pour tous les goûts
Le samedi 6 avril, dans le cadre de la « Block party » où s’enchaîneront démonstrations de free-style ball, de roller acrobatique, de danses hip-hop, le festival s’ouvrira sur un battle hip-hop coordonné par le collectif Akufen et animé par Kenyon (ECK). Les B-Boys, B-Girls et amateurs de danse hip-hop de Guyane et du Suriname seront présents pour s’affronter avec à la clé plus de 1000 euros à gagner.

Le lundi 8 avril, le cinéma le Toucan recevra le réalisateur Paul Florent qui présentera son documentaire Des favelas parisiennes aux banlieues brésiliennes. Les amateurs de Dance Hall ne manqueront pas la soirée Sa ka bay mardi 9 avril , avec son concours de Dancehall Queen/dancehall king. Ainsi que, les prestations de : DHK A Ni Mal, Tom’Saw (ECK) accompagné par DJ adjectif qui vient tout juste d’être sacré champion de France et le concert de Valley, un des artistes phare du dancehall antillais. Le mercredi 10 avril est réservé aux familles avec deux compagnies guyanaises : « Le manguier » et son spectacle de marionnettes Voyage au centre des couleurs pour les plus jeunes (à partir de 3ans). La compagnie « Latitude cirque » présentera sa dernière création Pieds nus sur la terre où se mêlent les univers du cirque et des arts de la rue…

Les curieux avides de découvertes pourront se mettre à table le jeudi 11 avril, au carbet à musique. Avec menu : en Apéro Mix un spécial « hip-hop old school », du bonheur pour les anciens et pour les plus jeunes, 2 heures de mix aux racines du genre… avec DJ 10Kord, EArl da pearl. En entrée, un concert de Kacem Wapalek, rappeur, slameur et beatmaker, qui se distingue par un univers riche et singulier. En plat de résistance, un concert live de Sax machine Feat Akin Yai venus réanimer le hip-hop. En dessert, un after mix avec les danseurs et les DJ’s du festival…

Vendredi 12 avril, les passionnés de danse seront ravis par la soirée « Transcendanses ». Kim ma sellu & Takéo Ishii de la compagnie Wanted posse nous proposent un duo hip-hop contemporain et Olivier Lefrançois de la « compagnie des sens » nous fera vivre sa dernière chorégraphie Qu’en sera-t-il d’hier ? Un solo dansé qui invite à une réflexion sur la culture hip-hop et son histoire depuis le début des années 80.

Pour clôturer le festival, samedi 13, après la prestation de jeunes artistes locaux, Kenyon, espoir du rap d’à peine 20 ans, partagera la scène du stade B avec Admiral T, la star guadeloupéenne qui fait sauter les foules avec son reggae-dancehall survitaminé, en concert live gratuit.

Curaçao accueille la deuxième édition du Festival international du film de Rotterdam du 4 au 7 avril 2013

La deuxième édition du Festival international du film de Rotterdam à Curaçao se déroulera du 4 au 7 avril sur l’île caribéenne néerlandaise et proposera un programme polyvalent pour que chacun puisse y trouver son intérêt.

Festival international du film de Rotterdam à Curaçao

Festival international du film de Rotterdam à Curaçao

Depuis la dissolution de la fédération des Antilles néerlandaises en 2010, Curaçao est un État autonome à part entière au sein du royaume des Pays-Bas. Pour la deuxième année consécutive, l’île située au large du Venezuela accueillera une émanation du Festival de Rotterdam, qui se déroule traditionnellement au début de l’année.

Si des films primés un peu partout dans le monde seront diffusés, tels que Amour de Michael Hanecke qui a remporté cette anné l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, le festival a aussi pour ambition de célébrer les réalisations des cinéastes de la région. Voici une partie de la sélection :

  • Children of God de Kareem Mortimer (Bahamas, 2009), qui dénonce la haine contre les homosexuels dans les Caraïbes ;
  • Ghett’a life de Chris Browne (Jamaïque, 2011), un conte inspiré sur la nécessité de surmonter l’adversité et l’ignorance au nom de l’unité ;
  • Larga Distancia de Esteban Insausti (Cuba, 2010), sur le retour solitaire de l’héroïne à Cuba alors que tous ses amis sont partis sans le lui dire ;
  • Habana Blues de Benito zambrano (Espagne, France, Cuba, 2005), le portrait de deux jeunes musiciens cubains, entre espoirs et doutes ;
  • Melaza de Carlos Lechuga (Cuba, France, Panama, 2012), un film audacieux qui explore les rouages de la société cubaine à travers l’histoire de ses héros du quotidien qui se battent pour survivre dans un village aux sucreries détruites et aux piscines vides ;
  • SistaGod de Yao Ramesar (Trinidad-et-Tobago, 2006), un film poétique quasi muet qui narre une histoire très visuelle et s’appuie sur le carnaval de Trinidad-et-Tobago ;
  • et Vrede de Ida Does (Pays-Bas, Surinam, Allemagne, 2012), un documentaire très personnel dans lequel les enfants de Anton de Kom, un écrivain surinamais, activiste et héros de la résistance, repensent à leur jeunesse.

Sont également prévus des projections gratuites pour les groupes d’étudiants, des concerts par des orchestres de jeunes, des séances spéciales pour les enfants et une compétition pour les courts métrages réalisés par des metteurs en scène locaux.

Le programme complet (en anglais) est disponible sur le site du Festival.

Source : Repeating Islands

Parution de l’édition 2013 du Petit futé Guyane

Les amoureux de la nature et les mordus de forêt tropicale peuvent trouver leur îlot de verdure sur ce morceau d’Amérique du Sud qu’est la Guyane, le temps de quelques vacances. C’est en tout cas ce qui leur est proposé dans le guide Guyane 2013 du Petit futé.

Guyane 2013 du Petit futé

Guyane 2013 du Petit futé

Contrairement à beaucoup d’autres destinations de la Caraïbe, la Guyane ne propose pas aux touristes une mer bleue et du farniente. Ceux qui choisissent cette destination optent pour des plages de verdure et les vastes sentiers que représentent les fleuves. Le guide Guyane 2013 du Petit futé met bien sûr ces atouts en avant avec les aspects ethnographiques d’un voyage en Guyane, à travers le face à face avec les différentes populations.

