Présenté dans le cadre du TOMA lors du Festival Off d’Avignon, Descendante de combattantes est un seul en scène imaginé et interprété par la chorégraphe martiniquaise Tatiana Seguin. Inspirée de Des vies de combat de l’historienne Audrey Célestine, cette création propose une rencontre entre histoire, danse et mémoire autour de figures féminines noires qui ont marqué leur époque.
Comment un travail d’historienne consacré à plus de soixante femmes peut-il devenir matière chorégraphique ? En choisissant le corps et le mouvement plutôt qu’une approche documentaire, Tatiana Seguin invite à explorer autrement les héritages de lutte et les questions de transmission qu’ils continuent de soulever. Une rencontre entre histoire et danse à découvrir à la Chapelle du Verbe Incarnée du 4 au 23 juillet 2026, à Avignon.
Quand l’histoire rencontre la danse
Publié en 2020, Des vies de combat (L’Iconoclaste) rassemble plus de soixante portraits de femmes noires qui, des Antilles aux États-Unis en passant par la France, ont contribué à transformer leur époque. Historienne et politiste, Audrey Célestine redonne ainsi toute leur place à des personnalités célèbres ou moins connues, parmi lesquelles Suzanne Roussi-Césaire, Paulette et Andrée Nardal, Christiane Taubira, mais aussi Rosa Parks, Audre Lorde ou Nina Simone.
À partir de cette matière historique, Tatiana Seguin imagine une création qui privilégie le langage du corps pour interroger la manière dont ces parcours continuent de résonner aujourd’hui. Elle « prend la parole en fusion avec les écrits d’Audrey Célestine » pour faire esquisser le « portrait de grandes figures féminines noires de l’Histoire ayant œuvré pour la Liberté, l’Égalité et la Dignité. Ce seule en scène passe par la danse et le texte pour faire résonner cette quête identitaire en chacun·e des spectateurs·rices ». Assistée par Déborah Moreau à la dramaturgie et à la scénographie, la chorégraphe propose ainsi une forme où la danse et la parole deviennent les vecteurs d’une mémoire en mouvement.
Pour parler de ces trajectoires réunies par Audrey Célestine, Descendante de combattantes semble vouloir s’attacher à la question de leur transmission. Le spectacle laisse entrevoir une réflexion sur ce qui demeure de ces engagements, sur ce qu’ils inspirent encore et sur la manière dont ils peuvent continuer à nourrir les imaginaires contemporains.
Cette approche rejoint la vocation du TOMA, qui accueille des créations où les mémoires ne sont jamais envisagées comme des récits figés, mais comme des ressources pour penser le présent.
À travers cette proposition, Tatiana Seguin poursuit une recherche artistique qui fait dialoguer écriture chorégraphique, histoire et identité. En s’appuyant sur le travail d’une historienne plutôt que sur une fiction, Descendante de combattantes ouvre une voie singulière pour évoquer les héritages féminins et les inscrire dans une création résolument contemporaine. Une invitation à découvrir comment la scène peut, à son tour, devenir un lieu où se transmettent des histoires et des combats.