Appel à communications pour le colloque « Éloge de la créolité, 25 ans après »

En 1989, Jean Bernabé, Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant publiaient Éloge de la créolité. Cette œuvre a eu un fort retentissement dans le monde des idées, dans la Caraïbe mais aussi aux États-Unis. Le Winthrop-King Institute for Contemporary French and Francophone Studies de l’Université de Florida State a décidé d’organiser du 21 au 23 octobre 2014 un colloque international sur le thème « Culture / Identité / Politique : Éloge de la créolité, 25 ans après ». Les organisateurs lancent un appel à communications en français, en anglais ou en créole qui sera clos le 1er mars 2014.

Depuis sa publication en 1989, Éloge de la créolité a connu des fortunes diverses: généralement accueilli avec enthousiasme lors de sa première parution, il est rapidement devenu très controversé et a par la suite été largement critiqué, au point où l’on se demande s’il a toujours une capacité à éclairer les cultures des sociétés caribéennes et créoles.

Pour marquer le 25e anniversaire de sa publication, ce colloque pose cette même question, et prévoit trois grands domaines de discussion : premièrement, les fortunes de l’Éloge lui-même et le travail ultérieur de ses auteurs ; d’autre part, la manière dont l’Éloge a été reçu par et a influencé d’autres auteurs et cultures « créoles » ; troisièmement, d’autres théorisations de l’identité et de la culture des Caraïbes développées au cours des 25 dernières années.

Un point central sera ainsi l’impact de l’Éloge et sa formulation de la créolité ; nous nous demanderons si, malgré les critiques qu’il a reçues, il a de façon non reconnue fait progresser la compréhension générale des cultures caribéennes et créoles ; si l’Éloge et le concept même de la créolité ont un avenir, ou s’ils apparaissent désormais simplement anachroniques.

En même temps, le colloque examinera plus largement la question de l’identité culturelle et politique aux Caraïbes au cours des 25 dernières années. L’Éloge constituait une intervention précoce dans ce débat, qui s’est développé vigoureusement au cours du quart de siècle suivant, et il ne peut être évalué que dans ce contexte. Sa prétention à remplacer les identités raciales et essentialistes avec une « diversalité » en constante évolution a été contestée par une variété d’autres auteurs de la Caraïbe et au-delà de la région, et la « créolité » a, dans une large mesure, été supplantée par la « créolisation ». L’Éloge doit donc être comparé, explicitement ou implicitement, avec les travaux d’autres auteurs sur la culture et l’identité des Caraïbes.

Nous lançons un appel à communications en français, en anglais ou en créole sur tout sujet tenant au thème général du colloque. Il peut s’agir de communications individuelles ou de tables-rondes, chaque table-ronde consistant normalement en trois communications. Les communications seront sélectionnées selon leur valeur scientifique et leur originalité. La liste de thèmes esquissés ci-dessous est indicative et non exclusive :

  • Avec l’avantage de 25 années de recul, l’importance de la publication de l’Éloge, et la pertinence aujourd’hui des discussions qu’il suscitait.
  • Comment le travail des trois auteurs de l’Éloge a-t-il changé pendant ces 25 ans ?
  • L’influence de l’Éloge sur les débats culturels aux Caraïbes, et ailleurs.
  • Dans la mesure où l’Éloge est aussi un manifeste littéraire, son influence sur la production littéraire de la région, et sur les études critiques de cette dernière.
  • Est-ce que la littérature antillaise est encore, comme disait l’Éloge, dans un état de « prélittérature » ?
  • La relation entre le concept de la créolité et celui de la créolisation.
  • Dans quelle mesure les concepts de la créolité et de la créolisation développés dans la Caraïbe francophone peuvent-ils être appliqués à d’autres régions des Caraïbes et à d’autres régions du monde ?
  • Les intersections entre les théories de la créolisation et les questions de race, de classe sociale, de sexe, et de sexualité.
  • Le statut des ethnies « mineures » des Caraïbes (par exemple : les Indiens, les Syriens, les Chinois) dans les discours de la créolisation.
  • Le travail d’autres théoriciens de la culture et de l’identité des Caraïbes (par exemple : Glissant, Ménil, Brathwaite, Benítez-Rojo).
  • Le rôle, s’il y en a, des définitions de l’identité culturelle dans les luttes politiques de la Caraïbe.
  • L’Éloge et l’histoire des manifestes littéraires des Caraïbes.
  • Comment l’Éloge a-t-il fait avancer, ou non, le statut des langues créoles ?
  • La créolité et la commercialisation des cultures créoles (dans, par exemple, l’édition et le tourisme).

La date limite pour les propositions est le 1er mars 2014.

Voici la liste des chercheurs invités : Dominique Chancé (Université Bordeaux III), Françoise Lionnet (UCLA), H. Adlai Murdoch (Tufts University), Richard Price (College of William and Mary) et Sally Price (College of William and Mary)

Source : Repeating Islands

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