Maillage : la rentrée littéraire au Palais de la Porte Dorée

Du 25 au 27 septembre 2026, le Palais de la Porte Dorée inaugure Maillage, son nouveau festival littéraire. Pour cette première édition, le romancier Mohamed Mbougar Sarr est l’invité d’honneur d’un week-end qui réunira une trentaine d’écrivaines et d’écrivains mais aussi des artistes issus de la bande dessinée, de la musique, des arts plastiques et de la scène.

Pensé comme un espace de circulation entre les disciplines et les récits, Maillage s’intéressera notamment aux migrations, à l’exil, aux identités multiples, à la mémoire et aux questions environnementales. Rencontres littéraires, ateliers, performances, lectures, concours d’écriture, créations collectives, contes et visites investiront pendant trois jours les différents espaces du Palais, jusqu’à l’Aquarium tropical.

Dans ce lieu, les questions de mémoire, de migrations et d’héritages coloniaux trouvent un écho particulier. Le festival Maillage les aborde à travers la littérature, la bande dessinée et les arts, en faisant dialoguer récits intimes, histoire et création contemporaine. Une programmation qui fera notamment entendre des voix et des récits liés à la Caraïbe et aux territoires ultramarins, de l’exil haïtien aux blessures de la colonisation en Guyane.

Trois rendez-vous à ne pas manquer
Samedi 26 septembre, l’historien Pierre Singaravélou et Mohamed Mbougar Sarr confronteront leurs façons de raconter et de comprendre le monde sur la thématique Rouvrir le monde, l’histoire et la littérature. Au centre de leur échange, le nouveau livre de Singaravélou, De quoi l’histoire est-elle faite, sinon du monde ? (Verdier, 2026), qui interroge notamment les liens entre histoire personnelle et histoire collective. Un dialogue particulièrement prometteur lorsqu’on connaît l’attention portée, dans les littératures issues des mondes coloniaux et postcoloniaux, aux récits longtemps restés en marge des grandes histoires officielles.

Plus tard, avec Penser/Panser les blessures de la colonisation, la question coloniale revient au cœur des débats, avec plusieurs intervenants dont les journalistes Margot Hemmerich et Clémentine Méténier, autrices de La France Empire : Enquêtes sur les blessures des territoires colonisés, bande dessinée qui porte par l’enquête un regard sur les traces laissées par l’histoire impériale française. L’ouvrage et ses « huit enquêtes choc pour regarder notre histoire coloniale en face et en finir avec un déni national » revient entre autres sur l’histoire de la Guyane et le sort de jeunes autochtones enlevés, déplacés, francisés et christianisés de force. À travers ce récit, c’est une autre histoire du territoire guyanais qui apparaît, entre violences coloniales, effacement des identités et mémoire encore vive. Une entrée particulièrement intéressante pour prolonger, depuis la littérature et la bande dessinée, les réflexions sur les héritages de la colonisation.

Le dimanche 27 septembre à 14h30, l’exil sera envisagé depuis l’intime avec Manal Halil, Jadd Hilal, Thélyson Orélien, Polina Panassenko, Sergueï Shikalov et Delphine Hermans, à travers la rencontre littéraire Ce que l’exil fait aux âmes et aux corps. Romans et récit graphique se répondent autour de ce que signifie quitter un pays, une langue, une histoire familiale ou une partie de soi.

Parmi ces voix, Thélyson Orélien retiendra particulièrement l’attention. D’origine haïtienne et installé au Québec, l’auteur de C’était ça ou mourir (Grasset) raconte le départ d’un jeune professeur de Port-au-Prince vers le Canada. Son premier roman inscrit ainsi l’expérience haïtienne dans une réflexion plus vaste sur l’exil, l’appartenance et les liens que l’on tente de préserver lorsqu’un changement de pays bouleverse une existence. La rencontre sera elle aussi suivie d’une dédicace.

Un festival à parcourir autant qu’à écouter
Si les rencontres littéraires constituent le cœur de Maillage, le festival invite aussi à changer de format et de décor : performances, créations musicales et poétiques, ateliers, contes musicaux, entretiens et séances de dédicaces investiront les différents espaces du Palais de la Porte Dorée pendant trois jours.

Parmi ces rendez-vous, la balade guidée Civiliser, proposée par Kévi Donat, fondateur du Paris Noir, mérite une attention particulière. Conçue spécialement pour Maillage, elle se déroule samedi 26 et dimanche 27 septembre à 10h30 et 13h30, pour une durée de deux heures, avec un départ depuis le parvis du Palais. À travers cinq étapes, elle revient sur les symboles et l’idéologie inscrits dans le bâtiment hérité de l’Exposition coloniale de 1931, tout en faisant émerger les récits des résistances, du travail forcé et de figures longtemps méconnues.

Une programmation à découvrir dans son ensemble, notamment pour les autres performances, contes musicaux, rencontres et dédicaces proposés tout au long du week-end. Les horaires, modalités de réservation et détails de chaque rendez-vous sont à retrouver dans l’agenda du Palais de la Porte Dorée.

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