Patrick Fischer Naudin « écrit du vécu » sur la Guyane

Au Salon du livre de Paris, l’espace réservé à l’outre-mer offre l’occasion de rencontrer les auteurs venus partager leurs différentes raisons d’écrire. Chez Patrick Fischer Naudin, ces raisons ont pour point de départ la Guyane.

Depuis son premier livre sur la Guyane, Patrick Fischer Naudin poursuit sur sa lancée et continue de jouer le guide raconteur qui a choisi, à travers des écrits romancés basés sur du vécu, d’emmener le lecteur avec lui en forêt amazonienne. Sur sa route, non seulement la forêt et ses mystères, mais aussi les hommes qui vivent avec elle. Le fil de chaque aventure doit, entre autres, contribuer à éloigner ceux qui les suivent des clichés peu flatteurs sur la Guyane. Saut Sabbat (2006), son premier livre, matérialise d’après Patrick Fischer Naudin cet objectif : il y voit un « livre référence » que l’on « propose aux gens qui arrivent, pour en apprendre plus sur la Guyane ».

Dans ses récits, Patrick Fischer Naudin veut aussi mettre en lumière les peuples de Guyane qui vivent la forêt, principalement les Amérindiens avec lesquels il maintient des relations étroites, après avoir vécu plusieurs années en Guyane. « J’écris de belles histoires sur la forêt amazonienne qui démontrent que l’on peut y vivre sans qu’il y ait un danger particulier. Mais surtout qu’il y a une richesse de la faune et de la flore, cette jungle amazonienne. Et puis, il y a les peuples qui vivent en symbiose avec cette forêt, les Amérindiens et les Noirs marrons, et les Hmongs aussi », explique-t-il. Son propos, bien que romancé, éclaire bien des aspects de l’histoire et de la réalité d’Amérique du sud : « il y a toujours aussi une référence historique, comme la période de la production du caoutchouc à Manaus. J’ai une passion pour la forêt amazonienne et il me paraissait à la fois intéressant et important de la transposer à travers des écrits afin de mieux la faire connaître, et faire connaître ces peuples aussi. J’ai voulu montrer avec quelles philosophies ils ont réussi à survivre à travers les siècles ».

Son dernier roman en date – Talwaken, la montagne qui brille (aux Editions Orphie) – est justement une aventure en pays Wayana qui entraîne le lecteur jusque dans les monts Tumuc Humac, zone montagneuse qui marque la frontière entre la Guyane, le Brésil et le Surinam. Lieu chargé de symboles pour les peuples amérindiens et à partir duquel l’auteur propose non seulement de vivre de nouvelles péripéties mais aussi de donner l’opportunité de s’intéresser à l’histoire « des peuples chasseurs-cueilleurs itinérants qui existent vraiment » et de « montrer que cette jungle très épaisse peut receler des peuples qui se cachent, qui fuient tout contact mais qui sont quand même là ». Outre le regard porté sur la nature et les réalités humaines, Patrick Fischer Naudin en profite pour ajouter au tableau des composantes qui font la vie des populations auxquelles il va continuer à s’intéresser. Autre exemple : dans Talwaken, la montagne qui brille, il évoque le chamanisme et les valeurs que véhicule cette pratique chez les Wayanas.

Talwaken, la montagne qui brille (2011), Traque en pays émerillon (2008), Yavedehundi, la montagne sacrée (2011) : ce sont trois des titres de Patrick Fischer Naudin dans lesquels il a proposé soit de découvrir la magie de la forêt amazonienne, soit de comprendre les philosophies qui ont permis aux peuples de la forêt amazonienne de survivre à travers les siècles, soit de mieux appréhender la réalité contemporaine où les Amérindiens respectueux de la forêt doivent la partager avec les garimpeiros.

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