Du 11 au 13 juin 2026, la Médiathèque Ernest J. Pépin du Lamentin accueillera la troisième édition du Festival Jamais Lu Caraïbe. Organisé par Textes En Paroles en partenariat avec le Jamais Lu de Montréal, l’événement met à l’honneur des textes inédits issus des francophonies québécoise et caribéenne à travers des lectures théâtrales portées par des artistes professionnels.
Placée sous le thème Bouger les lignes, cette nouvelle édition entend faire entendre des écritures qui interrogent les certitudes, déplacent les regards et ouvrent de nouveaux espaces de réflexion. Pendant trois jours, dramaturges, metteurs en lecture, comédiens et publics se retrouveront autour de créations nées des résidences croisées d’écriture menées entre le Québec et la Caraïbe.
Parmi les textes présentés, Résonances de Samantha Clavet ouvrira le festival. L’autrice québécoise y explore les mécanismes de la dépendance à travers la relation complexe entre une mère et son fils, sur fond de crise des opioïdes. La lecture sera mise en espace par le comédien et metteur en scène Yohann Pisiou.
Autre temps fort, Corps Noirs de Stella Lemaine, jeune artiste québécoise d’origine haïtienne, propose un théâtre documentaire consacré à la mémoire noire. Entre récits, travail corporel et réflexion sur les héritages du racisme, l’œuvre interroge les blessures invisibles tout en ouvrant des perspectives de résilience et de création. La lecture sera dirigée par Anne Monfort, dont le travail accorde une place importante aux répertoires afro-diasporiques.
La programmation témoigne également de la diversité des écritures contemporaines. Avec Un Lamantin rose bonbon, le Guyanais Thibaut Nogara Granier aborde les questions d’identité et d’homosexualité à travers le regard d’un jeune homme se préparant à déclarer son amour lors du carnaval de Cayenne. De son côté, le Guadeloupéen Dominik Bernard imagine dans Île(s) à vendre… avant la montée des eaux un récit d’anticipation où trois survivants tentent de reconstruire du sens après un cataclysme planétaire.
Au-delà des lectures, le Festival Jamais Lu Caraïbe affirme sa vocation de lieu de dialogue entre les territoires et les imaginaires. Le Bokantaj consacré aux dramaturgies franco-créolophones ainsi que le cabaret de clôture réunissant les auteurs prolongeront ces échanges entre artistes québécois et caribéens. Une manière de rappeler que les écritures contemporaines se nourrissent aujourd’hui de circulations, de rencontres et de prises de parole capables, elles aussi, de faire bouger les lignes.