Une conférence débat sur C. L. R. James, le « Platon noir »

La récente parution de C. L. R. James – La vie révolutionnaire d’un « Platon noir » signé de Matthieu Renault (1) donnera lieu à une conférence-débat organisée dans le cadre du cycle « Penser la Caraïbe, penser le monde ». Cette rencontre, qui est l’un des nouveaux rendez-vous initiés par l’institut du Tout-Monde, prendra place le 16 février 2016 à la Maison de l’Amérique latine à Paris.

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C. L. R. James – La vie révolutionnaire d’un « Platon noir »

La prochaine conférence-débat organisée par l’institut du Tout-Monde, programmée dans le cadre du cycle « Penser la Caraïbe, penser le monde », s’appuiera sur le livre C. L. R. James – La vie révolutionnaire d’un « Platon noir » de Matthieu Renault. Publié récemment, il s’agit d’un ouvrage dans lequel l’auteur nous fait découvrir la pensée de C. L. R. James, intellectuel engagé de la cause panafricaniste, né à Trinidad (encore colonie britannique) au tout début du 20e siècle. Les écrits et le parcours de C. L. R. James, peu connu en France, peuvent aujourd’hui encore trouver un écho et la conférence du 16 février 2016 que tiendra Matthieu Renault peut être l’occasion d’y prêter une oreille attentive.

Dans son livre, l’auteur évoque la vie de C. L. R. James en partant de l’enfance et de l’éducation de celui qui a vu le jour un peu plus de 60 ans après l’abolition de l’esclavage dans son pays, jusqu’à ses œuvres en lien avec les indépendances à travers des thèmes comme : « Retour au pays natal » ou « la renaissance caribéenne ». « La découverte du peuple antillais, Toussaint Louverture : histoire et tragédie » ou encore l’évocation de son œuvre Les Jacobins noirs (2), sont autant d’opportunité de mieux appréhender la pensée ou simplement d’en apprendre plus sur la vie et l’œuvre de C. L. R. James.

C. L. R. James – La vie révolutionnaire d’un « Platon noir » (éd. La Découverte, janvier 2016)
Qui, en France, connaît C. L. R. James ? Né en 1901 à Trinidad, alors colonie de la Couronne britannique, et mort à Londres en 1989, celui que le Times dénomma à la fin de sa vie le « Platon noir de notre génération » est pourtant une figure intellectuelle et politique majeure d’un siècle qu’il aura traversé presque de part en part. Intellectuel diasporique par excellence, militant panafricain de la première heure, James a pris part aux grands mouvements de décolonisation de son temps en Afrique et dans la Caraïbe et fut un acteur de premier plan des luttes noires aux États-Unis.

Fervent partisan de Trotski avant de rompre avec l’héritage de ce dernier pour défendre la thèse de l’auto-émancipation des masses ouvrières-populaires, James eut un destin étroitement imbriqué dans celui du marxisme au XXe siècle. Pour ce « marxiste noir », révolution socialiste et luttes anticoloniales-antiracistes étaient intimement enchevêtrées : elles s’inscrivaient dans l’horizon d’une « révolution mondiale » dont la source et le centre ne pouvaient plus être la seule Europe. C’est à celle-ci que James s’est voué corps et âme pendant plus de cinq décennies, débattant et collaborant avec ses contemporains aux quatre coins du monde.

Dans une conjoncture où la gauche radicale éprouve de grandes difficultés à renouveler ses stratégies face aux revendications des minorités non blanches et où la critique de l’eurocentrisme bat de l’aile, méditer la vie et l’œuvre de James pourrait se révéler essentiel dans la tâche de construction d’une pensée de l’émancipation qui soit, enfin, à la mesure du monde.

Mardi 16 février 2016, 19 h
Cycle : « Penser la Caraïbe, penser le monde »
CLR James. La vie révolutionnaire d’un « Platon noir »
Conférence-débat avec Matthieu Renault
Paris, Maison de l’Amérique latine

(1) Matthieu Renault est notamment l’auteur de Frantz Fanon. De l’anticolonialisme à la critique postcoloniale (Amsterdam, 2011) et de L’Amérique de John Locke. L’expansion coloniale de la philosophie européenne (Amsterdam, 2014).

(2) Les Jacobins noirs – Toussaint Louverture et la Révolution de Saint-Domingue (réédité éd. Amsterdam, 2008). Présentation de l’éditeur : « Cette remarquable étude sur la seule révolte d’esclaves qui ait réussi est devenu un classique. Elle reste un modèle de recherche historique, fine par son analyse politique des événements, mais aussi passionnante dans leur narration. En 1791, dans la Caraïbe, l’île de Saint-Domingue, la plus prospère des colonies française et marché important pour le commerce des esclaves, est prise dans l’engrenage de la révolution ; la révolution revue et corrigée par le contexte tropical. Pendant douze ans, les esclaves révoltés vont se dresser contre les maîtres blancs, affronter successivement les armées françaises, espagnoles et anglaises et remporter une victoire décisive sur l’expédition envoyée par Bonaparte en 1803, victoire qui instaurera l’État noir d’Haïti. Toussaint Louverture – lui-même esclave jusqu’à l’âge de 45 ans –, fut le chef de cette gigantesque entreprise. Quel fut le processus qui engendra cette révolution ? Comment produisit-elle ce chef hors du commun et de quelle manière la porta-t-il à son tour jusqu’à sa conclusion triomphale ? Tels sont quelques-uns des thèmes principaux abordés dans ce grand livre. »

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