À Saint-Laurent du Maroni, en Guyane, le Centre dramatique Kokolampoe ouvre une nouvelle saison théâtrale placée sous le signe de la création et des écritures contemporaines. Premier rendez-vous de cette rentrée culturelle : Aura-Nicée, les 25 et 26 septembre, au cœur du Camp de la Transportation.
Avec Aura-Nicée, deuxième volet du cycle de performances Les Dionysiaques, les artistes Léonor Gellibert et Darius Grenier invitent le public à une traversée entre théâtre, archives et création radiophonique. Une nouvelle version pensée en Guyane et portée sur scène par la comédienne guyanaise Kimmy Amiemba.
Quand les archives prennent la parole
Présenté les vendredi 25 et samedi 26 septembre à 20 heures, Aura-Nicée fait partie du cycle Les Dionysiaques, un projet artistique qui s’intéresse aux récits laissés en marge de l’Histoire et aux traces de vies minorisées. Après Ariane, premier volet présenté lors des Tréteaux du Maroni en 2025, ce deuxième « chant » poursuit la recherche autour des archives, avec un ancrage particulièrement fort dans le territoire guyanais.
La forme est pour le moins intrigante : ici, le théâtre rencontre la radio. Sur scène, une ancienne bagnarde devenue lavandière fait son apparition et se retrouve embarquée dans une émission radiophonique imaginaire, celle des « archives de celles et ceux qui refusent de se soumettre ». Le récit se construit alors entre parole, documents administratifs et création sonore, jusqu’à faire dialoguer l’univers des anciennes bagnardes avec celui des figures féminines de l’Antiquité.
Le public n’est d’ailleurs pas seulement spectateur. Il est invité à écouter, à relier les fragments, à devenir en quelque sorte le dépositaire de ces histoires.
Cette création est l’aboutissement d’un travail mené en résidence à Kokolampoe du 7 au 23 septembre par Léonor Gellibert, Darius Grenier et Kimmy Amiemba. Une étape guyanaise importante pour Les Dionysiaques, dont le premier volet, Ariane, avait été présenté lors des Tréteaux du Maroni en 2025.
Kokolampoe, de l’Ouest guyanais à Avignon
Cette rentrée intervient après un été qui aura permis à Kokolampoe de faire entendre les voix de la Guyane et la Martinique au dernier Festival d’Avignon avec trois créations d’Alfred Alexandre mises en scène par sa directrice Ewlyne Guillaume.
À Saint-Laurent du Maroni, la saison se poursuit désormais avec une programmation qui s’annonce riche en spectacles, rencontres et événements. De quoi rappeler, s’il le fallait, que l’Ouest guyanais est bien l’un des territoires où la création culturelle se vit avec intensité.