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Dany Laferrière publie « Journal d’un écrivain en pyjama »

28 février 2013 Livres Aucun commentaire

Le Journal d’un écrivain en pyjama, de Dany Laferrière, n’a pas manqué de susciter l’intérêt depuis sa sortie au début du mois de février. Dans ce vingtième livre, l’auteur haïtien évoque les auteurs dont il est lui-même un lecteur et qu’il affectionne. Un livre pour plus de 200 chroniques, des conseils à l’attention des futurs ou jeunes auteurs, des incitations à lire et à écrire surtout.

Au gré de cette incursion dans sa bibliothèque, Dany Laferrière s’arrête sur des écrivains tels que Voltaire, Hemingway, Roth ou encore Césaire. Il était d’ailleurs déjà question de l’auteur de Cahier d’un retour au pays natal dans le roman L’énigme du retour pour lequel l’auteur a reçu le Médicis en 2009 et dont le lancement en langue anglaise a eu lieu très récemment à Londres (The Enigma of the Return, aux éditions MacLehose Press). Le 11 février dernier, Dany Laferrière a évoqué comment il avait commencé à « écrire pour changer de vie » dans l’émission Plus on est de fous, plus on lit, de Radio-Canada.

Journal d’un écrivain en pyjama

Journal d’un écrivain en pyjama

Journal d’un écrivain en pyjama, aux éditions Mémoire d’encrier

« Le pyjama est un étrange habit de travail », nous dit Dany Laferrière, qui, après trente années d’écriture, décide de parler à ses lecteurs. Suite de fragments et de scènes où fiction, réflexion, récit, méditations s’alternent. Journal d’un écrivain en pyjama met sous nos yeux l’itinéraire de cet écrivain pour qui la vie est une aventure exaltante, qui se conjugue entre lire et écrire.

Dans L’art presque perdu de ne rien faire, la réflexion était sur la rêverie et la philosophie, et le rapport que nous entretenons avec la vitesse, Laferrière commandait de ralentir pour contrer cette espèce d’urgence. Cette réflexion se poursuit autrement dans Journal d’un écrivain en pyjama. L’auteur intervient ni en savant ni en érudit, mais plutôt en écrivain-lecteur, dandy, esthète passionné : Que lisons-nous ? Qu’écrivons-nous ? Et quelles sont les incidences des livres dans notre vie quotidienne ?

À propos de conseils d’écriture, Laferrière glisse quelques notes : « Quand vous cherchez depuis un moment à décrire la pluie qui tombe, essayez : il pleut. » La lecture, étant une activité naturelle, Laferrière convoque les écrivains, classiques et contemporains, comme s’il s’agissait de vieux amis qui se seraient retrouvés dans un café.

Journal d’un écrivain en pyjama suggère l’idée de l’écrivain amateur, avec cette odeur printanière et l’enthousiasme des débuts. On lit, on rêve, on écrit. C’est une part essentielle dans la cité. Imaginez un écrivain en pyjama dans cet art de converser… C’est un « dialogue que j’ai appris sur la galerie de ma grand-mère quand elle proposait une tasse de café aux passants. L’encre remplace l’oralité… Je prolonge la manière de ma grand-mère : le café pour Da, et l’encre pour moi. Deux carburants qui irriguent la conversation et le dialogue. Personne ne peut m’empêcher de converser avec Montaigne un lundi matin. On n’a qu’à ouvrir Feuille d’herbe pour que Walt Whitman nous parle. »

Journal d’un écrivain en pyjama est un livre magnifique écrit durant la nuit et dont l’esprit irrigue le jour.

À propos du livre
Après L’Art presque perdu de ne rien faire, ce roman des idées, j’ai voulu réfléchir sur la lecture et l’écriture, deux activités qui enchantent mon esprit. J’ai écrit ce livre dans mon lit, entre trois et sept heures du matin. Au moment où la ville s’active, je me rendors. Voici quelques notes griffonnées en pyjama.
1. Visez le cœur, même si l’on sait que c’est avec sa tête qu’il lit.
2. Écrire est d’abord une fête intime.
3. Plus vous mettez de choses dans votre livre, moins on sentira votre présence.
4. Une journée est parfaite quand on se met subitement à danser avec la chaise sur laquelle on s’était assis pour écrire.
5. Les gens veulent toujours savoir d’où viennent toutes ces idées qu’ils voient dans les livres. Ça ne leur est jamais venu à l’esprit qu’elles viennent d’eux, mais sans cette modestie du lecteur il n’y aura pas de littérature.
6. Ouvrez n’importe quel livre de votre bibliothèque, prenez une seule phrase qui vous plaît, et mettez-la telle quelle dans votre livre. Cette opération s’appelle : faites payer les riches.
7. Tout le problème vient du fait que l’écrivain soit devenu plus connu que le livre.
8. N’espérez pas devenir un écrivain sans vanité, car ceux qui ont tenté le coup sont devenus au mieux des mystiques.
9. Quand vous cherchez depuis un moment à décrire la pluie qui tombe, essayez : il pleut.
10. Les livres ne se font pas par hasard, mais parce qu’il y a des lecteurs qui, du fond de leur chambre, les réclament en silence.

Journal d’un écrivain en pyjama
Dany Laferrière
Chronique – 320 pages

Étude de grands auteurs francophones : Aimé Césaire et Frantz Fanon aux éditions Honoré Champion

20 janvier 2013 Livres Aucun commentaire

« Entre les lignes », nouvelle collection des éditions Honoré Champion consacrée aux grands auteurs francophones du sud, vient d’éditer quatre premiers livres dont deux portant sur les œuvres de Aimé Césaire et Frantz Fanon.

Une tempête de Aimé Césaire (par Huguette Bellemare-Emmanuel)

Une tempête de Aimé Césaire (par Huguette Bellemare-Emmanuel)

Les éditions Honoré Champion publient notamment des études de fond, des ouvrages et des textes de référence dans plus d’une dizaine de domaines. La collection « Entre les lignes » s’inscrit dans une démarche pédagogique et se destine aux collégiens, aux lycéens, aux étudiants mais aussi aux enseignants. La maison d’édition parisienne souhaite stimuler l’étude d’œuvres de grands auteurs francophones du sud et d’outre-mer, « pallier le manque d’outils critiques sur ces littératures du sud et proposer de véritables portes d’entrée à la lecture ou à la découverte d’un grand auteur francophone ».

