FIFAC 2026 : filmer le monde depuis l’Amazonie et la Caraïbe

Du 6 au 10 octobre, le FIFAC revient pour une huitième édition et toujours une même ambition : regarder le monde à travers le cinéma documentaire. À Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, de l’exil au dérèglement climatique, des identités aux territoires menacés, les 35 films programmés racontent une Amazonie et une Caraïbe loin des cartes postales.

À Saint-Laurent-du-Maroni, au Camp de la Transportation, la programmation du FIFAC place une nouvelle fois le documentaire au cœur des réalités contemporaines de la région. Pour cette 8e édition, le festival présente des films venus de 14 territoires et fait dialoguer des histoires et des regards qui, malgré leurs différences, se rejoignent autour de préoccupations très actuelles.

Le FIFAC se présente comme un moyen de témoigner et d’interroger la réalité. Ainsi, dans son éditorial, le festival revendique cette fonction à l’heure où désinformation, propagande, guerres, déplacements de population et dérèglement climatique précisant que depuis sa création « le FIFAC n’a cessé de proposer des récits qui témoignent de l’état de notre monde, et aident à comprendre l’histoire des territoires et des peuples d’Amazonie et de la Caraïbe ».

La programmation de cette édition 2026 en fera l’illustration. Les films sélectionnés racontent des parcours d’exil, des histoires familiales, des questions d’appartenance et des territoires soumis à de nouvelles fragilités. Le dérèglement climatique et ses conséquences apparaissent notamment à travers deux espaces très éloignés : Saint-Pierre-et-Miquelon, confronté à la montée des eaux, et les villages kali’na d’Awala-Yalimapo, en Guyane, eux aussi directement exposés à l’évolution du littoral. Parmi les autres thématiques qui traversent la programmation, l’exil occupe une place importante, notamment à travers les trajectoires haïtiennes vers le Canada et les États-Unis.

Une cartographie documentaire de la Caraïbe et de l’Amazonie
Les 14 territoires représentés cette année dessinent une géographie particulièrement large, de l’Argentine au Surinam, en passant par la Guyane, la Jamaïque, Cuba, la Guadeloupe, la Martinique, le Brésil ou encore la Colombie. Une diversité qui donne au festival l’occasion donner voix à des récits souvent peu visibles au-delà de leurs territoires d’origine.

Cette volonté de raconter les territoires depuis ceux qui les habitent se retrouve aussi dans la place accordée à la production guyanaise. Neuf films tournés en Guyane sont au programme de cette édition. Une présence qui accompagne le développement d’une création documentaire locale et le travail engagé pour soutenir les auteurs et les professionnels de l’image.

Le FIFAC ne se limite donc pas aux projections. En 2026, 225 documentaires ont répondu à l’appel à films du festival. Les séances seront accompagnées de 11 rencontres avec des réalisateurs, producteurs ou protagonistes, tandis que les rendez-vous professionnels et les rencontres de coproduction favoriseront les échanges entre les acteurs de l’Amazonie, de la Caraïbe et d’autres territoires.

Côté compétition, le FIFAC propose cette année encore plusieurs rendez-vous pour départager les documentaires en lice pour décerner cinq prix, parmi lesquels le Grand prix FIFAC/France Télévisions, récompensant le meilleur film documentaire, le prix du meilleur court-métrage documentaire ou encore le prix Demain France Télévisions visant à distinguer les créations en lien avec les enjeux climatiques et les questions environnementales en Outre-mer. Cette édition édition qui se distingue également, comme le souligne l’organisation, par la forte présence des femmes, aussi bien derrière la caméra qu’à la production.

Saint-Laurent-du-Maroni, un lieu qui fait écho aux films
Installé au Camp de la Transportation, ancien bagne devenu pôle culturel, le festival prend place dans un espace où la mémoire, les histoires de déplacement et les questions de territoire sont durablement inscrits dans les murs. Ici, les questions de déplacement, de mémoire et de territoire ne sont pas seulement des sujets de films : elles appartiennent aussi à l’histoire du lieu et de cette ville de l’ouest guyanais, un carrefour d’influences sud-américaines, caribéennes et européennes où d’emblée le cinéma documentaire trouve un cadre particulièrement pertinent pour faire dialoguer les histoires et les témoignages.

Présidé cette année par l’écrivaine guadeloupéenne Gisèle Pineau, le jury s’inscrit lui aussi dans cette volonté de placer les parcours humains au centre du regard documentaire. Dans le dossier de presse, elle résume sa conception du genre en quelques mots : « témoigner, donner la parole, faire entendre des voix singulières ». Une approche qui rejoint l’esprit de cette édition : prendre le temps de regarder les transformations en cours, de suivre celles et ceux qui les vivent et de faire entendre des récits qui ne trouvent pas toujours leur place dans l’actualité.

La programmation 2026 invite une fois encore à regarder la Caraïbe, l’Amazonie et d’autres territoires comme Saint-Pierre et Miquelon, à les observer comme des territoires traversés par les migrations, les bouleversements environnementaux, les héritages historiques et les nouvelles aspirations. Avec ses compétitions, ses avant-premières, ses séances en plein air et ses rencontres, le FIFAC transforme pendant cinq jours Saint-Laurent-du-Maroni en lieu de circulation des récits.

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