Parution de « La Trace. Agouzou, femme esclave », de Monique Arien-Carrère

« La Trace. Agouzou, femme esclave » est le premier roman publié par les Éditions de l’Institut du Tout-Monde. Cet ouvrage paru en janvier dernier et signé Monique Arien-Carrère « bénéficie de la labellisation de la fondation pour la mémoire de l’esclavage » comme le précise la maison d’édition. Cette sortie qui marque le vingtième anniversaire de la Loi loi Taubira.

Monique Arien-Carrère, qui a « passé son enfance à Niort et son adolescence en Guadeloupe », envisage son roman comme une incursion dans l’histoire de l’esclavage pour mieux comprendre son héritage.

Les Éditions de l’Institut du Tout-Monde, dirigées par Sylvie Glissant et François Vitrani, ont choisi pour premier roman qui mêle autobiographie et histoire de l’esclavage « un livre important selon nous, car « La Trace » constituera en soi un jalon dans la mémoire contemporaine de l’esclavage, étant donné que le livre est le premier récit littéraire écrit autour de cette expérience singulière qu’a été pour des milliers de descendants, la recherche puis la découverte dans les archives antillaises, de l’acte d’individualité de l’ancêtre, « nommé » par l’état civil après l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises en 1848. C’est le récit d’une destinée, où l’histoire rejoint et éclaire les désordres et les tabous du présent.

L’ouvrage provient de cette quête et de cette confrontation. Il nous livre le parcours en partie autobiographique de son auteur, Monique Arien-Carrère qui fit elle aussi, un jour de février 2012, cette expérience de la découverte à la fois brutale et lumineuse de l’acte d’individualité de son aïeule : Agouzou, nommée Antoinette Arien par l’état civil français le 1er janvier 1849. Un récit où la restitution de la quête identitaire se mêle à la confrontation à un passé informulé, mais aussi aux non-dits familiaux et à la construction d’un itinéraire personnel qui est aussi un défi. »

La Trace. Agouzou, femme esclave
La découverte dans les archives de Fort-de-France, de l’acte d’individualité d’Agouzou, mon arrière-grand-mère paternelle, amarreuse de cannes dans une plantation de Case-Pilote, est le début d’un récit où deux fillettes, Amélie et Agouzou, se croisent dans des temps et des lieux différenciés et pour autant reliés, entre Martinique, Métropole, Niger et Guadeloupe. La Trace est un récit transversal.

La famille Arien a pour désir l’assimilation à une métropole rêvée. Fuyant la paupérisation coloniale martiniquaise des années soixante, elle s’installe à Niort mais est vite confrontée aux questions d’identité et d’exil. La Trace parle aussi de l’histoire de l’esclavage colonial, matrice de l’imaginaire antillais, de sa violence, de ses symptômes inscrits sur les dégradés de peau. Et ce traumatisme est occulté par des siècles de déni et de refoulement.

Agouzou et Amélie sont deux fillettes par lesquelles l’histoire tente de s’inscrire dans un au-delà du trauma. Agouzou, Marie-Augustine, ces femmes « poto-mitan », mes grands-mères, ont su résister à la barbarie esclavagiste pour me transmettre mon nom : Arien. La Trace est en premier lieu une histoire de transmission.

La Trace. Agouzou, femme esclave, Monique Arien-Carrère
Éd. de l’Institut du Tout-Monde, 237 pages
22 euros

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