Kreol, l’album de Mário Lúcio dédié à l’océan atlantique

Kreol, le nouvel album de Mário Lúcio dédié à l’océan atlantique, peut s’apprécier comme un manifeste consacré à la créolité. Il donnera un concert exceptionnel au New Morning le jeudi 31 mars 2011 à partir de 20 h 30,

La musique, les textes et les interprètes qui posent leur voix sur Kreol à côté de celle de Lúcio Matias de Sousa Mendes, connu comme Mário Lúcio, laisse la sensation d’un itinéraire spirituel et commenté qui a conduit cet artiste du Cap-Vert, son pays d’origine, à traverser l’Atlantique jusqu’aux Amériques après un détour judicieux par le continent africain. Milton Nascimento, Pablo Milanes, Cesaria Evora mais aussi Ralph Thamar et Mario Canonge seront aussi à l’affiche de la soirée du 31 mars.

Son album s’avère être le reflet du monde actuel créolisé et métissé qui se révèle au fil de 17 titres nés des explorations musicales effectuées dans sept pays dont le Brésil, Cuba et le Mali et des rencontres pour le coup naturelles avec des musiciens comme, entre autres, Ralph Thamar et Mario Canonge. La rencontre se concrétise sur le titre Egal Ego dans lequel « Les hommes ne sont pas tous égaux, ils se ressemblent. La ressemblance est la cellule que nous distingue », et qui confirme l’idée première de Mário Lúcio d’un album à la fois dédié à l’océan Atlantique et composé de différents genres de musiques… créoles. Un album qui correspond à la vision que se fait l’artiste fondateur du groupe Simentera, « qui marqua le retour décisif de la musique capverdienne vers ses racines acoustiques et réclama la culture d’Afrique continentale comme faisant partie intégrante de l’identité culturelle capverdienne ».

Musicien, multi-instrumentaliste, Mário Lúcio, avocat de profession et résolument impliqué dans la vie culturelle de son pays, a depuis longtemps entrepris de mieux appréhender la musique dans toute sa diversité non seulement à travers la redécouverte des instruments et rythmes qui font la musique du Cap Vert mais également celle de Cuba (apprentissage du chant et des traditions musicales afro-cubaines) ou encore du Brésil, avec la découverte de rythmes régionaux dans le Nordeste du Brésil (Pernambuco, Maranhão, Bahia, l’Alagoas pas loin de l’océan Atlantique). Un Brésil que l’on retrouve dans le titre Mar Di Tarrafal dans un featuring avec Milton Nascimento. Le Cubain Pablo Milanes et le Jamaïcain (et afro-américain) Harry Belafonte comptent aussi parmi les acteurs musicaux qui apportent leur contributions afro-atlantiques, comme le griot et maître de kora Toumani Diabaté du Mali et Césaria Evora qui viennent confirmer la dimension plurielle de cet album en effet résolument Kreol, qui offre un savoureux panorama des rythmes subtils.

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