« La fin de Mame Baby », de Gaël Octavia, en librairie le 31 août 2017

L’histoire dans laquelle nous entraîne Gaël Octavia trouve sa source dans « le Quartier », qui en réalité s’avère être une ville, plus précisément une « toute petite ville ». L’auteure plante d’emblée le décor, peignant une toile de fond peu avenante : « le Quartier » décrit comme laid, réputé pour sa violence, accueille en son sein les vies entremêlées de quatre femmes aux destins inattendus. La fin de Mame Baby est le premier roman de Gaël Octavia, déjà auteure de trois pièces de théâtre.

product_9782072737015_195x320La fin de Mame Baby prend racine dans « le Quartier »« la vie ne s’épanouit vraiment que dans l’enceinte de l’immense centre commercial » pour finalement dérouler les sorts singuliers de quatre femmes : Mame Baby qui a été la « perle du quartier », Mariette dont elle a été l’amie, Suzanne « la petite blanche » liée à Mariette à travers son malheur, et, pour finir, Aline l’infirmière libérale, « une fille noire comme hier soir », qui a succédé à Suzanne auprès de Mariette.

Aline sera aussi la voix au travers de laquelle l’auteure choisit de nous faire suivre le fil qui unit les destinées des quatre femmes.

Avant ce premier roman, Gaël Octavia s’est illustrée à travers l’écriture de trois pièces : Le voyage (Editions RivartiCollection), Congre et homard (éditions Lansman Editeur) et Cette guerre que nous n’avons pas faite (éditions Lansman Editeur).

La fin de Mame Baby, en librairie le 31 août 2017
« Dans l’appartement, le désordre vous semblera effrayant. Il y aura des verres vides partout. Vous les ramasserez jusque dans les recoins les plus improbables. Les mégots sur le sol auront l’air de pousser comme des plantes grasses. Il y aura aussi des amas de vêtements sur le parquet. Pourquoi tant de vêtements à terre, vous demanderez-vous, alors que Mariette n’en change jamais ? Un peignoir élimé sur une vieille chemise de nuit, voilà ce qui l’habille depuis des années. Mariette regardera son poignet où il n’y a pas de montre, puis le mur où il n’y a aucune horloge. Elle vous demandera l’heure. Quand elle est seule, elle ne sait jamais quelle heure il est. Aucun objet pourvu d’un balancier ne vient faire concurrence à son fauteuil. Elle pourrait se contenter de compter le temps en restant assise dans le rocking-chair. Ce serait son temps approximatif de femme assise. Son temps de femme seule. »

Le Quartier est une petite ville de banlieue où se croisent les destins de quatre femmes. Mariette, recluse dans son appartement, qui ressasse sa vie gâchée en buvant du vin rouge. Aline, l’infirmière à domicile, qui la soigne et l’écoute. Suzanne, la petite Blanche, amante éplorée d’un caïd assassiné. Mame Baby, idole des femmes du Quartier, dont la mort est auréolée de mystère. À travers la voix d’Aline, de retour dans le Quartier qu’elle a fui sept ans auparavant, les liens secrets qui unissent les quatre héroïnes se dessinent…
La fin de Mame Baby raconte avant tout, avec finesse, grâce et passion, l’art qu’ont les femmes de prendre soin les unes des autres, de se haïr et de s’aimer.

Gaël Octavia est née en 1977 à Fort-de-France. Elle vit à Paris. La fin de Mame Baby est son premier roman, d’une grande maîtrise et à l’indéniable charme.

La fin de Mame Baby, collection Continents Noirs, aux éditions Gallimard
16 euros, 176 pages

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