Jean-Marie Tjibaou, Aimé Césaire et Gaston Monnerville sur France Ô le dimanche 5 mai 2013

Outre-mer en doc, sur France Ô, revient sur les parcours de trois personnalités qui ont contribué à écrire les différentes histoires de leur pays, en l’occurrence la Guyane, la Martinique et la Nouvelle Calédonie. Au-delà de leurs territoires géographiques respectifs, ils ont marqué l’histoire contemporaine française. Avec « Place des grands hommes », diffusé le dimanche 5 mai 2013 à partir de 15 h, France Ô retrace les récits de vie pas comme les autres de Jean-Marie Tjibaou, d’Aimé Césaire et de Gaston Monnerville.

Aimé Césaire, le nègre fondamental
Aimé Césaire, le nègre fondamental

Aimé Césaire, le nègre fondamental ; Jean-Marie Tjibaou, la parole assassinée ? et Gaston Monnerville, la mémoire retrouvée : trois films entre histoire et société qui apportent des éléments de compréhension des relations entre la France et les terres d’origine de ces trois personnalités politiques. France Ô revient sur les parcours de « trois hommes qui ont mené le combat pour une France riche, fraternelle et plurielle ».

Jean-Marie Tjibaou, la parole assassinée ? / Auteurs : Wallès Kotra et Gilles Dagneau – Réalisation : Gilles Dagneau
Wallès Kotra et Gilles Dagneau, auteurs de Jean-Marie Tjibaou, la parole assassinée ?, dépeignent le portrait du leader calédonien disparu le 4 mai 1989 à Ouvéa, et, à travers celui-ci, le paysage intellectuel de son pays et donc ce qui explique son engagement. Un combat politique qui a marqué les populations notamment aux Antilles et en Guyane, avec un rôle central dans la fondation et la vie du FLNKS, puis la place de leader du gouvernement provisoire de Kanaky à partir de décembre 1984 et enfin le signataire des Accords de Matignon, autant de circonstances qui ont jalonné la vie de Jean-Marie Tjibaou et font l’histoire de la Nouvelle-Calédonie.

A partir d’archives inédites et de témoignages de proches, « La parole assassinée » retrace l’itinéraire du jeune Jean-Marie Tjibaou, du sacerdoce au combat pour l’indépendance kanak. Un combat politique que Tjibaou a toujours placé sous le signe de la culture. Fondateur en 1984 et leader du FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste), vice-président du Conseil du Gouvernement de Nouvelle-Calédonie, signataire des Accords de Matignon, Jean-Marie Tjibaou est assassiné le 4 mai 1989 lors de la cérémonie coutumière en hommage aux victimes de la grotte d’Ouvéa. Le film témoigne d’un engagement sans faille, de la réflexion d’un leader lucide qui tente de jeter les bases de l’économie kanak de demain mais surtout de la solitude d’un homme sage expliquant aux militants le long processus vers l’Indépendance.

Aimé Césaire, le nègre fondamental / Auteur, François Fèvre – Réalisation : Laurent Chevallier et Laurent Hasse
2013 est l’année Césaire, en l’occurrence celle du 100e anniversaire de sa naissance et la rediffusion de ce documentaire vient s’ajouter aux nombreux moments qui accompagnent ces mois de commémoration. Sorti en 2007, le film raconte Césaire et sa relation avec la ville de Fort-de-France dont il fut maire durant 50 ans. L’itinéraire de la destinée du poète resté des années au service de ses concitoyens.

Ce petit homme-là a reçu la reconnaissance des plus grands. Écrivain, poète, dramaturge, il est l’inventeur du terme ’négritude’. Figure politique de gauche, il fut maire de Fort-de-France pendant cinquante-six ans. A 94 ans, Aimé Césaire consacrait encore toute son énergie à ses concitoyens de la Martinique. Les réalisateurs de ce film ont accompagné sur le terrain celui qui, au crépuscule de sa vie, conservait intacts sa réflexion, ses convictions et son engagement pour la fraternité des peuples et la dignité du sien.

Gaston Monnerville, la mémoire retrouvée – Réalisation : André Bendjebbar
Le Guyanais Gaston Monnerville fut le deuxième personnage de l’État : c‘est l’un des aspects du parcours de cette figure politique que passe en revue le film d’André Bendjebbar. L’homme d’État est également celui qui a joué à Nantes en 1931 un rôle de premier ordre dans le procès éminemment politique des insurgés de Cayenne, lors duquel il effectuera une plaidoirie qui marquera le jury.

Qui se souvient aujourd’hui de Gaston Monnerville, qui fut à une époque le deuxième personnage de l’État ? Il occupa, de 1947 à 1968, le fauteuil de président du Conseil de la République puis celui du Sénat. Avocat, homme politique et résistant, il est l’initiateur de la suppression du bagne de Cayenne et de l’entrée de la Guyane, de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Réunion dans le giron des départements français. Vingt ans après sa disparition, les générations futures pourront-elles encore se souvenir de Gaston Monnerville, descendant d’esclave, né en Guyane en 1897, et élu de la République ?

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