Des balades en forêt amazonienne, des excursions peu communes en pirogue vers d’autres destinations, le centre spatial guyanais, des cultures qui se côtoient et s’influencent et enfin un carnaval, parmi les plus longs du monde qui vous offre d’endosser une autre identité le temps d’une soirée… Voilà de quoi s’enthousiasmer pour un voyage qui promet plus que du dépaysement, un voyage autrement. A voir dans le guide Guyane 2013 du Petit futé.

Guide Guyane 2013 du Petit futé
Avec 95 % de son territoire couvert d’une forêt tropicale encore vierge, la Guyane est une de ces régions du monde qui abrite des trésors pour l’heure inconnus des touristes. Pourtant, la diversité linguistique et culturelle de ce département s’avère exceptionnelle et unique en France. La rencontre avec les différentes communautés de la Guyane offrira au visiteur d’inoubliables souvenirs de culture à partager. Ainsi, partir à la rencontre de l’autre sera une formidable opportunité de voyages voyage chez les Bushinengué aux confins des villages du fleuve Maroni, accessibles uniquement en pirogue ; voyage initiatique en terre amérindienne à Awala-Yalimapo où viennent pondre chaque année des centaines de tortues luth ; voyage culinaire chez les Hmongs, agriculteurs raffinés de Cacao et de Javouhey ; voyage d’aventure sur les marais de Kaw à la recherche de caïmans ou bien encore voyage festif à Saint-Georges de l’Oyapock à la frontière brésilienne… Sans oublier toutes les aventures offertes aussi bien par les nombreux fleuves que par la forêt amazonienne : randonnées à Saül, cœur de Guyane ; séjour en camp sur le fleuve l’Approuague ne sont que des exemples.

N’oublions pas de citer le plus long carnaval du monde, riche en couleurs et en significations. La biodiversité extraordinaire n’échappera pas aux yeux du voyageur… Et que dire du contraste de la modernité lorsque l’on se retrouve assis dans la salle Jupiter du centre spatial guyanais ou lorsque l’on assiste à un tir de lanceur d’Ariane 5 ! Quant aux papilles gustatives, elles se réjouiront face aux merveilleuses saveurs locales aux dénominations exotiques : bouillon d’awara, jamais-goûter, kalawang de papaye verte, couac… le tout arrosé d’une rasade de Belle Cabresse. Et si certains aiment se dépenser, il n’est jamais trop tard pour danser le zouk, la salsa, le mérengué ou même le kompa. La Guyane, terre de tous les possibles, terre préservée, terre à visiter !

Les plus de la destination
La nature à l’état sauvage : épargnée par le tourisme de masse, faiblement peuplée, la Guyane a l’avantage d’offrir au visiteur des sites authentiques, parfois très peu foulés par l’homme. La luxuriante forêt amazonienne fascine tant par sa richesse en espèces animales et végétales que par sa variété de paysages : forêts primaires et secondaires, savanes, marais et mangroves. Tous ces paysages reflètent la même image de plénitude sur fond d’une envoûtante musique d’animaux, oiseaux et insectes. Sous un soleil de plomb ou sous une pluie diluvienne, les parfums et les couleurs du pays s’épanouissent.

L’aventure au bout de la route : le passage en pirogue d’un saut (rapide) est une expérience magnifique en saison sèche, sensation forte garantie et sans danger tant la dextérité des piroguiers et takaristes est grande, ainsi que la découverte en quad, à VTT ou tout simplement à pied d’un layon (sentier) ouvert en pleine forêt, ponctué de criques, d’arbres majestueux et de sons surprenants. La première nuit passée dans un carbet, autour du feu où l’on fait griller le poisson, est inoubliable. Après quelques instants passés à chercher la position adéquate, le sommeil arrive rapidement en hamac. Puis vient le réveil, en même temps que le soleil qui transperce de ses rayons l’épaisse brume du matin. C’est une nouvelle journée d’aventures qui commence !

Une mosaïque de langues et de cultures : amenés au fil du temps par les différentes vagues d’immigration, des peuples des cinq continents cohabitent en Guyane. Avec les Amérindiens, population autochtone, toutes ces communautés illustrent une Guyane aux mille visages : modes de vie, cuisines, fêtes et traditions se mêlent harmonieusement. Le brassage de toutes ces langues et de toutes ces cultures confère au pays une richesse que saura apprécier à sa juste valeur le visiteur curieux mais respectueux.

Un carnaval étonnant : ce carnaval, un des plus longs qui soient, dure parfois jusqu’à deux mois pendant lesquels la majorité des Guyanais est en liesse. Le dimanche, les défilés de rue rassemblent, au son des percussions, les bandes qui rivalisent d’imagination dans la création de leurs costumes. Les nombreux personnages du carnaval évoluent au fil des années tout en conservant leur symbolique. Dans l’ambiance survoltée des dancings (ou universités) du samedi soir, où les touloulous règnent en maîtresses sur leurs cavaliers, tous se laissent emporter par les rythmes effrénés dispensés par les orchestres carnavalesques.

Le Petit Futé Guyane 2013, édition n°16
Collection Country Guides
15,95 euros

Contes et conteurs en Guyane en novembre pour la 9e édition du mémorial Paul Henri Gérard

Mémorial du conte 2012, Mana et Guyane

Mémorial du conte 2012, Mana et Guyane

Le mémorial international du conte se tiendra en Guyane du 2 au 7 novembre 2012 et rendra hommage à Jeff Joseph, prince du Calypso qui fut par ailleurs leader du groupe Volte-face, disparu cette année. Les conteurs se retrouveront dans plusieurs communes de Guyane.

Si la Nuit du conte se tiendra comme traditionnellement à Mana où la manifestation est née il y a plusieurs années, les habitants d’autres villes de Guyane, notamment Sinnamary, Kourou ou Cayenne accueilleront les conteurs jusqu’au 7 novembre 2012. Le Mali, le Surinam, Haïti, la Guadeloupe, la Dominique ou encore la Martinique donneront de la voix pour cette nouvelle édition du mémorial Paul Henri Gérard sur la place principale de Mana, le samedi 3 novembre, à partir de 20 h.

