Samedi 7 novembre, l’Artchipel, la scène nationale de Guadeloupe, accueillera Femmes des Caraïbes, un spectacle mis en scène par Michael MacBatz. Il met en lumière deux figures majeures des luttes contre l’oppression : Queen Nanny, cheffe marronne jamaïcaine, et Solitude, combattante guadeloupéenne engagée contre le rétablissement de l’esclavage.
À travers Femmes des Caraïbes, Michael MacBatz propose une rencontre théâtrale entre deux trajectoires féminines longtemps restées en marge des récits historiques dominants, en faisant dialoguer la résistance marronne jamaïcaine et les combats menés en Guadeloupe contre l’esclavage. Une création qui fait entendre des mémoires dont la portée dépasse les frontières des Antilles. La présentation de l’Artchipel insistant sur la dimension prégnante de ces figures singulières et insoumises qui sont au cœur de cette création : « pour cette première étape d’un vaste projet théâtral imaginé par Michael MacBatz, deux figures majeures des résistances caribéennes prennent corps : Queen Nanny, cheffe marronne jamaïcaine devenue légende, et Solitude, combattante guadeloupéenne engagée aux côtés de Louis Delgrès contre le rétablissement de l’esclavage par Napoléon. »
Sans occulter les combats qu’elles ont menés, le spectacle donne à découvrir des femmes dont les parcours ont aussi été traversés
par la peur, la colère, le désir de liberté et l’urgence de survivre. Il s’intéresse à des femmes dont les combats se sont inscrits dans des contextes historiques différents, témoignent d’une même détermination à résister à l’oppression.
Des écritures au service des mémoires caribéennes
Les textes de cette création sont signés Ava-Gail Gardiner pour Queen Nanny et Laurence Joseph pour Solitude, d’après l’œuvre d’André Schwarz-Bart. Autrice jamaïcaine, Ava-Gail Gardiner développe un travail artistique nourri par les réalités sociales et culturelles de la Caraïbe, tandis que Laurence Joseph, comédienne, autrice et metteuse en scène née en Guadeloupe, s’attache notamment aux récits qui traversent les sociétés antillaises. On peut lire, dans leurs parcours respectifs, un même attachement à la transmission des mémoires et à la valorisation des histoires qui ont façonné les sociétés caribéennes.
Dans cette perspective et à travers cette créatio, leurs écritures se rencontrent autour de figures féminines dont les histoires individuelles s’inscrivent dans une mémoire collective. Une transmission qui voit sur scène, ces deux récits prendre vie à travers l’interprétation de Remi Oriogun-Williams, qui prête ses traits à Queen Nanny, et de Laurence Joseph, qui incarne Solitude.
Un seule-en-scène traversé par l’Histoire
La mise en scène de Michael MacBatz repose sur une forme de seule-en-scène qui ouvre un espace théâtral où les voix, les chants et les figures du passé prennent place. « La mise en scène emprunte la forme du seule-en-scène tout en ouvrant un espace peuplé de voix, de chants, de fantômes et de combats. Une actrice peut devenir tout un peuple, faire surgir une plantation, une montagne refuge, une prison ou une bataille. Le théâtre avance ici comme un tambour dans la nuit : avec peu d’artifices, mais une force d’évocation saisissante. », précise l’Artchipel dans la présentation du spectacle.
De la Jamaïque à la Guadeloupe, Femmes des Caraïbes fait ainsi résonner des histoires de résistance au féminin, en donnant une place centrale à celles dont les voix continuent de traverser les mémoires caribéennes.
Après la représentation guadeloupéenne, le spectacle poursuivra son parcours à Paris avec, entre autres, des dates au Local des Autrices, du 27 novembre au 6 décembre 2026, puis au Théâtre de l’Opprimé, du 30 avril au 4 mai 2027, pour prolonger sur scène la mémoire de ces femmes qui ont marqué l’histoire caribéenne.
Femmes des Caraïbes
Textes : Ava-Gail GARDINER (Queen Nanny) et Laurence JOSEPH (Solitude), d’après André Schwarz-Bart
Mise en scène Michael MACBATZ
Remi Oriogun-Williams pour Queen Nanny,
Solitude (inspirée de Solitude d’André Schwartz-Bart) : Laurence Joseph
Samedi 7 novembre : l’Artchipel (scène nationale de Guadeloupe)
Du 30 avril au 4 mai 2027 : Théâtre de l’Opprimé, Paris
Du 27 novembre au 6 décembre 2026 : Local des Autrices, Paris