Geronimo en Guyane (et en BD) le 9 avril

Les éditions Vents d’Ouest publient, le 9 avril prochain, l’album Il s’appelait Geronimo. La première partie de cette bande dessinée d’Étienne Davodeau et Joub se déroule en Guyane. Le scénario comme les images rendent un bel hommage au territoire sud-américain.

Élevé en France dans une ferme coupée du monde, Geronimo est un jeune garçon un peu paumé qui rêve d’aller aux États-Unis. Un jour, il prend son courage à deux mains et décide d’embarquer illégalement à bord d’un cargo. Persuadé de se rendre au fameux « pays des Indiens », il découvre qu’il fait en réalité route vers la Guyane. Là-bas, sans ressources, obligé de faire la manche pour survivre, il va lui falloir un sérieux coup de pouce du destin pour s’en sortir…

Avec Il s’appelait Geronimo, leur nouvel album qui paraîtra le 9 avril prochain aux éditions Vents d’Ouest, le scénariste Étienne Davodeau et le dessinateur Joub donnent une nouvelle tournure à la vie de leur héros auquel ils avaient consacré trois tomes entre 2007 et 2012 (parus aux éditions Dupuis). Ces albums contaient les chroniques d’un personnage asocial sympathique à la recherche de son identité. Leur nouveau travail en commun les amène à proposer une solution étonnante et touchante à cette quête.

La première partie de l’album donne une large place aux paysages de la Guyane. Le dessinateur et coloriste Joub, qui réside en Guyane depuis 2012, a su reproduire très fidèlement l’ambiance particulière de la forêt tropicale. De nombreuses pages sans bulles ni commentaires s’enchaînent et génèrent une réelle envie d’aller vérifier sur place comment se passent les nuits en carbet.

Ce travail qui a duré deux ans est illustré à la fin de l’album, avec un cahier supplémentaire composé des recherches graphiques des auteurs et de leurs photos de repérage. L’album donne l’occasion de retrouver la forêt, donc, mais aussi les rues de Cayenne, son marché et son aéroport, de jour comme de nuit. Le lecteur qui aurait eu l’occasion de passer un peu de temps en Guyane ne pourra que constater combien le dessinateur a su en quelques cases faire partager son expérience de vie sur place. C’est grâce à son talent que le lecteur peut retrouver la luminosité particulière, la chaleur et l’humidité de ce territoire équatorial.

Au-delà de l’ambiance graphique, le scénariste Étienne Davodeau, célèbre notamment pour son roman graphique Les Ignorants, a souhaité situer l’action en Guyane pour évoquer le problème de l’identité. Quel autre pays que la Guyane, connue pour cette problématique, pouvait apporter des perspectives à un jeune homme sans-papiers qui découvre le monde ? De fait, la Guyane apparaît comme le territoire de tous les possibles, promesse d’une vie nouvelle pour le héros, tout en montrant que la misère n’est pas forcément moins pénible au soleil.

Si les auteurs ont su magnifier bien des aspects de la Guyane, on ne pourra pas manquer de s’interroger sur la façon dont ils auraient pu traiter le rapport entre Geronimo et les Amérindiens. Un petit manque qui ne gâche rien de la lecture de cet album réussi.

Il s’appelait Geronimo
Éditions Vents d’Ouest
Hors Collection
128 pages, 18,25 euros

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