À travers les premières parutions, les différents auteurs – issus eux-mêmes du monde de l’enseignement – s’attachent à éveiller l’intérêt des lecteurs et à trouver « comment stimuler les enseignants à programmer l’étude des littératures du sud et d’outre-mer » et « comment aider collégiens, lycéens et jeunes étudiants à mieux connaître, et parfois à découvrir ces auteurs francophones à travers l’étude d’une de leur œuvre majeure ».

Le calendrier éditorial de la collection pour 2013 se déclinera en deux périodes de parution de quatre ouvrages, en janvier et en juin. Les titres inauguraux parus le 3 janvier 2013 sont les suivants :

Une tempête de Aimé Césaire, auteur : Huguette Bellemare-Emmanuel
Peau Noire, Masques blancs de Frantz Fanon, auteur : Christiane Chaulet Achour
Les soleils des indépendances de Ahmadou Kourouma, auteurs : Jean Ouedraogo et Saidou Alcény Barry
Presque-songes de Jean-Joseph Rabearivelo, auteur : Charles-Edouard Saint-Guilhem

Un outil pédagogique de poche inédit
La nouvelle collection Entre les lignes dirigée par Christiane Chaulet Achour, professeure de littérature comparée et francophone, et Jean-Baptiste Dufour, professionnel de l’édition, offre aux élèves de fin de collège et de lycée, ainsi qu’aux jeunes étudiants, la possibilité de mieux connaître des auteurs francophones du Sud à travers l’analyse d’une de leur œuvre majeure.

Cette collection a pour ambition de proposer un outil pédagogique inédit, simple et efficace, permettant de stimuler les enseignants pour la programmation de l’étude des œuvres et des auteurs du sud. Soucieux de rendre ces ouvrages attractifs et accessibles, les éditeurs ont privilégié un format poche au prix abordable. L’élaboration des ouvrages a été confiée à des auteurs francophones et experts en littératures et cultures du sud, parfois universitaires ou spécialistes reconnus d’un auteur en particulier.

Peau Noire, Masques blancs de Frantz Fanon (par Christiane Chaulet Achour)

Peau Noire, Masques blancs de Frantz Fanon (par Christiane Chaulet Achour)

Des ouvrages pratiques et synthétiques à la structure identifiable
Organisé en trois chapitres distinctement définis, chaque titre de la collection offre une structure claire et évidente aussitôt identifiable, répondant à une volonté d’efficacité pédagogique.

Pour amorcer l’étude, une partie introductive servant de préambule avec pour titre la date de l’œuvre, apporte les premiers éléments de compréhension, notamment sur la personnalité de l’écrivain, son parcours et le contexte d’écriture de son roman.
Chapitre 1 – Consacré au parcours de l’écrivain, au contexte d’écriture et au contexte social et politique où s’inscrit la fiction.
Chapitre 2 – Étude détaillée de l’œuvre par un résumé, sa structure et ses séquences.
Chapitre 3 – Analyse des personnages et des thèmes abordés. Le contenu pouvant varier selon la nature de l’œuvre, qu’il s’agisse d’un roman, d’un essai ou d’un recueil de poésie. Une brève conclusion place l’œuvre dans le contexte présent en insistant sur son actualité.

Enfin, l’ouvrage se termine sur une sélection de citations de points de vue critiques sur l’œuvre et son auteur, ouvrant à la réflexion et au débat, suivie d’une bibliographie de l’auteur et des références utilisées.

Les auteurs
- Saidou Alcény Barry est inspecteur pédagogique de l’enseignement secondaire au Burkina Faso et critique culturel pour divers médias burkinabés.
- Jean Ouedraogo est professeur titulaire et chef du département des langues et littératures étrangères à la State University of New York à Plattsburgh, spécialiste de littératures et cultures francophones d’Afrique et des Caraïbes.
- Huguette Bellemare-Emmanuel a enseigné le français et le latin. Militante anticolonialiste et féministe, spécialiste de l’image des femmes dans les médias et la société, elle est engagée auprès de l’union des femmes de la Martinique.
- Christiane Chaulet Achour est professeur de littérature comparée et francophone à l’Université de Cergy-Pontoise, spécialiste des littératures francophones du Maghreb et des Caraïbes.
- Charles-Edouard Saint-Guilhem a enseigné les lettres modernes dans divers pays. Aujourd’hui, il enseigne à Madagascar où il réside.

Librairie Honoré Champion
3 rue Corneille
75006 Paris
www.honorechampion.com

Dans son dernier livre « Le goût du lait sauvage », Michel Rodigneaux nous conte l’univers du « Bal nègre » de la rue Blomet

9 janvier 2012 Livres Aucun commentaire

Avec Le goût du lait sauvage, Michel Rodigneaux nous livre son premier roman. Auteur en 2006 d’un essai richement documenté, La Guerre de course en Guadeloupe, qui explorait le phénomène corsaire et nous ramenait ainsi à l’histoire des XVIIIe et XIXe siècles, l’auteur guadeloupéen nous propose cette fois de revenir à l’époque du Bal nègre de la rue Blomet.