Les mythes et légendes, thème retenu pour ce 9e mémorial, verra opérer de jeunes conteurs de la Caraïbe parmi lesquels on peut retenir Patrick Cheval dit Conteur Soleil, de la Guadeloupe, qui conte notamment « les aventures de Compère lapin et de ses acolytes, pour le plus grand plaisir des petits et des grands ». Toujours en provenance de la Guadeloupe, Lilian Magoudoux dit Lékouz, homme de théâtre, connu surtout dans son rôle dans la série Rigobé et Dèdète. Pour Haïti, Pierre Darland Habraam ramène le public tout droit dans la culture traditionnelle haïtienne, avec deux personnages incontournables : Bouki et Ti Malice. Le conteur continue à faire vivre les héros de son enfance, ces « deux personnages inséparables des contes traditionnels et populaires d’Haïti. Ces contes constituent un patrimoine culturel oral sous le nom de ‘Histoire de Bouqui et Malice’ et en kréyol haïtien ‘Istwa Bouki ac Malis’. Ces deux compères tirent leurs origines des traditions orales rapportées par les esclaves venus d’Afrique à l’époque du commerce triangulaire. Ces deux héros ont leurs pendants dans la littérature antillaise, sous d’autres appellations, notamment en Guadeloupe et en Martinique ».

Outre les spectacles des conteurs, ce 9e mémorial a programmé des résidences artistiques de plusieurs personnalités. Prince Koloni, star de l’aléké, Eric Bonheur, figure du jazz caribéen, les Mécènes, groupe connu notamment pour ses prestations carnavalesques, comptent parmi les artistes à résidence. Venus de plus loin, les artistes de la Dominique comme Gordon Anderson et Ophélia, et Louis Lysonne d’Haïti, contribuent également à donner toute sa dimension internationale à cet événement qui chaque année voit le public affluer en masse vers l’ouest guyanais pour assister à la fête du conte et de la culture auxquels les artistes participent volontiers. Le 3 novembre, Ophélia puis Gordon Anderson rendront hommage à Jeff Joseph lors de deux concerts live.

Parmi les différentes manifestations qui se succéderont, le planning de l’événement fait aussi une place à la création avec le concours de contes et récits qui court jusqu’au 29 octobre 2012 et pour lequel les participants de tous âges se voient conviés à conter sur le thème des mythes et légendes. Le jury présidé par l’auteure guyanaise Sylviane Vayaboury décernera des prix dans trois catégories (primaires, collège et lycée, puis grand public) le 3 novembre, lors de la Nuit du conte, en partenariat avec les éditions Ibis rouge.

Richard Price raconte le « Combat pour la forêt et les droits de l’homme » du peuple Saamaka*

12 août 2012 Livres 1 commentaire

Peuple Saramaka contre Etat du Suriname. Combat pour la forêt et les droits de l'homme

Peuple Saramaka contre Etat du Suriname. Combat pour la forêt et les droits de l'homme

Richard Price s’intéresse depuis de nombreuses années aux peuples marrons du Suriname et de la Guyane. Le dernier livre en date de l’anthropologue américain, Peuple Saramaka contre État du Suriname : combat pour la forêt et les droits de l’homme, propose une nouvelle immersion dans l’histoire et la société du peuple Saamaka, celle de « la bataille menée par les Saamaka pour garder le contrôle de cette partie de forêt qui est la leur« . Dans ce livre qui a obtenu le Best book prize 2012 de l’association American Political Science (catégorie Human rights), on découvre la bataille juridique menée par Wazen Eduards et Hugo Jabini contre l’exploitation forestière de leurs terres traditionnelles, bataille qui leur a valu en 2009 le prix Goldman pour l’environnement. Richard Price met en lumière une offensive sans précédent où le droit foncier et coutumier du peuple Saamaka a trouvé écho au niveau international. À l’occasion de la sortie de Peuple Saramaka contre État du Suriname : combat pour la forêt et les droits de l’homme, et après son précédent livre, Voyage avec Tooy (paru en 2010 aux éditions Vents d’ailleurs), e-Karbé a souhaité en savoir plus sur l’intérêt de Richard Price pour les peuples marrons.

e-Karbé - Votre démarche d’anthropologue vous a régulièrement conduit à vous intéresser aux peuples Marrons, notamment aux Saamakas. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à vous intéresser à ce peuple ? Qu’est-ce qui fait l’authenticité du peuple Saamaka ? Quels sont ses desseins actuels ?
Richard Price - Les Saamaka sont l’un des six peuples marrons du Suriname et de Guyane, dont le nombre s’élève aujourd’hui à plus de 120 000 personnes. Avec Sally Price et depuis le milieu des années 1960, je me consacre à l’étude de leurs vies et de leur histoire (cf. www.richandsally.net). Vers le milieu des années 2010, les gens connus jusqu’ici sous le nom de « Saramaka » ont décidé de se désigner, dans leurs documents officiels, comme « Saamaka », laissant tomber le « r » pour refléter leur propre prononciation du terme.
Dans les années 1960, quand j’étais jeune ethnologue ayant déjà fait cinq mois de recherche en Martinique (à Petite Anse) sur la magie de la pêche (voir mon livre Le bagnard et le colonel, PUF, 2002), j’ai décidé de me former comme spécialiste de l’aire afro-américaine plus large, du Canada jusqu’à l’Argentine, passant par les USA, les Caraïbes, le Brésil, etc. Et, à l’époque, les Marrons du Suriname me semblaient être les plus indépendants, les moins colonisés, de toutes les populations noires des Amériques. Nous avons choisi les Saamaka, un des deux groupes les plus importants, et avons commencé nos recherches avec un séjour de deux ans parmi eux.

Les Saamaka – aujourd’hui à peu près 55 000 personnes dont le territoire traditionnel se trouve dans l’intérieur du Suriname – sont les descendants d’Africains déportés vers la colonie néerlandaise du Suriname dans la seconde moitié du dix-septième siècle. Vers la fin du siècle, leurs ancêtres se sont rebellés et se sont échappés des plantations de la côte où ils étaient en esclavage pour s’enfuir dans la forêt tropicale. Pendant plus d’un demi-siècle, ils ont mené une guérilla contre les milliers de troupes envoyés par les colons pour les détruire et, en 1762, ils ont signé un traité de paix avec la couronne hollandaise qui leur a garanti la liberté, cent ans avant l’émancipation générale des esclaves au Suriname. Le traité a donné aux Saamaka non seulement leur liberté mais aussi leur territoire dans l’intérieur du pays.

