France Ô fait passer « Le souffle du Reggae »

France Ô invite le téléspectateur à un voyage en musique direction la planète reggae. Le 16 avril 2016, à travers trois continents, c’est la force continue de cette musique qui sera racontée.

Le souffle du Reggae, une réalisation de Jérémie Cuvillier, devrait séduire les amoureux de cette musique. Ce documentaire est une immersion dans la scène reggae contemporaine, pour comprendre en quoi et avec quelle force ce style musical continue d’irradier les artistes du monde entier. Construit comme un voyage, ce récit va nous amener de France vers la Jamaïque, pour se terminer en Afrique, terre des origines.

Le souffle du Reggae (par Anne-Laure Fournier)
« Tout le monde vient de quelque part, et ces racines sont dans l’espace. C’est l’espace des migrations successives qui ont emmené nos parents là où nous sommes. » Le reggae est sans aucun doute la musique qui incarne le mieux ces racines et ces migrations. Ainsi commencent, avec ces paroles du philosophe Yacouba Konaté, la réflexion et le périple de Jérémie Cuvillier à la rencontre de celles et ceux qui incarnent le reggae aujourd’hui. Celui, en France, de Sinsemilia, Taïro ou Danakil.

« On a refusé de copier les Jamaïcains, expliquent les Grenoblois de Sinsemilia. On s’en inspire énormément, mais, en même temps, on laisse la porte ouverte au rock, à la chanson française… parce que c’est notre culture. » Pour le Tourangeau Brahim, « l’essence du reggae, c’est la contestation ». Un sentiment qu’a longtemps partagé Taïro, fils d’un militant politique marocain exilé en France : « Au début, adolescent, j’avais envie de continuer son combat. Avec le temps, je me suis dit que je devais être musicien, essayer de faire de bonnes chansons, être moi-même… » L’Afro-Caribéen Yaniss Odua est associé à l’image d’un « reggae qui évolue avec son temps… plus spontané, plus léger » : le dancehall, très populaire et différent du roots des origines. Balik, membre du groupe français Danakil, confirme : « Le reggae a su se fondre avec les identités et muter : c’est ce qui le rend universel à travers les gens et les pays. » Le Normand Naâman, lui, a choisi de vivre en Jamaïque : « On est cette nouvelle génération qui reprend le roots, qui mélange avec d’autres styles musicaux, et surtout qui réconcilie le reggae avec le public. » Pour des musiciens jamaïcains comme Koro Fyah, voir « les artistes étrangers faire du reggae de manière si passionnée, ça nous inspire » !

Protoje, Billy « Mystic » et Diana Rutherford sont les visages de cette nouvelle scène du reggae jamaïcain. Mais, pour cette dernière, « ce n’est pas juste une forme artistique, c’est une partie du mouvement rasta : c’est indissociable ! Tu ne peux pas chanter de manière superficielle sans aller chercher les racines. » Ce sont celles qui viennent d’Ethiopie, évidemment, où est né le mouvement rastafari, inspiré par la vision panafricaine de Marcus Garvey. Depuis, le reggae a voyagé à son tour sur l’ensemble du continent africain. Bob Marley le pensait : « Lorsque le reggae arrivera en Afrique, il prendra une nouvelle dimension. »

Les reggaemen Ras Goody Brown, Takana Zion, Naftaly ou Kajeem en sont aujourd’hui les représentants. Le réalisateur Jérémie Cuvillier les a rencontrés lors du festival de reggae d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, où participait également Julius Garvey, le fils du « prophète », qui insiste : « Le reggae est une musique contestataire et révolutionnaire dans la pure tradition jamaïcaine. »

Mais, pour Naftaly, « on ne fait pas du reggae parce qu’on est rasta, tout le monde peut faire du reggae ! »

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