Michel Rodigneaux dédicacera son roman le samedi 14 janvier 2012, de 10 h à 13 h, à la librairie générale Jasor de Basse-Terre en Guadeloupe. L’idée d’évoquer à travers un livre la vie des musiciens antillais installés à Paris dans les années folles lui est venue il y a bien des années, comme on le découvre dans l’interview qu’il a consacrée à e-Karbé. Derrière ce récit de « l’épopée des musiciens antillais venus en Europe » se profile une réalité concrètement hostile à laquelle de jeunes Antillais, comme le personnage principal Armand Cardoso, vont se confronter au cours de ces années. Michel Rodigneaux signe une incursion dans le Paris du Bal nègre – devenu un des lieux d’attraction de la capitale – qui, à la même époque, accueille, à quelques kilomètres de la rue Blomet, l’exposition coloniale (porte de Vincennes, en 1931).

e-Karbé
- Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce roman et à passer de l’histoire du phénomène corsaire (objet de La Guerre de course en Guadeloupe) à la fiction avec Le goût du lait sauvage ? Était-ce aisé de se tourner vers ce genre ?
Michel Rodigneaux – Depuis mon adolescence, j’ai toujours écrit des nouvelles ou de petits récits sans queue ni tête. À cette époque, les jeunes de ma génération fabriquaient leurs jouets en même temps que leurs rêves… L’écriture me permettait de les vivre avec plaisir. Bien plus tard, plusieurs personnes m’ont encouragé à poursuivre dans cette voie pour être publié. Mais je déchantais très vite en comparant ma « production » aux textes merveilleux de mes auteurs préférés. C’est après la mort d’un oncle, qui m’avait laissé la clarinette avec laquelle il joua au « Blomet », que j’eus l’envie de romancer sa vie. Une vie que je connaissais en partie, ayant vécu tout jeune chez lui à Paris dans les années 1950. J’écrivis les premières lignes en Nouvelle-Calédonie où je travaillais. J’accouchai ensuite à Mayotte d’un roman de 300 pages qui, bien entendu, fut refusé sans grande explication par une quinzaine d’éditeurs. Seul l’un d’eux me conseilla d’oublier le manuscrit au fond d’un tiroir pendant quelque temps et de rédiger un essai sur un autre sujet pour me faire la main. C’est ce que je fis en écrivant « La Guerre de course en Guadeloupe » dont le texte fut miraculeusement accepté par deux maisons d’édition. Maintenant que j’ai tâté les deux genres, passer de la narration de faits concrets à la fiction – autrement dit, faire du vrai avec de l’imaginaire – n’est pas facile, et, je l’avoue, il m’a fallu beaucoup « ramer » pour y parvenir. À la vérité, je crois que cet exercice relève un peu de la magie. Je me suis donc laissé emporter par mes rêves dans l’espoir de les partager avec des lecteurs bienveillants.

Votre roman repose entre autres sur l’influence du « Bal nègre » de la rue Blomet, présenté comme « un formidable instrument d’intégration ». Pourriez-vous définir brièvement cet univers tel que vous le dépeignez ?
Il faut se replacer dans le contexte. Nous sommes au début des années 1930 ; l’Exposition coloniale se tient à Vincennes tout près de Paris. Durant cette manifestation, l’indigène, singulièrement l’Africain, a été, volontairement ou non, « chosifié » dans l’esprit des Européens. N’oublions pas que c’est l’époque du brave Sénégalais de « Banania ». Tous les Noirs sont des « Bamboulas aux pieds plats ». En dehors de son travail, l’exotique qui débarque à Paris est donc vu sous cet angle, d’autant qu’il n’échange pas beaucoup avec les métropolitains pour les convaincre du contraire. Ce sont les deux ou trois bals coloniaux qui permettent à la première vague d’ouvriers antillais, souvent célibataires, de se divertir et de nouer des relations sentimentales. Pour les étudiants, le champ est plus ouvert ; il commence à l’université, sur le boulevard Saint-Michel ou dans la grande école où ils sont inscrits, mais les préjugés demeurent les mêmes. À quelques exceptions, le regard jeté sur ces derniers est souvent le même…

Le personnage principal, Armand Cardoso, se trouve confronté dans les années folles « aux difficultés rencontrées par les originaires d’outre-mer ». Évoquer cette époque et ses réalités était-il important pour vous ?
Armand Cardoso, en 1931, est confronté au même sort. Mais il décide, en dépit de tout cela, de se transcender pour faire son « trou » dans les meilleures conditions. On voit bien en tout cas que les réalités de cette époque sont importantes pour tout Antillais. Car ce sont elles qui ont suscité la prise de conscience de Senghor, de Damas, de Césaire, d’Éboué, de Candace, de Légitimus et de bien d’autres. Elles sont par conséquent, avec la révélation de l’art nègre, à l’origine du concept de la « négritude » et de ce qui a découlé par la suite au plan des mentalités et de la politique. Par exemple, la loi sur « départementalisation » des Antilles, de la Guyane et de la Réunion dont Césaire fut l’ardent défenseur. Avant de « rétropédaler » comme on le sait.

À quelles difficultés les métropolitains qui accueillaient les originaires d’outre-mer durant l’entre-deux-guerres étaient-ils soumis ?
Pour une femme métropolitaine, sortir avec un Noir était un acte d’amour, de courage et d’abnégation. Car celle-ci était aussitôt cataloguée avec mépris, y compris par sa propre famille, comme une « femme de Nègre ». En clair, comme la prostituée soumise d’un sous-homme. Donc une moins que rien. L’abomination en quelque sorte ! Avec beaucoup plus d’atrocité, et toutes choses égales par ailleurs, le même raisonnement a été tenu, quelques années plus tard, à l’encontre des Françaises ayant « couché », pendant l’occupation, avec des soldats allemands.

La quatrième de couverture du livre évoque une « histoire [qui] date de 80 ans, et, malgré des progrès, le sujet reste brûlant d’actualité« . Pouvez-vous nous en dire plus ?
Dieu merci ! Les choses ont évolué. Il n’est qu’à voir le nombre de couples mixtes prenant l’avion aux périodes de grandes vacances pour aller aux Antilles ou en Guyane. Mais ne rêvons pas ! Les clubs et les boîtes de nuit à clientèle homogène sont très nombreux encore. Il reste par conséquent beaucoup à faire dans les deux camps. Tous ceux et celles que le Bumidom a versés inconsidérément dans la banlieue des grandes villes françaises ont tendance à se replier de plus en plus sur eux-mêmes. À parler leur langue, à vivre intensément leur culture parfois de manière exagérée. Mais de l’autre côté, sans intégrer les conséquences d’un chômage grandissant et de préjugés insurmontables, cette attitude est interprétée comme un refus de s’intégrer. Mais comment le faire quand un Noir français est vu d’abord comme un Noir, comme un exogène « passant son temps à jouer du tam-tam ou à brûler des voitures les soirs de réveillon » ?