Depuis ce temps-là (que les Saamaka désigne comme « les premiers temps »), ils sont restés largement indépendants et très fiers de leur liberté. Ils ont résisté aux tentatives de l’État du Suriname (colonial jusqu’à 1975, indépendant depuis) de les assimiler, de les rendre simples « citoyens » au lieu de reconnaitre qu’ils constituaient un peuple avec sa propre langue, ses propres lois, et un territoire qui leur appartient.

e-Karbé - « Peuple Saramaka contre État du Suriname. Combat pour la forêt et les droits de l’homme » : le titre de votre ouvrage exprime d’emblée une notion d’engagement, celui du peuple Saamaka. Comment se traduit cet investissement dans les faits ?
Richard Price - La souveraineté du peuple saamaka a été menacée dans les années 1990 quand l’État du Suriname a vendu presque la totalité de leur territoire traditionnel aux multinationales chinoises, malaysiennes, et indonésiennes pour l’abattage des arbres. Pendant plusieurs années, des leaders saamaka de la résistance ont voyagé de village en village- il y en a presque soixante-dix sur le fleuve Suriname – pour discuter leur stratégies. Ils ont décidé de réagir, avec l’aide d’un spécialiste en droits de l’homme international et moi-même, en saisissant en 2000 la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme et, éventuellement, la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme pour décider de leur sort.

Enfin, en mai 2007, les juges de la Cour Interaméricaine se réunissaient à San José, au Costa Rica, pour entendre le cas du Peuple Saramaka contre la République du Suriname. Est-ce que les Saamaka ont le droit de gérer leur territoire traditionnel ou est-ce que tout l’intérieur du pays, y compris ses ressources naturelles, appartient à l’État (comme affirme la constitution du Suriname) ? Trois équipes d’avocats ont plaidé le cas – ceux qui représentaient les Saamaka, ceux qui appartenaient à la Commission, et ceux de l’État du Suriname. Pendant l’audience – qui durait deux jours, j’avais le rôle de « témoin expert » pour les Saamaka et Sally servait comme interprète officiel pour les témoins saamaka.

La Cour, en se basant sur son respect pour la mémoire collective saamaka, a d’abord déclaré que les Saamaka (et les autres peuples marrons) seraient désormais considérés comme l’équivalent des peuples autochtones devant la loi internationale. Cela veut dire que les Saamaka et d’autres Marrons ont le droit aux mêmes protections que des peuples autochtones partout dans le monde, selon la Déclaration sur les Droits des Peuples Autochtones, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2007.

Deuxièmement, ils ont déclaré que les Saamaka et des autres peuples tribaux ont des droits collectifs. Cela veut dire que le peuple saamaka a une personnalité juridique. En France, ce serait impossible : du point de vue légal, il n’y a pas des groupes minoritaires. Reconnaître tels groupes comme personnalités juridiques risquerait de tomber dans le soi-disant communautarisme. Pareillement, la constitution actuelle du Suriname dit qu’un groupe minoritaire comme les Saamaka ne peut pas avoir une personnalité juridique. Selon cette constitution, comme en France, chaque personne, y compris un Saamaka, est un simple citoyen. Mais, désormais, suite au jugement de la Cour, l’État du Suriname est obligé de changer sa constitution pour permettre telle reconnaissance. Désormais, le peuple saamaka aura des droits collectifs comme personnalité juridique.

Troisièmement, la Cour a déclaré que les Saamaka ont le droit de gérer leur territoire traditionnel et que la définition de ce territoire – ses frontières exactes – doit être désignée selon les traditions historiques des Saamaka, basées sur l’histoire orale.

Quatrièmement, la Cour a déclaré que le peuple saamaka a le droit d’accorder, ou de refuser, son consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause (en anglais, « free, prior, and informed consent » [FPIC]). Il a le droit de donner ou refuser son accord à l’égard de chaque projet de développement ou investissement proposé par l’État qui risque d’avoir des conséquences pour son territoire. Et, s’il donne son accord, il a le droit de solliciter sa juste part des bénéfices du projet.

Et finalement, la Cour a ordonné que l’État crée un fonds dans l’intérêt du Peuple saamaka, en récompense pour les dommages matériels et moraux causés par les activités forestières et minières des multinationales. Ce fonds, avec un montant initial d’environ 500 000 euros, serait géré par le Peuple saamaka.

C’est un grand honneur pour moi que les Saamaka aient décidé d’utiliser une partie de cet argent pour financer la publication en langue saamaka d’un de mes livres qui raconte leur histoire à partir des mots des grandes personnes que j’ai fréquentées dans les années 1970 (c’est le livre qui était publié en français par le Seuil sous le titre Les Premiers Temps. Ce sera le premier livre jamais publié en langue saamaka. Sally et moi venons de terminer la traduction. Les Saamaka comptent acheter deux ou trois milles exemplaires pour les utiliser dans les écoles au pays saamaka. On voit à quel point les Saamaka se sont investis dans leur mémoire collective, leur propre version de l’histoire, pour assurer qu’elle soit transmise aux futures générations.

Il n’y a pas longtemps, deux des leaders des Saamaka dans la lutte pour leur territoire ont gagné un grand prix – le Goldman Prize for the Environment (souvent appelé « le prix Nobel de l’environnement »). On les a accompagnés à San Francisco et puis à Washington, où ils ont reçu un chèque de 150 000 dollars. La fondation Goldman a cité le capitaine saamaka Wazen Eduards et l’étudiant en droit saamaka Hugo Jabini pour avoir établi « un nouveau précédent en faveur des peuples indigènes et tribaux ». On peut voir un clip-vidéo, narré par Robert Redford, qui raconte cette lutte.

e-Karbé - Partant de votre regard d’anthropologue, qu’est-ce qui fait la spécificité du combat du peuple Saamaka en comparaison d’autres peuples dont le mode de vie est en danger ?
Richard Price - Chaque combat a ses spécificités qui reflètent la nature du colonialisme, la force de l’identité du peuple, et d’autres considérations. Pour les Saamaka, leur identité est ancrée dans leur histoire de lutte, dans la période qu’ils appellent fesitén (« les premiers temps »). Ils luttent pour leur souveraineté, pour le droit de dire « non » à l’assimilation dans la population générale de l’État. Ils veulent rester à la fois autonomes et citoyens, comme beaucoup d’autres populations minoritaires à travers le monde.

