Tarmac de La Villette : « Festival outre-mer veille » du 24 au 27 mai 2011

Festival outre-mer veille
Festival outre-mer veille

Le dernier festival du Tarmac de la Villette, avant que le théâtre ne rejoigne ses nouveaux locaux de l’avenue Gambetta à Paris, sera le « Festival outre-mer veille » qui ouvrira le 24 mai prochain.

Le Tarmac , seul théâtre à se consacrer entièrement à la création contemporaine francophone, accueillera notamment la création caribéenne lors de ce dernier rendez-vous de la Villette, parmi lesquelles celles de D’ de Kabal, de Chantal Loïal ou encore de l’haïtien Guy Régis Jr. Une programmation pluridisciplinaire dans laquelle des artistes s’expriment en genres et en spectacles : conte, théâtre, danse, etc. Un rendez-vous hautement artistique soutenu par le commissariat pour « 2011, année des Outre-mer ».

Festival outre-mer veille, du mardi 17 mai au lundi 11 juin 2011
Outre-mer… à peine le mot est-il prononcé que s’en viennent les embruns du voyage et du lointain, les chromos et les clichés, les plages, les sables et les soleils. Mais la carte postale a son envers et les poètes, romanciers et dramaturges ne manquent pas de l’écrire.

Avec leurs mots marronnés caraïbes, boucanés créoles, enfiévrés dans l’indigo des océans, mâtinés aux senteurs universelles, ils métissent la trame des confluences. Ils dessinent des cartes du tendre et du rebelle. Ils disent leurs quotidiens, leurs amours, leurs territoires, leurs indépendances, leurs ex-iles.

Par les notes, par les mots, par le geste, par le fil, ainsi l’outre-mer veille… avec ses vigies dont les marges se retrouvent au centre de la création, de la novation, du dire singulier et des rêves pluriels.

Contes marrons, D’ de Kabal – 17 au 21 mai 2011 – mardi au vendredi à 20 h, le samedi à 16 h
D’de Kabal est à la fois performeur slam, chanteur, comédien, producteur, animateur.
Diptyque composé d’écorce de peines – Avec Didier Firmin, D’de Kabal, Franco Mannara, Marianne Mathéus
Attaché à un arbre à l’écorce confidente, un esclave, victime expiatoire. Héros solitaire, solidaire, face à lui-même, face à l’Histoire, la sienne écrite par d’autres. Un symbole de la lutte de tous les rebelles anonymes qui, de leur sursaut, ont vaincu l’immonde. Qui ont su briser les chaînes et le silence, reprendre en main le récit de leur destinée, lui donner sa mesure, tenter de combler une béance dans la mémoire d’un peuple.

Œdipe l’antillais ou république je te hais mon amour
Une mère a donné naissance à son septième enfant. Un septième fils. Un malheur, une plaie, un poison, une maladie… Un enfant d’un nègre qui n’est même pas là. Il sera le fils maudit, le fils martyr, celui de la revanche, de la vengeance… Mais, par le geste, la danse, et à force de mots extirpés des entrailles du non-dit, il parviendra à nouer le dialogue. À livrer sa douleur tatouée sur le corps. Une autre révolte, un autre marronnage pour traquer au coeur même de la plaie l’élément manquant d’une identité spoliée. Un palimpseste caraïbe. Une relecture sans complexe !

À la découverte de… de toute la terre le grand effarement, Guy Régis Jr
Avec  Ese Brume, Nanténé Traoré (interprétation), Alain Mahé (composition sonore) – mardi au jeudi à 20 h, du 24 au 26 mai 2011
Deux femmes perchées sur une colline après une grande catastrophe.
Pour révéler l’effroi. Leur effarement. Leur grand dédain du mal. Du mâle. L’effort de devoir vivre encore. Exister après cette chose indicible. Le rituel de la continuation.

Deux femmes. Dans cette situation. Ce devenir-là. Elles-mêmes. D’elles-mêmes d’autres gens. A d’autres périodes. Sur d’autres territoires éteints. Après une grande guerre. Une épidémie effroyable. Après le dur passage du mal. Du mâle. Elles ne terminent pas de parler. Elles ne terminent pas de se taire. Ne finiront jamais par tout dire. Comme jamais on ne finit jamais par tout dire au théâtre. Ressasser l’humaine condition. Le charme de la désolation.