La musique semble tenir une place importante dans votre histoire avec Armand Cardoso qui est clarinettiste et le « Bal nègre » du 33 de la rue Blomet. Quel est l’effet recherché à travers ce choix ?
C’est un choix délibéré. Mon oncle, qui m’a inspiré le personnage d’Armand, fut un musicien de formation classique jouant toutes les musiques avec la foi ardente que procurent le rythme, la mélodie et l’harmonie. Comme lui, je reste persuadé que c’est un moyen merveilleux de communier avec « les autres », et donc de toucher le tréfonds des âmes les plus irréductibles. Et je le suis encore plus en voyant à la télévision le pianiste afro-américain Herbie Hancok jouant Rhapsody in Blue de George Gershwin sous les ovations à n’en plus finir de la haute société californienne dont on sait qu’elle n’est pas tendre avec les métèques. Qui donc peut nier qu’en une heure à peine, Hancok a fait, ce soir-là, plus que tous les discours philanthropiques ?

Enfin, pourquoi ce titre « Le goût du lait sauvage » : à quoi fait-il référence ?
Ce roman repose sur la symbolique du lait. Ce titre est aussi un jeu de mots. Je laisse donc le lecteur découvrir tout cela…

Salon du livre de Montréal : négritude, poésie et auteurs Haïtiens au programme

Le salon du livre de Montréal se déroulera du mercredi 16 au lundi 21 novembre 2011. Cette 34e édition accueillera, outre les nombreux exposants et les séances de signatures, un grand nombre de rencontres et d’animations dont une consacrée aux auteurs de la négritude.

Le salon a notamment choisi de mettre à l’honneur Césaire, Damas et Senghor lors d’une conférence sur les grandes voix francophones, à travers leur poésie et leurs écrits engagés. Parmi des dizaines de rendez-vous, cette rencontre fixée au vendredi 18 novembre et consacrée aux grandes grandes voix francophones aura pour thème « Négritude et poésie ». « Aimé Césaire, Léopold Sedar Senghor, Léon Gontran Damas : trois figures créatrices d’un mouvement qui, au travers d’une littérature des plus engagée, aura marqué l’Histoire du vingtième siècle par son rôle prédominant dans l’émancipation et la reconnaissance des valeurs culturelles des peuples de l’Afrique et des minorités noires d’Amérique, d’Asie et d’Océanie ».

Samedi 19 novembre, ces mêmes auteurs feront l’objet d’une lecture : « une grande soirée de poésie à l’Agora, en hommage aux chantres de la négritude qui réunira des poètes francophones d’Afrique, d’Asie, d’Amérique d’Océanie et d’Europe. Un hommage à la diversité culturelle et à la création littéraire ».

Haïti sera aussi présente lors de ce 34e salon, à travers les écrits et les auteurs. Ainsi retrouvera-t-on entre autres sur les stands Gary Victor (Soro), Makenzy Orcel (Les Latrines), Michel Soukar (Cora Geffrad) ou Rogé (Haïti mon pays, préfacé par Dany Laferrière).

Vendredi 18 novembre, 18 h : Quand le jazz est là, par Stanley Péan, écrivain, journaliste et mélomane haïtien

Vendredi 18 novembre, 19 h : Grandes voix francophones : Négritude et poésie

Samedi 19 novembre, 16 h 45 : Hommage aux chantres de la Négritude, lecture de poésie avec des poètes francophones d’Afrique, d’Asie, d’Amérique, d’Océanie et d’Europe.

Aimé Césaire et Saint-John Perse à l’affiche du festival Un livre à la mer de Collioure, du 22 au 28 août 2011

Festival, Collioure 2011

Festival, Collioure 2011

Le poète Antonio Machado et le romancier Patrick O’ Brian invitent à Collioure Aimé Césaire et Saint-John Perse pour le festival Un livre à La Mer qui se tiendra du 22 au 28 août 2011.

Des rencontres et des expositions d’importance jalonneront des journées riches en événements parmi lesquels : une soirée théâtrale avec la présentation de La Marseillaise Noire, en hommage à Toussaint Louverture, une soirée Aimé Césaire et Saint-John Perse lus par Marie-Christine Barrault ou encore, le lundi 22 août à 18 h 30, une conférence sur le thème « Saint-John Perse – Aimé Césaire : écrivains, humanistes », lors de laquelle s’exprimeront Daniel Maximin et Ernest Pépin.

Le festival s’articulera autour de divers rendez-vous pendant lesquels sera abordé un thème principal : le métissage et la diversité un héritage pour le futur – la Négritude – l’esclavage d’hier et d’aujourd’hui dans nos sociétés modernes. Cette septième édition est donc consacrée à deux grandes personnalités de la littérature que sont le Martiniquais et fondateur du mouvement de la négritude, Aimé Césaire, et le poète et prix Nobel guadeloupéen de littérature, Saint-John Perse. « Historiens et philosophes se retrouveront pour évoquer leurs ouvrages et susciter ainsi le désir de découvrir ou de relire leur œuvre ». Un festival qui trouve évidemment sa place dans le cadre des événements de l’année des Outre-Mer et qui « se veut être une scène de confrontation artistique et culturelle transmettant les valeurs de la pluralité de notre société d’aujourd’hui et de demain ».

Collioure, au bord de la mer Méditerranée, accueillera à travers les deux auteurs la poésie de la Caraïbe, comme le présentent les organisateurs : « consacrée à l’outre-mer et aux Caraïbes en particulier, cette septième édition propose une découverte ou une redécouverte de la diversité qui au-delà du métissage s’impose dans la curiosité et la différence des cultures qui justifient à la fois la richesse et l’existence du genre humain. Littérature, peinture, sculpture ou science, depuis l’histoire de l’esclavage jusqu’à nos jours le métissage accompagne nos civilisations, d’ailleurs « Métis » en Grec signifie l’intelligence. Le Festival un Livre à la Mer met le cap vers de nouveaux horizons plus ouverts et concrets que jamais… ».

