Il est des nuits, de Léon Gontran Damas (Pour Alejo Carpentier)

Il est des nuits (Pour Alejo Carpentier)
(7e semaine)

Il est des nuits sans nom
il est des nuits sans lune
où jusqu’à l’asphyxie
moite
me prend
l’âcre odeur de sang
jaillissant
de toute trompette bouchée

Des nuits sans nom
des nuits sans lune
la peine qui m’habite
m’oppresse
la peine qui m’habite
m’étouffe

Nuits sans nom
nuits sans lune
où j’aurais voulu
pouvoir ne plus douter
tant m’obsède d’écœurement
un besoin d’évasion

Sans nom
sans lune
sans lune
sans nom
nuits sans lune
sans nom sans nom
où le dégoût s’ancre en moi
aussi profondément qu’un beau poignard malais.

(Léon Gontran Damas, Pigments, Présence Africaine, 1972, 2003, 2005, p. 27)

One thought on “Il est des nuits, de Léon Gontran Damas (Pour Alejo Carpentier)

  • 6 janvier 2016 at 10:43
    Permalink

    Oui il de nuit sans nom, il est de nuit sans lune aux U.S.A parfois dans le monde noir, defois sur les mondes noires c’est écoeurant… Damas tu a beaucoup dit mais nous vivons toujours ce que tu à vécu!

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