Alors que l’album KAY ! Lettres à un poète disparu paraîtra le 26 juin prochain, l’année du centenaire du passage de Claude McKay en France continuera de faire résonner la voix de l’écrivain jamaïcain à travers de nombreux événements initiés notamment par le collectif KAY. Une attention plus que jamais fondée, qui trouvera de nouveaux prolongements à l’occasion du Festival d’Avignon 2026.
Depuis plusieurs mois, spectacles, rencontres, projections, publications et créations artistiques contribuent à remettre en lumière une œuvre dont la force politique et poétique n’a rien perdu de sa pertinence. Cette dynamique trouvera un nouvel écho pendant le prochain Festival d’Avignon, où plusieurs rendez-vous rendront hommage à celui qui fut l’une des grandes figures de la Harlem Renaissance. Entre création musicale, spectacle vivant, rencontres et lectures, l’œuvre de Claude McKay poursuit son voyage et continue d’interroger notre rapport au monde.
Premier temps fort de cette nouvelle séquence : la sortie de l’album KAY ! Lettres à un poète disparu, né du spectacle du même nom. Réunissant Lamine Diagne, Mike Ladd, Alain Damasio et Juice Aleem, ce projet propose un hommage vibrant à l’œuvre de Claude McKay tout en faisant entendre la résonance contemporaine de sa pensée. L’album offre ainsi l’occasion de découvrir ou redécouvrir l’écriture d’une voix majeure du XXe siècle, dont l’influence continue d’inspirer de nombreux artistes.
Parmi eux, Alain Damasio, dont les récits explorent les formes de domination et les possibilités d’émancipation. Sa rencontre avec l’œuvre de McKay est au cœur du titre J’ai reçu ce choc Claude McKay, présent sur l’album à paraître chez le Label Maison Bleue. Sa participation apporte une dimension supplémentaire à ce dialogue entre littérature, création musicale et réflexion sociétale.
KAY ! Lettres à un poète disparu, création musicale inspirée du roman Banjo et nourrie par l’histoire cosmopolite du Marseille des années 1920, prolonge un dialogue imaginaire entre les artistes et le poète jamaïcain. Les textes de Claude McKay y rencontrent ceux de Lamine Diagne dans un répertoire de compositions originales porté par un collectif de musiciens réunissant notamment Wim Welker, Ben Rando, Sam Favreau, Christophe Lincontang et Jérémi Martinez.
À travers slam, poésie, jazz et expérimentations sonores, l’album propose moins une célébration patrimoniale qu’une conversation vivante avec l’écrivain jamaïcain. Les interventions de Mike Ladd, Juice Aleem et Alain Damasio un ensemble de voix singulières à cette traversée poétique et musicale. À la fois hommage, correspondance imaginaire et aventure collective, l’album fait résonner la parole visionnaire de Claude McKay dans une création profondément ancrée dans le présent.
Claude McKay au Festival d’Avignon
Cette aventure artistique se prolongera au Festival d’Avignon avec KAY ! Lettres à un poète disparu, présenté au Théâtre des Halles du 4 au 25 juillet (relâche les 8, 15 et 22 juillet). Conçu par Matthieu Verdeil et Lamine Diagne, le spectacle mêle lectures, jazz, slam, archives visuelles et témoignages contemporains.
La présence de Claude McKay à Avignon se poursuivra également le 15 juillet dans le cadre du cycle Le Souffle d’Avignon, avec la lecture musicale Fighting Back! Claude McKay. Cette création réunira Alain Damasio, Mike Ladd, Lamine Diagne et les musiciens de KAY ! pour une soirée où poésie, musique et performance se rencontreront autour de l’œuvre de l’écrivain. Le titre de cette création fait directement référence aux derniers mots du célèbre poème If We Must Die : « fighting back! ». Une formule qui résume à elle seule la force de résistance qui traverse l’ensemble de l’œuvre de McKay.
Cette redécouverte de Claude McKay dépasse largement le cadre français. Des deux côtés de l’Atlantique, chercheurs, artistes et institutions contribuent à faire revivre une œuvre longtemps restée à la marge des grands récits littéraires du XXe siècle. Aux États-Unis, le documentaire Once Upon a Time in Harlem, construit à partir des archives du réalisateur William Greaves, participe à remettre en lumière l’histoire de la Harlem Renaissance et les figures qui l’ont façonnée, dont celle de Claude McKay. Dans un autre registre, des créations comme Electric Renaissance témoignent elles aussi de la vitalité persistante de cet héritage poétique et intellectuel.
Cent ans après son séjour en France, la voix de Claude McKay continue ainsi de circuler entre les continents, les générations et les disciplines artistiques. Une voix libre, voyageuse et profondément moderne, dont les interrogations sur la dignité humaine, la liberté et le vivre-ensemble demeurent plus que jamais d’actualité.