Lundi 22 août 2011
Ouverture de l’exposition Aimé Césaire et Saint-John Perse, documents inédits, au Centre culturel de Collioure
17 h – Conférence : Collioure, la mémoire et la mer, Brice Torrecillas, éditions de la Louve
18 h 30 – Conférence : Saint-John Perse – Aimé Césaire : écrivains, humanistes, entretiens avec Daniel Maximin et Ernest Pépin
21 h – Soirée Toussaint Louverture, La Marseillaise Noire – Château Royal

Mardi 23 août 2011
Exposition Aimé Césaire et Saint John Perse – documents inédits, au Centre culturel de Collioure
17 h – Conférence : L’histoire de la maison de la négritude et de l’esclavage, Elodie Lambert, conservatrice de la Maison de la négritude et des droits de l’homme
18 h 30 – Conférence : Aimé Césaire et Lam, par Daniel Maximin

Mercredi 24 août 2011
Exposition Aimé Césaire et Saint-John Perse, documents inédits, au Centre culturel de Collioure
17 h – Conférence : Alain Guédé présente Monsieur de Saint George
21 h -  Soirée musicale : concert Monsieur de Saint George, création de Pierre Louis par le Théâtre de la Clairière, au Château Royal de Collioure

Jeudi 25 août 2011
Exposition Aimé Césaire et Saint John Perse – documents inédits, au Centre culturel de Collioure
17 h – Conférence : Anaïs et Jean-Pierre Bonnel présentent, Peinture et littérature aux Caraïbes
18 h 30 – Conférence : le livre, un objet intime de culture et de partage, par Antoine Boussin, éditions Grasset
20 h 30 – Conférence : Saint-John Perse, l’homme et le diplomate,  par Monique Calvet, président de la fondation Saint-John Perse

Vendredi 26 août 2011
Exposition Aimé Césaire et Saint-John Perse, documents inédits, au Centre culturel de Collioure
16 h – Conférence : Henri Hazaël-Massieux présente Dugommier, un Homme à la croisée de l’histoire en terre catalane
17 h 30 – Inauguration du festival
19 h 30 à minuit – Nocturne des éditeurs et dédicaces d’auteurs, sur les quais, en musiques Caribéennes, avec Bob Bovano
21 h – Soirée poétique, avec Lettres à un jeune poète, de Rainer Maria Rilke, récité par Jacques Vinas, au Château Royal de Collioure

Samedi 27 août 2011
Exposition Aimé Césaire et Saint-John Perse, documents inédits, au Centre culturel de Colliourel
16 h à minuit – Nocturne des éditeurs et dédicaces d’auteurs, sur les quais, en musiques caribéennes avec Bob Bovano
Conférences au Square Caloni :
- 15 h 30 – Histoire sportive d’une aventure et d’un métissage social, par Hélène Legrais (Les héros perdus de Gabrielle – éditions Calmann Levy)
- 17 h – Conférence : Saint-John  Perse, par Ernest Pépin
- 18 h -  La route d’Haïti, entretiens avec Marc Menant
- 21 h -  Soirée Antonio Machado de Séville à Collioure, avec Cédric Debardieux, Jacques Vinas et Gabiel Llesta, accompagnés par Claire Sala à la flûte et Martine Flaissier à la harpe, au Château Royal de Collioure

Dimanche 28 août 2011
Exposition Aimé Césaire et Saint-John Perse, documents inédits, au Centre culturel de Collioure
10 h – Hommage à Antonio Machado, dépôt de gerbe
10 h 30 à 17 h – Présentation des collections des éditeurs et auteurs locaux, rencontres et dédicaces d’auteurs, sur les quais

Conférences au Square Caloni :
15 h 30 – Marcel Dorigny présente Abolitionisme et esclavage
17 h – La créolité, entretien avec Ernest Pépin
18 h 30 – Débat sur Le métissage : un héritage culturel pour l’avenir ?,  avec Marcel Dorigny, Alain Guédé, Marc Menant et Ernest Pépin
20 h – Les enfants des écoles de Collioure partent à bord d’un Sardinal et jettent à la mer une bouteille contenant un texte d’Aimé Césaire et de Saint John Perse et des textes écrits par les élèves des écoles de Collioure
21 h – Soirée Césaire et Saint John-Perse, lu par Marie-Christine Barrault, accompagnée, par Claire Sala à la flûte et par Martine Flaissier à la harpe, au Château Royal de Collioure

Aimé Césaire, Patrick Chamoiseau et le gwoka sur France Inter

5 juillet 2011 Radio Aucun commentaire

Le vendredi 8 juillet 2011, Alexandre Héraud continue son exploration dans le monde de l’outre-mer lors d’une Heure Ultramarine consacrée à Aimé Césaire.

Le nom et l’œuvre du poète martiniquais honoré récemment au Panthéon sont régulièrement cités dans le cadre de l’année des outre-mers qui a justement inspiré cette émission sur France Inter. Ce sera plus particulièrement le cas le vendredi 8 juillet à partir de 21 h 05. Alexandre Héraud évoquera Césaire, homme de lettres et homme politique disparu en 2008, dans une émission qui se déroule principalement « sur le mode de la conversation en tête-à-tête où se dessineront un parcours, une œuvre, un engagement, émaillés d’archives sonores et de musiques, seront l’occasion de changer de regard sur ces territoires disséminés à travers tous les océans de la planète ». Le producteur recevra à cette occasion Daniel Maximin, co-commissaire de l’exposition Aimé Césaire, Lam, Picasso qui a rencontré un vif succès le trimestre dernier au Grand Palais de Paris.

La veille, l’invité sera le gwoka. L’occasion d’en savoir plus ou de replonger dans ce son et ces rythmes spécifiques à la Guadeloupe, dont la résonance va bien au-delà de la Caraïbe. Max Diakok et Caroline Bourgine, les invités, auront sans doute l’occasion d’expliquer que le gwoka n’est pas seulement une musique : « le gwoka est né à une sombre période de l’histoire des Guadeloupéens. Il est non seulement une musique mais aussi tout ce qui gravite autour d’elle : la danse, les jeux, les blagues, une certaine manière d’être, en un mot toute une façon de vivre qui vient de leurs ancêtres africains. Bien sûr les choses avaient quelque peu changé. Les langues africaines, sous l’influence de celles des maîtres, ont donné le créole. Le tonneau a remplacé le « bois-fouillé » car il était interdit à l’esclave de couper des arbres » (source : www.gwoka.org).