e-Karbé - Dans votre livre, il est question des Saamakas « se saisissant des instruments juridiques internationaux des Droits de l’Homme » et qui « conduisent eux-mêmes, depuis des années, leur propre campagne de revendications ». Ils mènent donc un combat très contemporain tout en étant un peuple qui a su au travers des générations préserver une belle densité culturelle. Comment expliquez-vous qu’ils aient réussi à conserver cette réalité caractéristique ?
Richard Price - Jusqu’au moment où l’État a commencé à s’intéresser aux ressources naturelles (l’or, le bois…) dans leur territoire, les Saamaka jouissaient de la liberté de se développer comme ils voulaient. Ils ont créé une nouvelle langue créole, une religion très riche, un système de jurisprudence, une économie unique au monde – une merveille de la créolisation. Et ils ont fait tout cela en temps de guerre constante contre les armées des colons européens. C’est une histoire héroïque que Sally et moi avons essayé de capter dans nos livres (voir www.richandsally.net).

e-Karbé – Votre livre a reçu le prix 2012 du meilleur ouvrage de l’association American Political Science (APSA), dans le domaine des droits de l’homme. Une distinction qui contribue, en plus de votre travail, à attirer l’attention sur ce combat. Dans quelle mesure celui-ci peut-il influer sur le monde qui l’entoure ?
Richard Price - Affaire à suivre… Mes livres sur les Saamaka ont reçu plusieurs prix internationaux. Voyages avec Tooy, que j’ai écrit avec mon grand ami Tooy Alexandre, un homme saamaka qui habite depuis des décennies à Cayenne, en a reçu trois, dont je suis très fier. Mais je ne crois pas que cela a une grande influence sur les potentiels lecteurs.

e-Karbé - Pouvez-vous expliquer comment la nature de votre travail d’anthropologue, spécialiste des sociétés afro-américaines, et votre dernier livre peuvent éclairer par exemple un Guyanais ou, plus largement, un Caribéen sur sa propre société ?
Richard Price - Pour un Guyanais, ce livre doit souligner (tout comme notre livre Les Marrons qui a été écrit spécifiquement pour des Guyanais) la spécificité des Saamaka qui vivent parmi eux. Aujourd’hui, quelques 15 000 Saamaka habitent en Guyane, la majorité toujours sans titres de séjour. Ce peuple tellement fier de son histoire – dans laquelle il faut inclure leur longue histoire comme canotiers en Guyane depuis le milieu du 19e siècle – est souvent marginalisé en Guyane. Selon nous, il doit être plutôt embrassé comme un composant fondamental du peuple guyanais.

Pour des autres Caribéens, la lutte des Saamaka pour leur autonomie et leur victoire devant la Cour peut servir comme exemple des multiples possibilités contre l’assimilation tout court. L’exemple des Saamaka montre comment un peuple peut, au moins en partie, réussir à définir sa propre place dans le monde, sans être sous le soulier des nations plus fortes.

e-Karbé - Et finalement, d’après vous, à qui s’adresse plus particulièrement votre livre ?
Richard Price - D’abord aux jeunes Saamaka qui vivent à Kourou, Mana, Cayenne ou Saint-Laurent, aujourd’hui scolarisés en français et intéressés dans l’histoire de leur peuple. Et puis à n’importe quel citoyen du monde qui s’intéresse aux possibilités de restructurer le présent système, de laisser ouverte la possibilité d’identités multiples, de ne pas écraser des créations culturelles centenaires réalisées par les afro-américains partout dans l’hémisphère.

* »Saamaka » ou « Saramaka »

Parutions en lien avec la Caraïbe… À lire actuellement…

22 juin 2012 Livres Aucun commentaire

E-Karbé a répertorié sur le web plusieurs parutions en lien avec la Caraïbe et récemment publiées qui pourraient intéresser nombre de lecteurs.

Sans entrer dans le détails des sujets abordés dans ces différents ouvrages, nous vous invitons à découvrir ci-dessous quelques-uns des titres que nous avons remarqués, en attendant peut-être d’y revenir de façon plus approfondie. Pourquoi ne pas commencer à établir la liste des quelques ouvrages, versions papier ou e-books, que vous aimerez à lire lors de vos prochaines vacances.

Mobilisations sociales aux Antilles. Les événements de 2009 dans tous leurs sens, aux éditions Karthala
Sous la direction de Jean-Claude William, Fred Reno et Fabienne Alvarez
Après les événements du début de l’année 2009, que reste-t-il du mouvement initié par le LKP en Guadeloupe et le K5F en Martinique ? Nombreux sont ceux qui ont prophétisé que « rien ne sera plus jamais comme avant ». Mais, au-delà des discours militants, parfois peu réalistes, les sentiments qui prévalent oscillent entre désillusion, colère, cynisme et déception. Pourtant, la mobilisation aura été un moment intense d’échanges d’idées et de confrontation des approches du réel, d’exaltation des identités guadeloupéenne et martiniquaise, et, dans une certaine mesure, de l’identification française. Les réserves et critiques occultent souvent les gains matériels et symboliques de la mobilisation, et surtout le sens profond du soulèvement. Au-delà du sens partagé, la mobilisation a mis au jour des sens différents, voire opposés, qui requièrent une analyse contextualisée. Cet ouvrage collectif, qui rassemble 14 spécialistes de disciplines différentes des sciences sociales, originaires de Guadeloupe, de Martinique, des États-Unis, de Porto-Rico, de Grande Bretagne, du Canada et de France, s’interroge sur le « système de significations » à l’oeuvre dans l’action collective, et singulièrement dans celle qui se déroule en 2009 aux Antilles. Les contributions présentées s’appuient sur une analyse documentée des stratégies qui permettent de comprendre le sens attaché à l’action des différents protagonistes du mouvement social, et les interprétations variées qui peuvent en découler.
Avant la revendication des 200 euros, dont l’évocation exclusive appauvrit le mouvement social, c’est la résistance contre toutes les formes de pwofitasyon qui justifie la mobilisation du LKP guadeloupéen et du K5F martiniquais en 2009. Découlant de la nécessité de résister à l’injustice faite aux plus démunis, cette mobilisation sociale s’apparente, avant l’heure, à l’indignation clamée par Stéphane Hessel, qui se répand depuis quelques mois aux États-Unis et dans plusieurs capitales européennes.

