Festival des outre-mers : rendez-vous avec Léon Gontran Damas et Maryse Condé


Festival des outre-mers
Festival des outre-mers


Le festival des outre-mers, qui a pris pied principalement dans les locaux de la mairie du 6e arrondissement de Paris, prendra fin ce dimanche 15 mai 2011. Pour clore ces rendez-vous avec les traditions, l’artisanat et la culture d’outre-mers, sont organisées des rencontres autour de la littérature.

Le festival convie tout d’abord le public à une excursion dans la poésie de Léon Gontran Damas, l’un des pères de la négritude. Daniel Maximin, Christiane Taubira (sous réserve) et le neveu de l’écrivain Marcel Bibas, légataire universel de l’œuvre de Léon Gontran Damas, seront présents pour porter leur témoignage et leur analyse de l’œuvre de Damas. Le film Léon Gontran Damas, le nègre fondamental, de Jean-Michel Martial, sera également projeté dans le cadre de cet hommage. L’autre rendez-vous littéraire est fixé avec une grande figure de la littérature guadeloupéenne, Maryse Condé,  qui a obtenu récemment le Grand prix du roman métis pour son dernier roman En attendant la montée des eaux.

Hommage à Léon Gontran Damas : le 15 mai 2011 à 14 h 30
Du sang noir, blanc et indien coule dans les veines de Léon Gontran Damas, né à Cayenne le 28 mars 1912. Lors de ses études à Fort-de-France  au lycée Schœlcher, Damas rencontre en 1925 Aimé Césaire. Quatre ans plus tard, il est à Paris et commence des études de russe et de japonais, suit des cours de droit, fréquente la faculté des Lettres et l’Institut d’Ethnologie. Témoin de discrimination raciale en métropole, il s’intéresse aux problèmes raciaux aux États-Unis et forme avec Césaire et Senghor le trio fondateur de la Négritude. Ses poèmes traduisent la douleur devant le désastre que sont le racisme et le tabou des relations interraciales.  En 1937, il publie à compte d’auteur Pigments, premier ouvrage inspiré des idées de la Négritude où il stigmatise le pouvoir colonial et le racisme qu’il engendre, puis en 1938 Retour de Guyane. Suivront Graffiti en 1953, Black-Label en 1956, Névralgies en 1966. Antimilitariste et antifasciste, il aura de nombreux démêlés avec les nazis. Suite au décès du député de la Guyane René Jadfard, il siège de 1948 à 1951 à l’Assemblée nationale française. Chercheur en ethnologie à l’Unesco de 1964 à 1969, il est nommé professeur à l’Université Howard à Washington, chaire qu’il occupe jusqu’à sa mort le 22 janvier 1978.

Maryse Condé
Maryse Condé

Léon Gontran Damas, le nègre fondamental, documentaire de Jean-Michel Martial, 17 h 30

Léon-Gontran Damas est né à Cayenne, en Guyane, le 22 mars 1912. Avec Aimé Césaire et Léopold  Sédar Senghor, il fut l’un des créateurs  du mouvement de la Négritude. Formé  à l’école de Mauss et de Rivet, c’est en ethnologue qu’il pose son regard sur le monde et les sociétés. Homme politique  (il fut député de la Guyane entre 1948 et 1951), journaliste,  prosateur, poète, ami des surréalistes, il ne cessa d’encourager et de faire connaître les auteurs antillais, guyanais, africains, vietnamiens…, dans un souci d’interpénétration des cultures.  C’est dans le cadre le son activité à l’Unesco qu’il effectua la plupart de ses voyages. Il dirigea la chaire de littérature africaine à l’université de Howard aux États-Unis comme visiting professor de 1970 jusqu’à sa mort en décembre 1978. En poésie comme dans la vie, L.G. Damas témoigne d’une humanité exposée, nerveuse, intense, brûlée par l’existence.  À travers les moments forts de sa vie et les témoignages de nombreuses personnalités d’Afrique, des Antilles et de Guyane, ce film retrace son combat pour la reconquête de la dignité du peuple noir.

Une heure avec… Maryse Condé
Maryse Condé selon Anasthasie Tudieshe journaliste à Africa n°1 et France Ô qui dialoguera avec l’écrivain : « Femme, mère, enseignante, militante, écrivain, antillaise, française… D’aucunes se seraient perdues dans un tel écheveau de réponses à la question qui es-tu… Pas Maryse Condé, qui tire de ses identités multiples et conjointes sa force, menant de front toutes ses vies, sans jamais renoncer à l’écriture. Et c’est cette extraordinaire capacité à être plusieurs sans se trahir que nous interrogerons, en même temps que ce voyage à bord d’un véhicule si peu neutre: la langue française. Femme, mère, enseignante, militante, écrivain, Antillaise, Française… Rencontre avec une femme libre comme on n’ose plus l’être. »

Renseignements pratiques
Festival des outre-mers, mairie du 6e arrondissement, Paris
– samedi 15 mai 2011 à 17 h 30 – Léon Gontran Damas, le nègre fondamental, de Jean-Michel Martial –
– samedi 15 mai 2011 à 14 h 30 – Hommage à Léon Gontran Damas, avec Marcel Bibas, Daniel Maximin, et Christiane Taubira
– samedi 15 mai 2011 à 17 h – Une heure avec… Maryse Condé

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