Cinéma : le Festival Nouveaux Regards du 6 au 10 avril 2022 en Guadeloupe

L‘événement cinéma de ce mois d’avril en Guadeloupe, c’est le festival Nouveaux Regards qui se tient jusqu’à dimanche. Au programme de cette cinquième édition présentée comme le « festival d’un autre cinéma en Caraïbes », la remise de quatre prix dont celui de la révélation ou encore celui des médias récompensant le meilleur documentaire.

Les jurés départageront les films en compétition regroupés sous le thème « Regard caribéen » et concourant pour les uns dans la catégorie courts métrages (neuf films en compétition) et les autres dans celle du documentaire (dix documentaires au programme). Cinq jours durant, le Festival Nouveaux Regards enchaînera non seulement une programmation officielle pour les films en compétition mais aussi deux séances de cinéma en plein air, avec Clara Sola (Nathalie Alvarez Mesén) le vendredi 8 avril au Jardin de Valombreuse de Petit-Bourg et le samedi 9 avril une « séance rétro » avec la projection de Shaft (Gordon Parks, version restaurée) au jardin de l’Habitation Zévallos.

Parmi les réalisateurs programmés, le martiniquais Yannis Sainte-Rose avec Mal nonm (Tuff Guy) dans le genre réalité inversée bien en phase avec les débats contemporains ; Tjenbé red de Chloé Léonil qui offre une photographie de la réalité sociale martiniquaise à travers le parcours de son personnage principal Jordan (Zig) ; ou encore Cache-cache, d’Olivier Kancel, qui sera projeté en présence du réalisateur guadeloupéen. Tout un programme qui s’achèvera le 10 avril avec la projection du film d’Alice Diop, Nous, pour lequel la billetterie est ouverte uniquement en ligne.

Plusieurs des films présentés explorent les questions et situations liées à la jeunesse et à l’adolescence dans leur authenticité caribéenne. C’est notamment le cas avec Apocalove de De Léa Magnien et Quentin Chantrel, avec Dorlis de la Enricka MH, avec Hé, Chabine ! de Sarah Demonio, avec Out of many de la jamaïcaine Rebecca Williams. Cette dernière n’est pas la seule à représenter la Jamaïque puisque Joseph Douglas Elmhirst (Mada) prendra part à la compétition, comme la réalisatrice Stephanie Camacho Casillas, dont le film Mano santa s’est déjà distingué en 2020 lors du Festival de cine Europeo de Puerto Rico.

Mada (2020), de Joseph Douglas Elmhirst
Trois jours dans la vie d’une jeune mère nommée Faith, sa mère, Ethel et le fils de Faith, Luther vivant dans la Jamaïque rurale où l’isolement est presque total. Au fur et à mesure que le récit se déroule, un conflit au sujet de Luther fait surface et on nous offre un aperçu de deux mères dont les notions de protection sont contradictoires.

Mano santa (2020), Stephanie Camacho Casillas
Don Isidoro, plus connu sous le nom de « Mano santa » dans sa ville natale, recueille son petit-fils pour quelques jours alors qu’il a fui sa maison.

« Une programmation d’œuvres caribéennes novatrices… »
À chaque édition, le festival se fixe pour objectif de mobiliser toujours plus l’attention sur le cinéma caribéen, ses thèmes et ses créateurs, cette année encore, elle souhaite proposer « une programmation d’œuvres caribéennes novatrices, engagées, impertinentes et libres ». Les films documentaires de cette cinquième édition entre dans ce cadre avec les films de Sylvestre Bary, Joël Nankin – Des geôles de Basse-Terre à la Biennale de Venise (2021), de Twa fèy (2021) de la réalisatrice haïtienne Éléonore Coyette, de Back in the Island (2021) de Amanda Valle (République Dominicaine).

La sélection officielle des documentaires en compétition propose des films portant sur des thématiques sociétales fortes ou à fort potentiel de réflexion. Parmi ceux-ci trois réalisations qui suscitent l’intérêt par leur singularité ou leur impertinence : Madame Pipi, I Don’t call it ghetto et Vals de Santo Domingo.

Madame Pipi (2021), Rachelle Salnave (Haïti)
Madame Pipi suit la vie de femmes haïtiennes préposées aux toilettes travaillant dans les boîtes de nuit de Miami. Relativement invisibles, sous-payées et sous estimées, leurs histoires laissent derrière elles un parcours de triomphe alors qu’elles massent les tempéraments des clients pour des pourboires. Malgré l’augmentation du coût de la vie et maintenant l’incertitude de la fermeture de la vie nocturne par le Covid-19, leurs envois de fonds grâce aux pourboires, associés à la contribution plus importante de la diaspora haïtienne, alimentent plus d’un tiers du PIB d’Haïti.

I don’t call it ghetto (2020), Miquel Galofré, Trinidad & Tobago
Divorcée et mère célibataire de trois enfants, l’agent de police Onika James-Turner a eu une vie remplie de défis, d’obstacles et de chagrin. Mais à travers ce documentaire, nous voyons comment son passé difficile l’a rendue plus forte et a allumé un feu pour mener une vie différente, une vie dans laquelle elle pourrait aider sa communauté.

Ses trois enfants sont au centre de sa vie et un nouveau mari lui donne de la force. Mais elle doit encore relever le défi d’élever un fils adolescent dans un quartier connu pour la criminalité et doit travailler dur pour établir la confiance dans son rôle de policier.e.

Vals de Santo Domingo (2021), Tatiana Geara, Rép. Dominicaine
Trois étudiants adolescents en danse classique– Raymundo, Angel et Victor – sont les seuls garçons d’une classe de 20. Dans un pays où la danse est considérée comme une activité féminine, ils sont déterminés à suivre leurs rêves et remettre en question les rôles traditionnels des genres. Comme une valse, musique jouée sur trois temps, les trois garçons traversent Saint- Domingue tout en affrontant la culture machiste dominicaine, en devant parfois s’y soumettre.

Un documentaire d’animation, un film sur la précarité en Guadeloupe, une réalisation alliant enquête de terrain et images d’archives sur la construction de la base spatiale de Kourou, la pratique des dominos dans les Caraïbes complètent un riche panel de propositions, comme également des séances du Good morning ciné du dimanche matin, les films à voir en famille, des masters class, des conférences sur les métiers du cinéma, etc.

Une programmation à découvrir dans les détails pour les accros du cinéma de tous les âges.

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