Peuple Saramaka contre Etat du Suriname

Peuple Saramaka contre Etat du Suriname, Richard Price

Peuple Saramaka contre État du Suriname. Combat pour la forêt et les droits de l’homme, aux éditions Karthala
Richard Price
Les Saramaka sont un peuple dont la forêt est menacée. En se saisissant des instruments juridiques internationaux des Droits de l’Homme, ils tentent de protéger leur mode de vie. Descendants d’esclaves africains auto-libérés qui vivent dans la forêt tropicale de la République du Suriname, ils ocnduisent eux-mêmes, depuis des années, leur propre campagne de revendications. En 2007, la Cour interaméricaine des Droits de l’Homme a rendu en leur faveur un jugement qui fait jurisprudence. Deux leaders engagés dans cette lutte ont reçu le prix Goldman pour l’environnement (souvent appelé « Prix Nobel pour l’Environnement »).

Haïti à l’horizon de ses écrivains - Livre numérique, Le kiosque de Mediapart
James Noël, Emmelie Prophète, Kettly Mars, Rodney Saint-Éloi, René Depestre.
De concert avec des artistes et intellectuels haïtiens contemporains, Mediapart vous propose de partager des visions de ce pays projetées sur un temps plus long.

Appel à la fraternité – M’envole, me pose, m’abandonne, résistant aux vents violents, chez l’Hrmattan
Lucette Jason
Si la culture a un socle, celui-ci se trouve dans la diversité de nos réalisations. Cette oeuvre est un appel à la mise en commun de nos ressources pour mener à bien l’éducation des enfants. Cette démarche diminue les frustrations et la « rage », tout en acceptant d’écouter l’autre. Dans un quartier dit « difficile », Michael est défendu par sa mère, prête à résister. Elle se bat mais pense à la conciliation. Ses pas sont alors ceux de l’espoir.

Guadeloupe chroniques immédiates - Ma contribution au projet guadeloupéen de société, L’Harmattan
Oruno D. Lara
La Guadeloupe est-elle ce paradis que décrit la brochure publiée en 2011 sous l’égide du congrès des élus départementaux et régionaux, qui propose à notre réflexion un « projet de société  » et une « société de projets » ? Alors que la mondialisation étend ses grandes ailes, Oruno D. Lara invite à reconsidérer la Guadeloupe sous les décombres du système colonial et du système esclavagiste.

Le Petit Futé Guyane 2012/2013 est en rayon

22 novembre 2011 Livres Aucun commentaire

Dans la collection Country Guides du Petit Futé, vous pouvez désormais demander Guyane (Escapade au Surinam) 2012 – 2013. Le guide, disponible au prix de 15,95 euros, réunit les bonnes adresses et les hauts lieux de la nature où les rencontres avec l’authenticité du patrimoine environnemental ont déjà séduit bien des sceptiques. En plus de la Guyane, l’auteur du guide propose une escapade à quelques centaines de kilomètres à l’ouest de Saint-Laurent du Maroni, au Surinam, une traversée bien connue des Guyanais eux-mêmes.

Le Petit futé Guyane, escapade au Suriname

Le Petit futé Guyane (Escapade au Surinam)

Le guide vante les atouts qui contribuent traditionnellement à mettre en valeur les aventures à vivre en Guyane : les excursions sur les fleuves et les incursions en forêt qui s’imposent comme celles sur l’Approuague où, après avoir passé les sauts grâce à l’expérience des piroguiers, découvert la faune et la flore suite aux explications d’un guide, on peut s’installer dans un camp et se laisser vivre au rythme de la nature ou se prélasser dans la crique Angèle. Il est aussi possible de choisir le Sinnamary et profiter d’une expérience unique : voir la transformation du paysage suite à la construction du barrage de Petit-Saut, observer les toucans sur la cime des arbres et à l’arrivée s’offrir une partie de pêche et faire griller l’aïmara difficilement attrapé…

Le guide incite le voyageur à découvrir sur le sol guyanais les terres amérindiennes ou bushinengué, mais aussi les villages les plus récents comme Cacao à l’est de la Guyane et Javouhey à l’ouest, fondés respectivement en 1977 et 1979 avec l’arrivée des Hmongs qui en ont fait les exploitations qui fournissent aujourd’hui les marchés de Guyane…

Pour plus amples détails et d’authentiques éclaircissements sur ce qui attend le touriste que vous êtes en Guyane, se rapporter au guide…

Le Petit Futé Guyane – Escapade au Suriname 2012/2013
Peu fréquentée par les touristes, la Guyane mérite largement d’être découverte. Elle est malheureusement encore trop souvent précédée d’une mauvaise réputation : son passé de terre de bagne est-il trop lourd à oublier ? À moins que ce ne soit son climat équatorial qui effraie… Pourtant, la diversité linguistique et culturelle de ce département s’avère exceptionnelle et unique en France. La rencontre avec les différentes communautés de la Guyane offrira au visiteur d’inoubliables souvenirs de culture à partager. Ainsi, partir à la rencontre de l’autre sera une formidable opportunité de voyages : voyage chez les Bushinengué aux confins des villages du fleuve Maroni, accessibles uniquement en pirogue ; voyage initiatique en terre amérindienne à Awala-Yalimapo où viennent pondre chaque année des centaines de tortues luth ; voyage culinaire chez les Hmongs, agriculteurs raffinés de Cacao et de Javouhey ; voyage d’aventure sur les marais de Kaw à la recherche de caïmans ou bien encore voyage festif à Saint-Georges de l’Oyapock à la frontière brésilienne… Sans oublier toutes les aventures offertes aussi bien par les nombreux fleuves que par la forêt amazonienne : randonnées à Saül, cœur de Guyane ; séjour en camp sur le fleuve l’Approuague ne sont que des exemples.

N’oublions pas de citer le plus long carnaval du monde, riche en couleurs et en significations. La biodiversité extraordinaire n’échappera pas aux yeux du voyageur… Et que dire du contraste de la modernité lorsque l’on se retrouve assis dans la salle Jupiter du centre spatial guyanais ou lorsque l’on assiste à un tir de lanceur d’Ariane 5 ! Quant aux papilles gustatives, elles se réjouiront face aux merveilleuses saveurs locales aux dénominations exotiques : bouillon d’awara, jamais-goûter, kalawang de papaye verte, couac… le tout arrosé d’une rasade de Belle Cabresse. Et si certains aiment se dépenser, il n’est jamais trop tard pour danser le zouk, la salsa, le mérengué ou même le compas. La Guyane, terre de tous les possibles, terre préservée, terre à visiter !

