Princesse du Bronx sur France Ô le 10 octobre

Rocky, princesse du Bronx
Rocky, princesse du Bronx

Ce docu-réalité c’est l’histoire de Rocky, une adolescente du Bronx âgée 17 ans. Au terme de ses années lycées, elle décide de retrouver ses racines au Ghana, où vit son père. Elle quitte New-York et sa mère avec laquelle les relations sont tendues et la rupture proche, pour retrouver sur cette terre d’Afrique de l’Ouest son père

Yoni Brook et Musa Syeed la suivent dans l’exploration de ses racines paternelles, où les désirs d’indépendance de la princesse new-yorkaise sont confrontés aux valeurs traditionnelles. Elle en revient plus pragmatique et jettera peut-être désormais un œil moins contemplatif sur le monde.

Retrouvez l’interview des réalisateurs Yoni Brook et Musa Syeed sur http://www.pbs.org/pov/bronxprincess/interview.php

POV (Point Of View) : Rocky est un personnage véritablement charmant et précoce. Ses parents sont également fascinants. Comment avez-vous trouvé Rocky et sa famille ?
Yoni Brook : Musa et moi avons travaillé sur un projet dans le Bronx, juste dans la rue où la mère de Rocky tient son magasin, et tout le monde sur ce bloc connaît la mère de Rocky. Elle est conseillère en relation et en produits capillaires, reconnue comme la « Mama Africa » de sa rue. Initialement, nous avons été séduits par la mère de Rocky. Un jour, quand Rocky est finalement entrée dans le magasin de sa mère, ses écouteurs sur les oreilles, tirant des plans sur la comète, parlant d’être la star du lycée, de partir au Ghana pour devenir une princesse et d’entrer à l’université, nous avons immédiatement su que nous devions faire un film sur toute la famille.

POV : La dynamique entre Rocky et sa mère n’a pas de prix! Dites-nous en plus sur leur relation.
Musa Syeed : Rocky est avec sa mère comme n’importe quel adolescent avec l’un ou l’autre de ses parents. Bien sûr, il y a  de la tension du fait que l’adolescente se prépare à quitter la maison pour l’université – elle veut tracer sa propre voie et ne pas vivre dans l’ombre de ses parents. Les parents sont généralement très sceptiques sur l’indépendance de leurs enfants et cette dynamique joue réellement entre Rocky et sa mère.

Rocky est également la première femme de sa famille à aller à l’université, ce qui ne manque pas de susciter des tensions au sein de la famille. Auntie Yaa, la mère de Rocky, veut savoir si l’éducation acquise au lycée va inciter sa fille à lui tenir tête voire si elle ne la conduira pas à ne plus respecter son expérience de mère.

POV : Il y a aussi des tensions culturelles entre Rocky et sa mère, car Rocky est née et a grandi aux États-Unis. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette source de tension ?
Yoni Brook : Les parents de Rocky ont fait d’énormes sacrifices pour venir aux États-Unis et élever leur famille à New-York, parce qu’ils voulaient que leurs enfants aient une meilleure éducation et une vie meilleure. Mais, dans le film, on voit Rocky devenir une adulte et et s’interroger à propos de ce qu’elle souhaite pour elle-même. Par exemple, la maman de Rocky tient un institut de beauté et elle veut que sa fille y travaille avec elle. Pour Rocky, cela semble démodé et ennuyeux. Elle veut devenir avocate, elle ne veut pas travailler dans la vente de produits. Pour sa mère, cet institut de beauté est l’aboutissement d’un rêve d’enfance : posséder sa propre entreprise. Elle veut bien que sa fille aille à l’université mais elle veut également qu’elle apprécie les sacrifices que ses parents ont faits pour elle.

POV : Comment la relation avec Rocky elle-même a-t-elle pu s’établir ?
Yoni Brook : Lorsque nous avons rencontré Rocky, elle s’est demandée où nous avions été durant tout ce temps ! Elle avait vraiment l’impression qu’elle méritait de faire l’objet d’un film. Elle n’était donc pas du tout surprise que deux gars  se montrent et annoncent qu’ils voulaient faire un film sur elle pour PBS. Elle pensait que c’était juste ce qui devait arriver.

Rocky est très intelligente, elle s’exprime bien et c’est personne chaleureuse. Mais elle est aussi prudente quant aux gens qu’elle choisit comme amis. Lors de notre première interview, elle nous a dit : «Je crois que dans ma vie entière je ne vais pas avoir plus de 20 amis et vous pouvez être sur la liste ».  Nous nous considérions alors heureux qu’elle puisse nous juger comme tel.

Nos rapports avec Rocky se sont rapidement établis. L’une des premières séquences du  film montre la lutte entre la mère et sa fille qui veut aller à la plage. Cela a eu d’énormes impacts sur les jours qui ont suivi et nous étions là, avec elles, durant cette période très émouvante. La mère et la fille se plaignaient l’une de l’autre et se sont confiées à nous. Parce que cet affrontement est arrivé très tôt dans le tournage, il a façonné nos relations avec chacune d’entre elles, nous étions une sorte de tampon entre la mère et la fille.

POV : Qu’ont ressenti les parents de Rocky à l’idée d’être filmés ?
Yoni Brook : Il y a eu des moments où les parents ne voulaient plus faire le film. Ils estimaient  que nous contribuions simplement à rendre Rocky encore plus imbue de sa personne  et à flatter son égo. Ils nous ont dit : « Les gars, vous avez tourné pendant une semaine. Pourquoi continuer à venir ? N’en avez-vous pas assez pour faire votre film ? « . Nous avons essayé d’expliquer qu’au cours de l’été Rocky grandirait et changerait alors qu’elle se rendrait du Bronx au Ghana, puis à l’université de Pennsylvanie. Nous avons dû convaincre ses parents que nous n’allions pas contribuer à aggraver son problème d’égo, que nous étions là pour réaliser le documentaire, rapporter ce qui se passait.

Il a également été difficile pour nous d’être parachutés au Ghana avec Rocky et de commencer le tournage au palais, dans la foulée. Nous avions passé des mois dans le Bronx, avant le début du tournage, pour gagner la confiance de la mère de Rocky, mais une fois arrivés au Ghana, nous n’avons eu que quelques semaines pour filmer une grande partie du film. Le travail en tant que cinéastes, au sein du palais, était plutôt délicat, parce que nous avons dû demander au chef de faire certaines choses comme s’asseoir pour une interview ou porter un micro. Tout le monde avait recours à lui pour prodiguer des conseils. Notre présence suscitait de l’excitation pour eux et a également bouleversé la structure du pouvoir, parce que nous faisions des demandes auprès du chef. Jouer les petites souris au Ghana était un défi mais, au final, je pense que nous avons pu saisir des moments réels entre le père et sa fille […].

Documentaire de Yoni Brook et Musa Syeed diffusé sur France Ô le 10 octobre à 16 h.

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