Exposition sur le procès des insurgés de Cayenne aux archives départementales de Loire-Atlantique jusqu’au 26 juin 2011

Les archives départementales de Loire-Atlantique présentent jusqu’au 26 juin 2011 l’exposition « Nantes – Cour d’assises, 1931 : le procès des insurgés de Cayenne ».

Expo

Considéré comme le premier procès du système colonial français et peu connu du grand public, cet épisode historique voit la transformation d’un procès de droit commun en un procès politique au centre duquel on retrouve 14 inculpés guyanais (12 hommes et deux femmes), défendus notamment par Gaston Monnerville, qui un an plus tard deviendra député. « Présentés comme des criminels, les Guyanais deviennent peu à peu des citoyens à qui on a volé leurs droits de citoyens. Les avocats, G. Monnerville, H. Torrès et le nantais A. Fourny changent la nature du procès en un procès de la politique coloniale. Les accusés sont acquittés et reçoivent des marques de soutien avant de partir pour Cayenne, depuis Saint-Nazaire, le 9 avril. »

L’exposition, conçue en trois parties, (des émeutes au « nouveau Monde », l’instruction judiciaire nantaise et 12 jours d’audience où tout peut basculer) présente 120 documents originaux parmi lesquels des photographies et des correspondances de prisonniers et retrace l’histoire d’une Guyane et de Guyanais que l’on a voulu oublier suite à ce procès qui avait pour point de départ la mort de Jean Galmot en août 1928 et les émeutes qui suivirent. Dans le cadre du programme, deux projections ont été proposées dans le courant du mois de février Les insurgés de Cayenne – Le premier procès colonial à Nantes (documentaire Barcha Bauer et André Bendjebbar, 2009) et Nous, dans ce pays bouleversé – récits de Guyane (documentaire de Christiane Succab-Goldman, 2003) ont été diffusés le 10 février dernier.

Retour sur le premier procès du système colonial français (1)
14 Guyanais font face à 12 jurés du département. Ils sont accusés de meurtres et de pillages en bande commis à Cayenne en août 1928 après la mort suspecte de Jean Galmot, un ancien député de Guyane porteur de beaucoup de leurs espoirs. Inculpés, ils ont été transférés en métropole « pour cause de sûreté publique » et ont passé de longs mois à la maison d’arrêt de Nantes, le temps d’une instruction judiciaire lente et minutieuse.
L’exposition fait revivre cet événement judiciaire remarquable. Elle se présente comme une pièce en trois actes : l’évocation d’une colonie lointaine, la machine judiciaire nantaise, le moment éclatant, sonore et dramatique des douze jours d’audience au palais de justice, conclus par un acquittement général.

Programme de découvertes autour de l’exposition
Les Éveilleurs d’Archives
Lectures déambulatoires avec la compagnie La Lune Rousse, les dimanches 20 mars, 17 avril et 15 mai à 14 h 30 et 16 h.
La compagnie la Lune Rousse accompagne de nombreux lieux de patrimoine pour donner vie aux collections historiques.
Ici, trois comédiens invitent le public à une autre forme de découverte de l’exposition. La lecture des lettres des inculpés, d’écrits littéraires ou de plaidoiries retentissantes place l’humain au cœur du propos historique.
Archives départementales – Durée : 1h – Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles

Quand l’injustice crée le droit : le procès des insurgés de Cayenne à Nantes en 1931
Colloque les 14 et 15 avril 2011 de 9 h à 17 h
Dans le cadre de l’exposition « le procès des insurgés de Cayenne », ce colloque universitaire, ouvert à tous, prolonge la réflexion sur la légitimité de la révolte face à l’injustice, avec l’intervention de spécialistes de la question coloniale et de l’histoire du droit.
En partenariat avec l’université de Nantes (Faculté de droit et des sciences politiques et Centre de Recherches en Histoire Internationale et Atlantique), l’université des Antilles et de la Guyane et l’Association française d’Histoire de la Justice.
Salle de conférences des Archives départementales
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles
Programme détaillé sur demande

Fondering et Prince Koloni
Concert de musique aléké le 14 juin à 20 h 15 au Patio des Archives départementales
Le groupe Fondering et son chanteur charismatique Prince Koloni se produiront pour un concert exceptionnel d’aléké, musique traditionnelle inventée en Guyane et jouée exclusivement par des descendants d’esclaves africains en fuite, les marrons.
Patio des Archives départementales
Durée : 1h – Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles

Projections de films autour de l’exposition (2)
La fièvre de l’or – Le 10 mars à 20 h 30
300 tonnes d’or sortent chaque année de la forêt amazonienne et 120 tonnes de mercure y entrent. Avec en toile de fond de cette catastrophe écologique le trafic d’êtres humains, d’armes et de drogues.
Documentaire d’Olivier Weber, 2008, 1 h 35

Jean Galmot, aventurier – Le 20 avril à 20 h 30
Ancien journaliste, dreyfusard, Jean Galmot débarque en Guyane en 1906 avec le titre de propriété d’une mine d’or dont il reprend l’exploitation et fait fortune. Aimé des Guyanais, il va très vite se faire des ennemis parmi les Blancs.
Film d’Alain Maline, 1990, 2 h 15

Les Ombres du bagne – Le 18 mai à 20 h 30
L’horreur carcérale des grandes dictatures du XXe siècle avait un précurseur : les bagnes de Guyane, archipel pénitentiaire dont l’histoire a été pour tant d’hommes celle d’une longue tragédie.
Documentaire de Patrick Barbéris, 2006, 52 mn

(1) : Informations pratiques
Entrée libre et gratuite
– lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 9 h à 17 h
– mardi de 13 h 30 à 19 h (17 h en période de vacances scolaires)
– dimanche de 14 h à 17 h 30
– fermeture : samedis et jours fériés
– visite commentée pour les visiteurs individuels : le mercredi à 14 h 30 et le dimanche à 14 h 30 et 16 h.
– visite commentée pour les groupes, adultes et scolaires, sur rendez-vous auprès de :
Martine Roucheux – tél. 02 51 72 98 97 ou courriel : martine.roucheux@loire-atlantique.fr

(2) : projections au Cinématographe, 12 bis rue des Carmélites à Nantes (quartier du château des Ducs et de la cathédrale).
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

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