Le Petit Futé Guyane (Escapade au Surinam) 2012-2013
Collection Country-Guides
Édition n°16 – 13,95 euros

« Échappées belles » sur la route des évadés du bagne, sur France 5 samedi 12 novembre 2011

12 novembre 2011 Télévision Aucun commentaire

© François Fèvre - Bo Travail

© François Fèvre - Bo Travail

Durant un voyage de 86 minutes, François Fèvre revient sur l’histoire du bagne qui était basé en Guyane et sur le parcours de Papillon et du docteur Bougrat, deux de ses évadés les plus célèbres. À voir ce samedi 12 novembre à 20 h 35 sur France 5.

La route de François Fèvre sur la trace des évadés du bagne le conduit à traverser plusieurs pays d’Amérique du Sud. Partant du camp de la transportation à Saint-Laurent du Maroni, dans l’ouest de la Guyane, il marche sur les pas des évadés à la rencontre des descendants et de personnalités. Il évoque avec eux l’histoire de ces hommes condamnés aux travaux forcés qui, s’ils réussissaient à s’échapper, traversaient le fleuve Maroni pour se retrouver au Surinam. Le réalisateur se rend dans ce pays et, dans un village amérindien, récolte auprès d’anciens des anecdotes sur les forçats qui faisaient étape sur cette ancienne colonie hollandaise en route vers la liberté. Partant du Surinam, il suit les centaines de kilomètres qui le conduisent à Georgetow, capitale du Guyana où il peut rencontrer le fils d’un bagnard évadé en 1939.

Ce voyage est aussi l’occasion pour le téléspectateur d’aller à la découverte de ces pays et de ces régions encore peu connues, de leur patrimoine et de leur environnement. Après un passage aux chutes Kaiteur (Guyana), parmi les plus hautes du monde, il doit faire escale au Brésil avant de finir sa route sur les traces du Docteur Bougrat qui, installé après son évasion au Venezuela, a marqué la vie des habitants de l’île de Margarita.

Entre 1857 et 1945, la France a déporté plus de 85 000 hommes et femmes au bagne de Cayenne. Astreints aux travaux forcés, ces prisonniers étaient destinés à remplacer les esclaves qui, avant l’abolition de 1848, étaient affectés à ces tâches effroyablement difficiles. Quelques prisonniers ont réussi à s’évader de Guyane, sans qu’il soit possible d’en connaître le nombre exact. Quelques détenus du bagne de Cayenne sont restés célèbres : Henri Charrière, dit «Papillon», qui a publié son autobiographie, mais aussi le docteur Bougrat, qui fut finalement libéré par le gouvernement vénézuélien. L’épopée de ces hommes ponctue les étapes d’un voyage entrepris sur leurs traces.

Sur la route des évadés du bagne (Échappées belles)
France 5
Samedi 12 novembre, 20 h 35
Dimanche 20 novembre, 15 h 10

Musiques Métisses : les couleurs Caraïbes à Angoulême du 10 au 12 juin

Kassav, Prince Koloni & Fondering, Kan’nida, Érik ou encore Little Guerrier porteront les couleurs de la Caraïbe lors du tout prochain Festival Musiques Métisses d’Angoulême. Au vu de la programmation, cette 36e édition ne dérogera pas à la règle de grand rendez-vous de la diversité et du métissage culturels : non seulement la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique prendront toute leur part aux côtés des nombreux artistes du Sud, mais le festival réussit à travers sa programmation à proposer une pluralité de rencontres littéraires , d’ateliers créatifs, de soirées débats et d’animations qui lui donnent toute sa dimension plurielle. Reste au public de répondre présent les 10, 11 et 12 juin, à l’île de Bourgines d’Angoulême.

Musiques métisses

Musiques métisses

La musique sera reine lors de ce festival, mais les invitations aux voyages se multiplieront lors de ces trois journées, notamment à travers les livres et les auteurs qui seront présents. Ainsi, sera suggéré « un voyage en haute mer métisse, en pays livres » avec des auteurs venus des Comores, de Bosnie, etc. Mais également d’origine cubaine comme Eduardo Manet (Les trois frères Castro, paru en 2010, Un Cubain à Paris, en 2009), avec un autre écrivain venu du sud, Laura Alcoba, arrivée à l’âge de 10 ans à Paris en provenance d’Argentine. Ils participeront à plusieurs rencontres en lien avec l’histoire de leur pays et avec ce qui rapproche les destinées de peuples qu’ils soient du sud ou d’ailleurs,  dans les thèmes : Manèges argentins et rhapsodie cubaine…, Souvenirs d’une enfance argentine, Mais comment peut-on être Cubain à Paris ?

Sous le Grand chapiteau… Kassav, le dimanche 12 juin
Parmi les grands moments musicaux de cette belle programmation, on retiendra entre autres les concerts de Tiken Jah Fakoly et de Maceo Parker. Mais parmi les autres rendez-vous caribéens de ce nouveau Musiques Métisses, il y aura le 12 juin à partir de 00 h 30, le groupe Kassav. Un feu d’artifice final, comme pour résumer en musique l’objet de ce festival, tel que l’imaginent les organisateurs : « sur le site de Bourgines, en bords de Charente, Musiques Métisses demeure une grande fête populaire, un moment privilégié de partage, d’échange et de découverte. Un festival ludique et solidaire, tolérant, multiculturel, ouvert à tous. L’antidote à toutes les dérives xénophobes ». Les membres du groupe Kassav ne seront pas les seuls représentants de la Caraïbe : parmi les 22 artistes et groupes présents qui se relaieront sous le Grand chapiteau et sur la scène le Mandingue, on retrouvera les rythmes et les pigments de plusieurs terres musicales. On appréciera Kan’nida et le gwoka de la région des Grands Fonds en Guadeloupe, on pénétrera les territoires musicaux caribéens, intégrant du gwoka comme du reggae ou de la biguine avec Erik, on découvrira un mélange des ghettos surinamais et guyanais, celui de Little Guerrier. Et on prêtera une oreille attentive à la musique de Prince Koloni, « avec des compositions originales en français, anglais, portugais, néerlandais, et les langues des Marrons. Son répertoire marie l’aleké et le reggae roots acoustique, au service d’un message universel de paix ». Encore une fois un exemple concret de ce que peut attendre un esprit curieux et ouvert aux échanges lors d’un tel festival.

