TOMA 2026 : « Incorrigibles », la danse comme acte de résistance

Incorrigibles (Destins brisés des bagnardes de Guyane) est la nouvelle création de la compagnie Entropique. Océane Chapuis et Jeanne Zerwetz, duo de danse contemporaine, présenteront cette pièce dans le cadre de la programmation TOMA à Avignon, sur la scène de la Chapelle du Verbe incarné, du 12 au 16 juillet 2026, pour cinq représentations.

À travers l’histoire oubliée des femmes envoyées au bagne de Guyane entre 1859 et 1905, les chorégraphes Océane Chapuis et Jeanne Zerwetz annoncent une création qui croise mémoire historique et écriture chorégraphique. Une création qui explore, par la danse, la mémoire des bagnardes de Guyane et fait de la sororité une réponse à la domination des corps.

Incorrigibles (Destins brisés des bagnardes de Guyane) puise dans un épisode largement méconnu de l’histoire coloniale française pour nourrir un duo de danse contemporaine. Créé par la Compagnie Entropique, le spectacle est présenté dans le cadre de la programmation TOMA du Festival Off d’Avignon, à la Chapelle du Verbe incarné, du 12 au 16 juillet 2026.

Derrière cette histoire collective se dessinent aussi des destins singuliers. Celui de Lumina Sophie, devenue l’une des grandes figures de l’insurrection du sud en Martinique avant d’être déportée au bagne de Guyane, où elle mourra à Saint-Laurent-du-Maroni. Longtemps restée dans l’ombre, son histoire a retrouvé une place dans la mémoire collective grâce au travail de l’historien Gilbert Pago, qui lui a consacré une biographie. Celle de Marie Bartete, autre femme au destin exceptionnel, récemment remise en lumière par un documentaire signé Katia-Christiane Ferré. Des recherches qui témoignent aussi de cette volonté de faire sortir ces parcours de l’oubli. En s’inspirant de ces trajectoires, Incorrigibles participe à son tour à ce travail de mémoire et cherche à « mettre en résonance les drames d’hier et les luttes d’aujourd’hui » comme le promettent Océane Chapuis et Jeanne Zerwetz.

Incorrigibles : la sororité face à l’Histoire
Le spectacle s’annonce comme une traversée sensible de cette mémoire. La compagnie fait le choix du mouvement pour évoquer ces existences : des corps qui se soutiennent, se relèvent, s’effleurent, s’agrippent et résistent. Une écriture chorégraphique qui semble chercher moins à illustrer les événements qu’à en faire ressentir la violence autant que l’humanité. Un parti pris qui suscite la curiosité et l’intérêt. Là où l’on pourrait attendre une fresque historique, Incorrigibles semble vouloir déplacer le regard vers ce que les corps portent encore aujourd’hui. Le passé colonial se confronte à des questionnements toujours d’actualité : les violences faites aux femmes, le contrôle exercé sur leurs corps et les formes de résistance qu’elles inventent.

Cette résistance, Jeanne Zerwetz et Océane Chapuis ont choisi de l’envisager collectivement. La relation entre les deux interprètes laisse entrevoir une place essentielle accordée à la sororité : bien plus que comme un concept, mais comme une présence physique, un soutien, une manière de tenir debout lorsque tout vacille. Elles poursuivent également le travail que mène la compagnie autour des récits invisibilisés et de la mémoire. En croisant histoire, danse et engagement artistique, Incorrigibles annonce une proposition qui s’adresse autant à la sensibilité qu’à la réflexion.

Entropique défend « une approche sensible et poétique du geste chorégraphique où la danse est une invitation au partage, à la joie et à la rencontre ». Avec Incorrigibles, elle invite le public du Off d’Avignon à découvrir une histoire longtemps reléguée dans l’ombre, portée par deux corps qui choisissent la danse pour la faire ressurgir.

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