Le spectacle « De toute la terre le grand effarement » sera créé au premier trimestre 2013 au Tarmac dans une mise en scène de l’auteur et sera présenté dans une première approche scénique dans le cadre des « Sujets à vifs » du Festival d’Avignon 2011.

À la découverte de… la prochaine fois, le feu – Avec  Gora Diakhaté, Marcel Mankita, vendredi  20 h
D’après James Baldwin, Frantz Fanon
Conception et adaptation Gora Diakhaté
Cette lecture croise le texte de Frantz Fanon « Peau noire, masques blancs » et de James Baldwin « La prochaine fois le feu ». La situation du colonisé (des Antilles, d’Afrique, ici en France et en Europe) est mise en parallèle avec celle du Noir américain. Que ressent le Noir face à la discrimination, quelles solutions pour échapper à la place dans laquelle le Blanc ne cesse de vouloir le confiner ? La situation a-t-elle réellement changé depuis les années 50-60 où ces textes ont été écrits ?

On t’appelle vénus, par la compagnie Cie Difé Kako, du 31 mai au 3 juin 2011, du mardi au vendredi 20 h
Chorégraphie et interprétation Chantal Loïal
Chorégraphie et mise en scène Paco Dècina, Philippe Lafeuille
Texte Marc Verhaverbeke
Corps entravé, observé, maté, exhibé. Corps disséqué, sexe « formidable » moulé. Bête de foire stéatopyge et objet d’examen zoologique… Rien ne fut épargné à cette esclave sud-africaine vendue à un Anglais et morte à Paris en 1815. Née Sawtche, baptisée Saartjie Baartman et plus connue sous le nom de Vénus Hottentote… La danse et les mots pour dire l’outrage et la rage.

Makak janbé croco, par la compagnie Difé Kako, Chantal Loial, du 31 mai au 4 juin 2011
Conception Chantal Loial
Mise en scène Emmanuelle Chérioux et Rita Ravier
Avec Igo Drané (conteur), Emilie Caillon et Rita Ravier (artistes chorégraphiques et comédiennes), Igo Drané et Edouard Lepec (musique)
Tout public à partir de 6 ans
Séances tout public mercredi 1 juin à 10 h et 14 h 30, jeudi 2 juin à 14 h 30, samedi 4 juin à 16 h
Séances scolaires mardi 31 à 10 h et 14 h 30, vendredi 3 juin à 10 h et 14 h 30
Entre Afrique et Caraïbe, un conte dansé au bestiaire emprunté aux deux horizons géographiques. Un conteur globe-trotter et une histoire de grue déplumée et de crocodile contrarié soumis aux fourberies de Compé Makak, le singe rusé, gourmand mais qui a peur de l’eau… Cric crac, conte et devinettes… Balafon, flute, tambour, accordéon.

Tigouya, Teddy Iafare-Gangama, Eric Domenicone – du 7 au 11 juin 2011
D’après l’ouvrage de Teddy Iafare-Gangama
Mise en scène Eric Domenicone, et comédiens marionnettistes Stéphane Deslandes, Sylvie Espérence
Scénographie et construction de marionnettes Yseult Welschinger
Séances tout public mercredi 8 à 14 h 30, samedi 11 juin à 16 h
Séances scolaires mardi 7, jeudi 9, vendredi 10 à 10 h et 14 h 30
Au cœur du cirque de Mafate vit un petit margouillat dont le plus cher désir est de quitter ses montagnes pour s’en aller voir… la mer. Théâtre d’ombre et de marionnettes pour un voyage et quelques aventures cocasses dans l’île de la Réunion…
Jeune public à partir de 3 ans.

Colère, d’après Amour, colère et folie, de Marie Vieux-Chauvet – Du 7 au 10 juin 2011, du mardi au vendredi à 20 h
Adaptation théâtrale de José Pliya (l’Avant-scène théâtre collection des Quatre-vents)
Avec Nicole Dogué et dirigée par François Rancillac
Que faire ? Que faire lorsque des « uniformes » ont envahi votre terre, spolié votre famille, violé vos filles ? Révolte ? Compromis ? Compromission ? Sursaut ? Lâcheté ? Colère répond Marie Chauvet, la romancière pionnière haïtienne qui, avec sa trilogie dérangeante et provocatrice publiée sous l’ère Duvalier, a mis un grand coup de pied littéraire dans la fourmilière, nationale et… familiale.

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