Toujours sur France Inter, mais cette fois dans Tout compte fait, Paula Jacques aura pour invité Patrick Chamoiseau, le samedi 30 juillet 2011. Une heure durant, de 14 h 05 à 15 h, l’animatrice et productrice de France Inter sera en compagnie de l’écrivain et prix Goncourt martiniquais. Selon le principe de l’émission, « tout compte fait, ce sont des portraits grandeur nature d’écrivains, de philosophes, d’ethnologues et autres aventuriers de la pensée et de la créativité. Une heure pour explorer l’œuvre et son homme (ou sa femme), son univers sensible et son regard sur le monde ».

Jeudi 7 juillet, 21 h 05 à 22 h, sur France Inter
L’Heure ultramarine, d’Alexandre Héraud
Le Gwoka (Guadeloupe)

Vendredi 8 juillet, 21 h 05 à 22 h, sur France Inter
L’Heure ultramarine, d’Alexandre Héraud
Portrait : Aimé Césaire

Samedi 30 juillet 2011, 14 h 05 à 15 h
Tout compte fait, par Paula Jacques, avec Patrick Chamoiseau
De 14 h 05 à 15 h

Regards croisés sur la poétique de deux Caribéens : Césaire et Lam, une conférence le 1er juin au Grand Palais

L’exposition Aimé Césaire, Lam, Picasso, « Nous nous sommes trouvés », qui se tient depuis le 16 mars 2011 dans l’une des Galeries nationales du Grand Palais, prendra fin le 6 juin prochain. Avant la clôture, se tiendra le 1er juin une conférence organise dans le cadre des « Rendez-vous du mercredi soir » du musée : « Regards croisés sur la poétique de deux caribéens : Césaire et Lam ».

Mercredi 1er juin 2011, 18 h 30 – Regards croisés sur la poétique de deux caribéens : Césaire et Lam
Cette unique conférence sera animée par Lilian Pestre de Almeida, professeur de littérature française et littératures francophones au Brésil, au Québec et en France.

La première rencontre de Lam et Césaire date de 1941. Le peintre, qui rentre à Cuba après des années passées en Europe, découvre Cahier d’un retour au pays natal au cours d’une escale à la Martinique. De ce choc esthétique naissent des relations qui dureront jusqu’à la mort de Lam en 1982, Césaire composant alors en hommage à son ami un extraordinaire « tombeau » en 10 poèmes. Sans parler d’influence réciproque directe, on peut dire que ces deux créateurs venus de cultures métissées, enracinées dans les Amériques noires, ont poursuivi pendant 40 ans un dialogue puisant dans un univers symbolique semblable, grâce à des poétiques orphiques de redécouverte du monde.
Liliane Pestre de Almeida prépare l’édition critique du Cahier d’un retour au pays natal.

Renseignements pratiques
Entrée gratuite
Les rendez-vous du mercredi soir – Auditorium Entrée Champs Elysées à 18 h 30
Accès prioritaire sur présentation d’une invitation à retirer aux comptoirs d’accueil à compter de sept jours avant la date de la manifestation

Aux grands hommes, tel Césaire, la patrie reconnaissante

Hommage à Aimé Césaire

L’année des outre-mer ne pouvait pas, c’est évident, ne pas être marquée par un et même des événements rendant hommage et célébrant la personnalité et l’œuvre incontournables d’Aimé Césaire.

Le mercredi 6 avril prochain, un hommage national sera rendu à Aimé Césaire au Panthéon, à Paris. Un hommage voulu par le président français Nicolas Sarkozy qui, en présence de la famille d’Aimé Césaire, apposera une plaque au nom du poète martiniquais. Le 17 avril prochain marquera le 3e anniversaire de la disparition de celui à qui Nicolas Sarkozy souhaite déclarer « la reconnaissance de la France dans son ensemble« , comme il l’avait annoncé lors de son passage en Martinique.

Le groupe France Télévisions se mobilise autour de cette cérémonie qui devrait réunir près d’un millier d’invités, les chaînes du groupe proposant une riche programmation de documentaires et d’émissions sur Aimé Césaire. L’événement lui-même sera retransmis mercredi en direct sur France 2, dès 16 h 45.

« Aimé Césaire a vécu intensément le vingtième siècle. Qu’il s’agisse de la richesse de ses mouvements littéraires et artistiques ou des soubresauts de son histoire politique, il a su comme personne le regarder en face. La poésie, qu’il appelle parole essentielle, aura été son expression littéraire principale », considère le ministre de la culture Frédéric Mitterrand qui, pour la présentation de l’événement cette semaine était aux côtés de Marie-Luce Penchard, Daniel Maximin et Euzhan Palcy. Le film hommage de la réalisatrice, Aimé Césaire une parole pour le XXIe siècle, fera l’objet d’une transmission sur des écrans consacrés aux visiteurs du Panthéon.

Cette cérémonie officielle célèbrera également l’œuvre du poète et initiateur du mouvement de la négritude, pour laquelle il s’agit aussi de mobiliser l’attention des plus jeunes. Elle s’accompagnera aussi de l’exposition de quatre feuillets d’écriture d’un cahier de Césaire et d’une fresque monumentale, que le public pourra découvrir gratuitement du jeudi 7 au dimanche 10 avril au cœur de la nef du Panthéon. Dans le cadre de cet hommage, six comédiens dont trois de la Comédie Française interpréteront des extraits de l’œuvre de l’auteur.

Hommage solennel à Aimé Césaire sur France Télévisions, mercredi 6 avril 2011
France Télévisions rend hommage à Aimé Césaire le 6 avril prochain avec des programmes exceptionnels : des documentaires inédits, des magazines, des émissions salueront l’œuvre et le combat d’Aimé Césaire sans oublier les journaux de France 2, de France 3 et de France Ô qui consacreront une partie de leurs éditions à lui rendre hommage.

Sur France 2
Mercredi 6 avril 2011, la rédaction de France 2 diffusera en direct, à partir de 16 h 35 une émission spéciale, présentée par Marie Drucker et consacrée à la cérémonie d’hommage de la Nation au poète martiniquais Aimé Césaire, mort en avril 2008.
Durant cette émission spéciale, Marie Drucker, accompagnée de Marijosé Alie, productrice à France Ô et directrice déléguée à la présence de la diversité à FTV, ainsi que leurs invités reviendront sur le parcours d’Aimé Césaire.

