« Du rififi chez les fils de la veuve », selon Raphaël Confiant, dans son polar à paraître le 22 février 2012

Avec son nouveau polar Du rififi chez les fils de la veuve, Raphaël Confiant va entraîner ses lecteurs à travers une nouvelle enquête, cette fois dans le monde peu exploré de la franc-maçonnerie.  Le second polar de l’auteur martiniquais sera en librairie à partir du 22 février 2012.

Du rififi chez les fils de la veuve, R. Confiant
Du rififi chez les fils de la veuve, R. Confiant

Raphaël Confiant nous livre en ce début d’année une nouvelle enquête du détective Jack Teddyson, explorant ainsi pour la seconde fois un genre littéraire qui lui avait réussi lors de sa première incursion dans ce style puisqu’il avait reçu, en 2011 le Prix du livre insulaire 2011 (catégorie polar) pour Citoyens au-dessus de tout soupçon, sorti un 2010 toujours dans la collection Caraïbéditions Polar.

On retrouve donc le détective Jack Teddyson (« déjanté, loufoque même par moment »), mais aussi son incontournable compagne Francelise et l’inspecteur Maxence du commissariat central de Fort-de-France qui faisaient partie de l’environnement de Teddyson lors de sa première enquête sur l’assassinat de Sésostris Ferdinand, dans Citoyens au-dessus de tout soupçon. Comme habituellement dans le polar, le lecteur retrouve ses marques et les personnages qui charpentent l’histoire et constituent des repères. Des protagonistes que Raphaël Confiant rappelle afin « de fidéliser le lecteur qui, en rencontrant un personnage qu’il connaît déjà, le découvre sous d’autres facettes, s’attache à lui ou le déteste. Cela crée une sorte de familiarité et renforce la nécessaire illusion romanesque sans laquelle aucun texte littéraire n’est crédible. » Benoît Delmont et Joseph Lafontant, autres protagonistes, sont ceux chez qui la jeune Jessie est retrouvée morte. Joseph Lafontant s’est accusé du meurtre et a été condamné.

Un meurtre horrible, celui de Jessie, des personnages énigmatiques et un détective qui relance une enquête qui semblait pourtant close et surtout tout un univers campé et conté et par un Raphaël Confiant qui le veut loin de l’image « trop souvent assimilée à un paradis insulaire ». L’auteur justifie logiquement le choix inattendu du milieu de la franc-maçonnerie par la quasi-absence d’excursion dans ce monde : « pratiquement aucun ouvrage de fiction martiniquais ne s’est intéressé jusqu’à présent à ce milieu, ce qui est un peu étrange étant donné le poids important de la franc-maçonnerie dans la société martiniquaise, et cela dès le XIXe siècle. Dans le Saint-Pierre d’avant l’éruption de la montagne Pelée, par exemple, les loges maçonniques exerçaient une forte influence, occulte évidemment, dans tous les secteurs de la société, en particulier ceux de la politique et de l’économie. Les deux ethno-groupes dominants de cette époque, les Blancs créoles et les mulâtres, avaient chacun leurs loges ».

Le mystère n’est pas seulement lié au milieu dans lequel enquête Jack Teddyson, mais aussi aux acteurs qui l’incitent à relancer l’enquête, « de mystérieux commanditaires » qui vont conduire le détective à se créer un nouveau personnage afin de s’immerger dans ses investigations auprès des francs maçons et d’être admis dans leur loge. Une immersion tout en suspens et en tension, toujours à cause de ceux pour qui Joseph Lafontant n’est pas l’assassin : « … Durant une bonne partie de l’enquête, notre détective privé ne saura pas qui sont les commanditaires de celle-ci tout en se doutant bien qu’ils sont membres de ladite loge et qu’il les côtoient donc à chaque ‘tenue’. ‘Tenue’ étant le mot utilisé par les maçons pour désigner leurs réunions. Régulièrement, ces commanditaires, toujours masqués lorsqu’ils rencontrent Teddyson, et cela dans des lieux insolites comme le cimetière des riches à Fort-de-France, à minuit, lui demanderont de faire le point sur l’état d’avancement de l’enquête et lui paieront des honoraires. »

Raphaël Confiant, avec ce nouveau livre, va continuer à enrichir la bibliothèque du polar caribéen, car outre l’humour très présent dans l’ouvrage, l’auteur se fixe un tout autre objectif : « créer une forme de polar à la créole, c’est-à-dire avec tout le côté chaotique, cacophonique, contradictoire, exubérant, implacable et tendre à la fois de la vie créole. Je crois que quel que soit le genre littéraire choisi, un écrivain antillais se doit de le nativiser, de le créoliser, sinon il s’expose à faire du duplicata littéraire. »

Du Rififi chez les Fils de la veuve, chez Caraïbéditions – Synopsis
Jack Teddyson, le très déjanté détective de Foyal, en l’île de la Martinique, mène l’enquête dans le monde de la franc-maçonnerie. Une jeune femme saint-lucienne, Jessie, a été retrouvée assassinée de la plus horrible manière (dix-sept coups de couteau et les seins sectionnés) au domicile d’un couple de retraités mulâtres, Benoît Delmont et Joseph Lafontant. Ce dernier s’est spontanément accusé du meurtre de celle qui fut leur servante des années durant avant de devenir la concubine de Delmont et a écopé de quinze ans de prison. Cela sans jamais expliquer son geste que les psychiatres et la presse mirent sur le coup d’une folie furieuse.

Trois mystérieux individus, qui se révèleront être des francs-maçons, vont chercher à relancer l’enquête en sollicitant les services de Teddyson. Ils ne croient pas du tout en la culpabilité de leur frère de la loge « Liberté et Justice » à laquelle appartient également Benoît Delmont et veulent démasquer le ou les vrai(s) coupable(s). Au centre de l’affaire, un terrain agricole situé en pleine zone urbanisable que ce même Delmont, le propriétaire, et ses associés du holding « L’Immobilière des Îles », notamment Julius Audibert, PDG de l’hypermarché « Cash-Market », cherchent à faire déclasser alors qu’il est squatté et mis en culture par des immigrés saint-luciens.

Plongée dans un univers où rituels ésotériques et vénération du « Grand Architecte de l’Univers », culte de la Raison et de la Justice, côtoient les intérêts matériels les plus sordides, ce roman policier nous dévoile une facette cachée de la Martinique, trop souvent assimilée à un paradis insulaire.

Du rififi chez les fils de la veuve, de Raphaël Confiant
Caraïbéditions
16 euros

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