Le 3 octobre, Jacques Schwarz-Bart revient en Guadeloupe, sa terre natale, pour retrouver la scène de L’Artchipel, à Basse-Terre. Un retour placé sous le signe de la mémoire et de la liberté.
Avec Résistance, son nouvel album, le saxophoniste guadeloupéen ouvre la nouvelle saison de L’Artchipel. Un projet où jazz, gwoka et biguine se mêlent aux hommages adressés à plusieurs grandes figures de la liberté et de l’engagement.
Résister, transmettre, créer
Résistance : le titre du nouvel album de Jacques Schwarz-Bart résonne avec une actualité où la question des libertés, des replis identitaires et des fractures politiques revient avec insistance. Mais chez le saxophoniste guadeloupéen, le mot plonge ses racines bien plus loin.
Il y a la Guadeloupe, son histoire, celle de l’esclavage et des luttes pour la liberté, jusqu’aux Nèg Mawon, auxquels l’album consacre son dixième titre. Il y a aussi une histoire familiale : celle d’André Schwarz-Bart, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, et de Simone Schwarz-Bart, dont l’œuvre n’a cessé d’explorer les mémoires guadeloupéennes.
Pour nourrir ce nouvel album, Jacques Schwarz-Bart convoque également plusieurs figures dont les trajectoires racontent une autre manière de résister. Sarah Maldoror et Violetta Chaville, deux personnalités indociles, y côtoient notamment Maya Angelou, dont la parole engagée continue de traverser les générations. Le musicien ne cherche pas à figer ces héritages. Il les fait circuler. Avec Ezra, Song For Abraham S. ou encore Nèg Mawon, il transforme des liens et des mémoires en matière musicale, ouvrant un espace où résonne les voix du passé pour nourrir le présent.
Cette liberté se retrouvera dans la forme même de Résistance, que le public pourra découvrir sur scène. Jacques Schwarz-Bart a choisi une configuration sans piano ni guitare, laissant le saxophone, la contrebasse et la batterie construire ensemble leur propre espace. Et pour l’occasion, « Dylan Choisy à la batterie et Viktor Nyberg à la contrebasse accompagnent Jacques Schwarz-Bart sur scène, un trio sans piano ni guitare, un choix radical qui laisse chaque voix respirer et répondre à l’autre, dans l’esprit même de Résistance ».
Sur scène, Jacques Schwarz-Bart fait donc le choix d’une nouvelle équipe, mais l’esprit du trio reste celui qui traverse l’album. Sur disque, cette liberté s’est construite avec deux partenaires de longue date : Arnaud Dolmen et Reggie Washington. Avec le batteur guadeloupéen Arnaud Dolmen, personnalité majeure du jazz caribéen contemporain et son jeu qui fait dialoguer les rythmes de son île avec le vocabulaire du jazz, dans une approche qui refuse de choisir entre tradition et création. Du côté de la contrebasse, Reggie Washington possède lui aussi un parcours qui traverse plusieurs générations et plusieurs courants du jazz contemporain, avec un travail qui, là encore, témoigne d’un itinéraire placé sous le signe de l’ouverture.
Deux parcours qui trouvent naturellement leur place dans l’univers de Résistance.
Rendez-vous le 3 octobre à L’Artchipel, à Basse-Terre, pour l’ouverture de la saison.