Des « Territoires radiographiques » qui s’étendent à la Fondation Clément

Jusqu’au 14 septembre prochain à la Fondation Clément, en Martinique, l’artiste peintre Philippe Thomarel a déployé ses Territoires radiographiques. Une série de tableaux composés de portraits qui confrontent le regard des visiteurs, de chiens qui semblent persister dans leurs errements et de ponts vus de loin qui espèrent presque l’effacement.

Philippe Thomarel, peintre contemporain, expose le fruit artistique d’un travail qui explore les notions de mémoires et de territoires qu’il trouve le moyen d’exprimer à travers des portraits saisissants qui attirent fortement l’attention. Des regards francs ou méfiants ou encore frondeurs qui ne sont pas étrangers aux origines et au parcours de Philippe Thomarel. Le natif de Pointe-à-Pitre et surtout observateur de la tour Gabarre exprime et dessine en noir, blanc et parfois décline en gris sa vision de territoires radiographiques que peuvent parcourir les visiteurs jusqu’au 14 septembre 2014, s’ils se rendent à la Case à Léo de l’Habitation Clément, au François en Martinique.

L’exposition, en cours depuis le 8 août, et qu’il sera notamment possible de découvrir le 24 août à 10 h en présence Bruno Pédurand, un autre plasticien guadeloupéen, conjugue donc les réflexions nées de son expérience de vie en Guadeloupe et des questions empreintes de contemporanéité qui définissent le travail de Philippe Thomarel en tant qu’artiste contemporain de la Caraïbe.

À l’occasion de cette exposition Christian Bracy, critique d’art, détaille sa vision de l’artiste :
Le travail de ce peintre exprime un désenchantement saisissant par la présentation de visages baissés, une souffrance inhérente aux regards, ainsi que la proximité des plans, et une certaine cruauté due à certains angles de vue en plongée. Thomarel par ces moyens-là exprime aussi un désir de confrontation directe avec l’image d’une déchéance, mais également avec les regardeurs de tableaux. Il manifeste un besoin viscéral de rencontre et de dialogue par la proximité même de son rendu pictural(…)

Contrairement à ses portraits, les ponts que peint Philippe Thomarel sont vus à distance. L’artiste questionne le rapport entre la proximité et le lointain ; ses ponts appartiennent à une remémoration du passé ; ils correspondent à un besoin de dépassement des contraintes existentielles. L’image des ponts – rompus – de la rupture est selon moi celle d’un désir de résolution des conflits ; d’apaisement des tensions internes(…)

Philippe Thomarel est un artiste peintre qui ne néglige ni la plasticité globale de l’oeuvre, ni le regard particulier des individus qu’il étudie, car l’expression du regard et son traitement pictural demeurent une énigme pour l’homme comme pour l’artiste qui ose l’aborder. (…)
Le chien, métaphore d’une société en dérive : la présence des chiens dans la peinture de Philippe Thomarel semble indiquer selon leur attitude, leur situation dans l’espace pictural le recueillement ou l’égarement (…)

Les territoires radiographiques
Philippe Thomarel
Habitation Clément, Case à Léo
Domaine de l’Acajou
97240 Le François
Martinique
Jusqu’au 14 septembre 2014 – ouvert tous les jours de 9 h à 18 h, entrée libre
Dimanche 24 août 2014, 10 h : visite découverte avec Bruno Pédurand

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