Ils commenteront en direct la cérémonie au Panthéon durant laquelle Nicolas Sarkozy dévoilera une inscription à la mémoire de l’intellectuel et homme politique, marquant ainsi la reconnaissance de la Nation.
Avec comme invités Jean-Marie Rouart, écrivain et académicien, et Abd Al Malik, chanteur
Cette retransmission sera diffusée à 20 h 35 sur France Ô.

Sur France 3
À 17h15, Olivier Barrot consacrera son émission Un livre, un jour au Cahier d’un retour au pays natal.

Sur France 5
À 23 h 50, Aimé Césaire, un nègre fondamental de François Fèvre. Un documentaire de 52 minutes de la Collection Empreintes réalisé par Laurent Chevallier et Laurent Hasse. Production : France 5/2F Productions.
Tout au long de ce documentaire, Aimé Césaire évoque son parcours personnel et complexe : une vie consacrée à une œuvre immense, littéraire et poétique, qui ne peut être isolée de l’engagement qui est le sien. En effet, il fut pendant un demi-siècle, le maire attentif de Fort-de- France et représentera les siens au palais Bourbon, à Paris, pendant la même période.

Sur France Ô

- 17 h, Aimé Césaire, un nègre fondamental de François Fèvre (voir ci-dessus).
- 20 h 35, retransmission d’Aimé Césaire, hommage de la Nation présentée par Marie Drucker et Marijosé Alie.
- 22 h 05, Toutes les France, une émission spéciale Césaire présentée par Ahmed El Keiy autour d’invités qui évoqueront la vie et les combats du père de la négritude.
- 23 h 05, premier volet de la série documentaire de 3×52 minutes, Aimé Césaire une parole pour le XXIe
siècle d’Euzhan Palcy. Les 2e et 3e volets de la série seront proposés en deuxième partie de soirée, les jeudi 8 et vendredi 9 avril.
- Samedi 2 avril à 12 h 35, Tropismes – Spéciale Aimé Césaire. Dans son émission littéraire, Laure Adler recevra, pour évoquer l’œuvre de Césaire, Daniel Maximin, écrivain et commissaire général de 2011, l’Année des Outre-mer.

Par ailleurs, Jean Lebrun consacrera sur France Inter son émission La marche de l’histoire du mardi 5 avril à 13 h 30 au thème « Aimé Césaire et la politique antillaise ». Il accueillera pour cette occasion Michel Giraud, sociologue et directeur de recherche au CNRS rattaché au Centre de Recherche sur les Pouvoirs Locaux dans la Caraïbe (Université des Antilles et de la Guyane).

« Aimé Césaire, pour toujours » en librairie, maintenant

21 mars 2011 Livres Aucun commentaire

Avec le livre Aimé Césaire, pour toujours (paru aux éditions Orphie), le Réunionnais Patrick Singaïny, journaliste et artiste contemporain, souhaite proposer une nouvelle lecture de l’auteur, une approche peut-être plus ouverte. Démarche à laquelle pourrait notamment céder un lectorat plus jeune,« conduit vers autant d’univers que de points de fuite qui s’accordent et s’établissent en un seul plan, livrant ainsi un portrait puissant d’un homme à la carrure historique, autant émancipateur que créateur ». Pour ce travail d’éclaircissement, Patrick Singaïny a convié notamment le sociologue et philosophe français Edgar Morin.

Patrick Singainy

Patrick Singainy

E-Karbé - Dans un premier temps, pouvez-vous nous parler de votre parcours et des raisons qui vous ont conduit en Martinique puis à travailler sur ce projet ?
Patrick Singaïny - En fait, en partant en 88 de la Réunion, je cherchais des outils déjà forgés et dont j’aurais pu faire une appropriation assez intéressante afin de mieux comprendre ma société, de mieux comprendre la Réunion, qui pour moi était – enfin, je la percevais comme ça à l’époque – très difficile à s’approprier. Et puis il y avait ce malaise lié à l’auto-dénigrement, lié à l’impossibilité de parler même de la personnalité réunionnaise et encore moins de l’identité, donc il était pour moi très important d’aller à la recherche de moi-même au travers non seulement de l’art mais aussi de la réflexion. Mais l’art est d’abord arrivé parce qu’au départ je suis un dessinateur de presse, je l’étais à 17 ans, et j’ai fait mon bonhomme de chemin. J’essaie de faire en sorte de mieux comprendre la société dans laquelle je suis. J’ai décroché une licence à Amiens mais ce n’était pas tellement le diplôme universitaire qui m’intéressait. Ce qui m’intéressait, à ce moment-là, c’était davantage toutes mes recherches sur ce curieux peuple qu’est le peuple antillais et c’est comme ça, finalement, que j’ai fait la connaissance de Glissant, de Chamoiseau… Beaucoup plus tard, je me suis frotté à la créolité qui était en fait dans l’air du temps, j’ai travaillé sur le métissage et sur toutes ces choses qui ont permis l’émergence, dans les années 92-95 à la Réunion, d’une vitalité tout à fait nouvelle en art contemporain et surtout au niveau de la pensée. Une pensée commençait à émerger qui a été vite étouffée dès 1996.

E-K - Il y a beaucoup d’écrits sur Césaire. En quoi le livre que vous publiez aujourd’hui apporte-t-il du nouveau ?
PS - Ce livre, contrairement à beaucoup de – bons – livres sur Césaire, a été rédigé en Martinique. Les gens qui ont collaboré à cet ouvrage travaillaient avec moi quand je menais la rubrique « Ce qui se dit de ce qu’on pense » dans l’hebdomadaire martiniquais Antilla.  Il s’agissait en fait de publier chaque semaine des points de vue de personnalités qui discutaient à partir de problématiques que je jetais en quelques phrases. Au décès de Césaire, on a tous été KO. La première semaine, j’ai demandé à chacun de donner son sentiment. La deuxième semaine, nous sommes restés dans l’embarras et dans la tristesse. La troisième semaine, on a commencé à y réfléchir. C’est là que j’ai eu cette idée d’amener ce spécial Césaire. Et au fur et à mesure, ça s’est transformé en quelque chose de beaucoup plus construit. Il fallait à ce moment-là proposer un Césaire « digérable » par les jeunes générations. Il fallait pour moi aller vers des gens qui pouvaient en parler librement, des spécialistes qui pouvaient amener un regard transversal pour pouvoir libérer Césaire de cette négritude qui lui colle à la peau. On le réduit tellement à cette négritude que finalement on s’est toujours empêchés de l’écouter, de le voir.

