BEYOND THE STREETS : de New York à Paris

Pionniers du graffiti, photographes, artistes contemporains : BEYOND THE STREETS réunit à Paris plusieurs générations de créateurs pour raconter l’histoire d’une culture urbaine devenue mondiale.

Du 27 mai au 30 août 2026, la Grande Halle de La Villette accueille BEYOND THE STREETS, l’une des plus importantes expositions jamais consacrées au graffiti, au street art et aux contre-cultures urbaines. Imaginée par l’historien et commissaire américain Roger Gastman, elle réunit plus d’une centaine d’artistes et propose un voyage à travers plusieurs décennies de création, de New York à Paris en passant par Los Angeles.

Parmi les artistes invités figure JonOne, installé à Paris depuis près de quarante ans. Un nom familier du public français qui rappelle que les cultures urbaines se sont construites grâce aux circulations, aux rencontres et aux influences venues d’horizons multiples.

De New York à Paris
Né dans le New York des années 1970, le graffiti a progressivement quitté les rames du métro et les murs des quartiers populaires pour investir les galeries, les musées et l’espace public. BEYOND THE STREETS retrace cette évolution à travers les œuvres de plusieurs générations d’artistes.

Le parcours réunit ainsi des pionniers du mouvement comme TAKI 183, Lady Pink, CRASH ou FUTURA 2000, mais également des figures devenues incontournables de l’art contemporain telles que Keith Haring, Invader ou Shepard Fairey. Paris occupe naturellement une place particulière dans cette histoire comme le rappelle d’ailleurs Roger Gastman :« [la capitale]a longtemps été le sommet de l’échange, du débat et de l’influence artistiques, ce qui en fait le lieu critique par excellence pour examiner comment les pratiques issues de la rue ont intégré le canon de l’art contemporain tout en continuant à le défier de l’intérieur ».

Une constellation d’artistes
L’une des forces de l’exposition réside dans la richesse des artistes présentés. Graffeurs, peintres, photographes, musiciens, designers ou collectionneurs composent un vaste écosystème créatif. On y croise notamment Martha Cooper et Henry Chalfant, dont les photographies ont contribué à documenter les débuts du mouvement, mais aussi Fab 5 Freddy, figure essentielle de l’histoire du hip-hop, ou encore Kenny Scharf, acteur majeur de la scène artistique new-yorkaise des années 1980.

Cette richesse permet de comprendre que le graffiti ne s’est jamais développé de manière isolée. Il s’est nourri des échanges entre disciplines, des cultures populaires et des transformations sociales qui ont marqué les grandes métropoles américaines.

L’esprit du New York des années 1980
Certains noms évoquent immédiatement l’effervescence artistique du New York des années 1980. Keith Haring, Kenny Scharf, Fab 5 Freddy ou encore RAMMELLZEE appartiennent à cette génération qui a brouillé les frontières entre art contemporain, culture de rue et histoire du hip-hop. Leur présence dans BEYOND THE STREETS rappelle également, en filigrane, l’univers de Jean-Michel Basquiat. Né d’un père haïtien et d’une mère portoricaine, l’artiste demeure l’une des figures les plus emblématiques de cette époque. Sans être au cœur de l’exposition parisienne, son influence continue de traverser l’imaginaire associé au graffiti et aux contre-cultures urbaines.

Parmi les artistes présents, JonOne offre lui aussi un parcours singulier. Né à Harlem dans une famille originaire de République dominicaine, il s’est imposé comme l’un des grands noms du graffiti avant de faire de Paris sa ville d’adoption. Son itinéraire illustre à sa manière les circulations culturelles qui ont contribué à façonner ce mouvement bien au-delà de New York.

Plus qu’une rétrospective, BEYOND THE STREETS célèbre une culture vivante. L’exposition met en lumière les liens qui unissent générations, disciplines et territoires, depuis les pionniers du métro new-yorkais jusqu’aux artistes contemporains qui continuent d’explorer de nouveaux langages visuels.

Une occasion de découvrir ou redécouvrir les figures qui ont façonné l’histoire du graffiti, mais aussi de mesurer combien cette aventure artistique demeure, aujourd’hui encore, en perpétuel mouvement.

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