Extrait de la programmation
Vendredi 10 juin
Tiken Jah Fakoly, reggae
Grande scène, à 00 h 30

Kan’nida, Gwoka
Mandingue, à 00 h 30

Samedi 11 juin
Little Guerrier, reggae
Mandingue, à 00 h 30

Dimanche 12 juin
Prince Koloni & Fondering, aleké et reggae roots
Grande scène, à 20 h 30

Erik, musique caribéenne (intégrant gwo-ka, reggae, biguine, soul, jazz, hip-hop, afro-beat ou chanson française)
Grande scène, 22 h 50

Kassav, Zouk
Grande scène, à 00 h 30

La littérature métisse aussi
Vendredi 10 juin, 19 h 30
Manèges argentins et rhapsodie cubaine… : avec Laura Alcoba (Argentine) et Eduardo Manet (Cuba)
Samedi 11 juin, 16 h
Refuser la route tracée par d’autres… : avec Velibor Colic (Bosnie), Salim Hatubou (Comores), Wahiba Khiari (Algérie) et Eduardo Manet.
Samedi 11 juin, 17 h 30
Souvenirs d’une enfance argentine avec Laura Alcoba
Samedi 11 juin, 18 h 45
Tito, Castro, Peron et eux : avec Laura Alcoba, Vélibor Colic et Eduardo Manet.
Dimanche 12 juin, 16 h
Hasta la victoria siempre… : avec Emmanuel Dongala (Congo) et Eduardo Manet.
Dimanche 12 juin, 17 h 15
Mais comment peut-on être Cubain à Paris ? , avec Eduardo Manet.
Dimanche 12 juin, 19 h 15
Une terre natale, si loin si proche, avec Laura Alcoba, Salim Hatubou, Wahiba Khiari et Ahuura Supply (Tahiti).

Expo : Guyanes Arts Marrons à la Mairie du VIe arrondissement de Paris jusqu’au 15 mai

Tabeaux, Tembe

Tabeaux, Tembe

Presse à manioc

Presse à manioc

Guyanes Arts Marrons, c’est une exposition présentée dans le cadre du Festival des outre-mers qui se tient à Paris. Présentée depuis le 29 avril, l’expo combine peinture, sculpture, gravure sur bois et métal, broderie et vannerie et divulgue une collection des arts pratiqués par les Marrons des deux côtés du Maroni, en Guyane et au Surinam.

Cette présentation est une mise en valeur des arts pratiqués par ces communautés. Avec Guyanes Arts Marrons, le Musée des Cultures Guyanaises et le Centre Culturel Mama Bobi révèlent un bel ensemble du registre artistique et esthétique dont les marrons ont hérité et qu’aujourd’hui encore ils maîtrisent. On retrouve dans cette exposition les objets et les instruments de la vie quotidienne ; la technique et le tour de main des artisans prennent « la dimension d’œuvre d’art » que les anthropologues Richard et Sally Price qualifient « d’arts afro-américains ». Ainsi, une pagaie ndjuka résulte d’un travail esthétique qui allie sculpture et peinture, un banc saramaka sculpté dans le bois arbore des motifs qui peuvent être ancestraux, etc. Une expression esthétique qui prend appui sur tous types d’articles ou d’ustensiles comme les plateaux ou les récipients en calebasse que les marrons descendants d’esclaves ont en partage avec certaines populations d’Afrique.

Banc Saramaka

Banc Saramaka

L’exposition présente aussi, notamment pour ce qui est de la vannerie, des objets adoptés et développés dans l’art marron et qui tirent leur authenticité des techniques amérindiennes comme lapresse à manioc ndjuka (couleuvre à manioc). Des procédés et une technicité auxquels s’ajoute une inventivité qui illustre bien du dynamisme culturel habilement entretenu dans les communautés Noirs marrons : Ndjuka, Aluku, Paramaka, Saramaka, Kwinti, etc.

Cette même inventivité que s’octroient les hommes, principalement pour ce qui concerne les travaux de sculpture mais aussi les Tembe. Et les femmes qui travaillent principalement le textile. Et si celles-ci s’adonnent à la sculpture de la calebasse, elles opèrent dans un style différent : alors que les hommes préfèrent les formes très géométriques, les femmes adoptent les formes libres. L’exposition met donc en exergue une « spécialisation par sexe » qui caractérise également l’histoire de ces sociétés. Une histoire et des arts qui trouvent leur source dans la diversité des origines africaines et dans les influences qu’ils côtoient.

Peigne afro, saramaka

Peigne afro, saramaka

Autre codification masculine, celle que l’on peut retrouver sur les tableaux peints, le ferti tembe, que l’on retrouve sur dans tout un pan de cette exposition. Plusieurs tableaux fruits de l’expression d’artistes comme Thomas Adiejontoe ou d’Antoine Lamoraille, aux côtés de ceux spécialement conçus pour cette exposition par Sawanie Pinas, qui compte parmi les artistes tembé les plus réputés de Guyane. Avec un ensemble d’adepte et héritier de cet art, il perpétue une tradition en même temps qu’il lui confère une contemporanéité qui garantit sa pérennité. Une collection de tableaux qui « invite les spectateurs à s’arrêter sur plus de 20 ans de création artistique et d’en discerner ainsi les liens de force et de rupture, les écoles, les styles et techniques propres à chacun des artistes exposés… », selon le centre culturel Mama Bobi.

Une diversité de composantes de l’art marron à découvrir dans le cadre du festival et qui conduit le visiteur à s’initier aux principes qui donnent lieu à la création de ces objets du quotidien et leur évolution.

Exposition Guyanes, Arts marrons
- jusqu’au dimanche 15 mai 2011 à la mairie du VIe arrondissement de Paris, 78 rue Bonaparte – Paris 75006
- lundi au vendredi de 11 h à 17 h, jeudi jusqu’à 19 h, samedi de 10 h à 12 h
- ouverture exceptionnelle : vendredi 13 mai au dimanche 15 mai de 11 à 19 h
- entrée libre

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