E-K - Vous avez dirigé des travaux qui ont donné naissance à ce livre. Avec qui avez-vous travaillé et pourquoi ?
PS – J’ai travaillé avec cette petite équipe martiniquaise qui toutes les semaines collaborait avec moi. Après, au fur et à mesure de l’approfondissement du sujet, je me suis rendu compte qu’Edgar Morin, qui était un compagnon de lutte de Césaire à l’époque où le stalinisme était très oppressant en France, avait un point de vue qui pouvait être intéressant, pas seulement sur le plan de l’histoire ou de la rencontre, mais aussi au niveau de la communauté des points de vue. Je l’ai contacté, il a accepté assez rapidement, à ma grande surprise. La même chose pour Françoise Vergès, qui a signé le dernier entretien avec Aimé Césaire. Et Laurence Proteau signe le dernier texte au travers duquel elle montre vraiment, graduellement, l’évolution de la pensée mais aussi des actions politiques de Césaire. Pour moi, il était très important d’avoir un point de vue très pédagogique sur Césaire. Et puis, pour le reste, ce sont des gens que je connaissais. Il y a Dominique Berthet, qui est un peu à part parce que lui, c’est un spécialiste d’André Breton. Dans son texte, il offre un regard intéressant sur l’influence que Césaire a eue sur Breton, ce dont on ne parle jamais. Et puis il y a Alfred Alexandre qui a décortiqué la poésie de Césaire et qui a su faire émerger de son article quelque chose de fabuleux qui démontre et qui montre les clés de compréhension de cette poésie qui est tout entière tournée vers la connaissance de soi.

E-K - Selon vous, qu’est-ce qui, dans le monde qui nous entoure, nous ramène à Césaire et en fait aujourd’hui encore un exemple à suivre dans les combats à mener ?
PS - Césaire, quand il a été rapporteur de la loi de l’assimilation, il a eu ce trait de génie : il a débaptisé cette loi, il l’a transformée par un néologisme, « départementalisation ». Ce faisant, il a ouvert ce qui devait être hermétiquement fermé à jamais, à savoir la Martinique dans la France et puis c’est tout, une assimilation au pas de charge. Ce qu’il n’a pas manqué de rectifier par cette départementalisation qui ouvrait d’emblée la voie vers autre chose. Et aujourd’hui, la Martinique et la Guyane accèdent à la collectivité unique… Et bien je considère que c’est grâce à lui. Parce que si on avait fermé hermétiquement la loi de l’assimilation, on n’aurait jamais pu accéder à ça. Voilà un exemple.
Et puis pour le reste, toute la poétique césairienne, tout le théâtre de Césaire ont su faire émerger une conscience, pas seulement chez les Antillais mais dans le monde entier, pas seulement pour les Américains mais aussi pour tous les opprimés. Bien sûr il y a eu le relais Fanon, bien sûr il y a eu le relais d’un certain nombre de gens, mais sans lui il n’y aurait pas eu le phénomène Fanon, les phénomènes liés à la créolité. Ça, ça me paraît clair. Je pense que finalement on lui doit quasiment tout.


[Ajout du 24 mars 2011] Le livre sera disponible le 8 avril dans toute la France.

Une saison chez Césaire au Théâtre des Déchargeurs à Paris jusqu’au 9 avril 2011

Une saison chez Césaire se vit depuis le 1er mars sur la scène du théâtre des Déchargeurs jusqu’au 9 avril 2011. Un spectacle monté autour de l’œuvre du poète martiniquais, adapté par la dramaturge et fille du poète Michèle Césaire et mis en scène par Rudy Sylaire, qui a déjà conquis en Martinique en 2010.

C’est la parole de Césaire, poète, homme politique engagé, auteur de théâtre que les comédiens et les initiateurs de cette pièce souhaitent transmettre. Pour eux, « il s’agit d’une nécessité plus que d’un devoir de mémoire. Une nécessité parce que le combat pour la reconnaissance de la culture de l’homme noir est toujours à mener et d’actualité. La poésie, le théâtre et le discours politique sont intrinsèquement liés et ont généré l’œuvre d’Aimé Césaire d’où le choix, hormis quelques poèmes, des extraits de : Discours sur le Colonialisme, Les chiens se taisaient, La tragédie du Roi Christophe et Une saison au Congo ». Un projet artistique et universel qui confirme que la parole de l’auteur reste terriblement d’actualité et résolument valable aujourd’hui encore dans les combats en faveur des droits de l’homme : « nous proposons avec ce spectacle, créé à partir des textes d’Aimé Césaire, de transmettre ses prophéties, ses visions, ses exigences. Il s’agit donc en définitive de théâtre, de poésie et des droits de l’homme. »

Quatre comédiens, Gladys Arnaud, Eric Delor, Jean-Bernard Ekam-Dick et Astrid Mercier servent sur scène la poésie de l’âme de la Martinique sur une mise en scène de Ruddy Sylaire, qui se met lui aussi au service des pensées humanistes de celui qui a mis en lumière et valorisé l’histoire et la culture des peuples noirs.

Théâtre Les Déchargeurs – Salle Vicky Messica
Rue des Déchargeurs 75001 Paris
21 h 45, mardi au samedi jusqu’au au 9 avril 2011 (relâches les 24, 25 et 26 mars)
14 h les samedis 19 mars, 2 et 9 avril 2011
www.lesdechargeurs.fr

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  • Marius CATORC: Je suis très heureux de constater que le travail colossal accomplit par Bernard ASCAL, pour la réalisation et la sortie en 2008 du double CD sur "CAH...
  • Vanmai Jean: Cher Daniel, Ta persévérance commence à "payer"... Malgré l'hostilité des "intellectuels bien pensants" sur le même sujet ! Bravo !...
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