« L’audiovisuel guyanais, un véritable défi pour l’avenir » (Pélagie Serge Poyotte)

Le réalisateur en arrière plan

Pélagie Serge Poyotte (aka Francis Luckas) nous parle de son dernier moyen métrage, Beautiful (lire l’article sur le site). Le film a été projeté du 8 au 11 décembre dernier dans plusieurs villes de Guyane, où il a été tourné.

E-karbe – Pour commencer, pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre actualité et notamment la sortie de votre dernier film Beautiful ?
Pélagie Serge PoyotteJe viens de présenter mon moyen-métrage Beautiful en Guyane (de Matoury à Saint-Laurent du Maroni, du 8 au 11 décembre 2010) avec le soutien du CICA dans le cadre du dispositif « Passeurs d’Images ». Beautiful est une histoire d’amitié et une histoire d’amour qui traite en arrière-plan de l’importance de Damas dans la société créole guyanaise. J’ai choisi des acteurs guyanais, tels que Ricky Tribord et Stana Roumillac pour interpréter la plupart des rôles principaux du film. J’ai aussi fait appel à un comédien réunionnais, Camille Bessière-Mithra, pour jouer aux côté de Ricky. La distribution est complétée par Émilie Simmonet, Philippe Passon, Greg Germain, Serge Abatucci, Ewlyne Guillaume entre autres. Le film s’est tourné en novembre 2009 de Cayenne à Saint-Laurent du Maroni durant 15 jours. C’est une co-production Palaviré Productions et Guyane 1re (ex-RFO).

EK – Vous évoluez depuis plusieurs années dans le le milieu du cinéma, quel regard portez-vous aujourd’hui sur la production cinématographique guyanaise, même caribéenne ?
PSP Le cinéma guyanais pour l’instant est le parent pauvre du cinéma antillo-guyanais et caraïbéen. Comparé à la Guadeloupe et à la Réunion, la Guyane manque foncièrement de moyens. Sauf que ce manque de moyens est compensé par une volonté farouche des réalisateurs de la nouvelle génération à faire mentir les statistiques. Il y a de nouveaux talents qui émergent. Marc Barrat, Olivier Sagne, Pierre-Olivier Pradineau, Cédric Simmoneau, Carl Lérus, Philippe Passon, David Schaeffer, Samy Nalège, Andrew Sébas et Véronique Loit, entre autres, ont de vrais potentiels pour faire du cinéma et de l’audiovisuel guyanais un véritable défi pour l’avenir. Le milieu du cinéma métropolitain nous ignore, voire porte un regard condescendant à notre égard ; le reste du monde ne sait pas que nous existons. Orpailleurs, de Marc Barrat, a permis à son niveau de commencer un travail de défrichement. Avec cette nouvelle génération de réalisateurs, aussi déterminés que talentueux, les choses vont changer, croyez-moi !

EK – L’actualité présente, c’est Beautiful. Quel est votre agenda avec ce film après la Guyane et y a-t-il d’autres projets dont vous pouvez nous parler ?
PSP – Beautiful va faire sa vie, je l’espère, dans les festivals en métropole comme à l’étranger. Il sera diffusé sur Guyane 1re au mois de février 2011. Mes projets sont des longs-métrages en tant que scénariste et peut-être que mon prochain long en tant que réalisateur, je le ferai en métropole. Nous verrons bien…

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