Estelle-Sarah Bulle : « L’idée de dérouler une histoire dans le contexte antillais me motivait beaucoup »

Avec L’Embrasée, son tout nouveau roman jeunesse, Estelle-Sarah Bulle embarque ses lecteurs dans une histoire où naissent des amitiés et où la pudeur dont font preuve trois adolescents laisse toute la place à leur singularité et au caractère authentique de l’environnement dans lequel ils évoluent.

Le jeune lecteur suit les personnages qui lui imposent le rythme de leurs excursions dans Vauclerc, commune qui étend sa nature généreuse au pied du volcan, le bien nommé L’Embrasée. Il suit également le cours de leurs réflexions sur leurs afflictions ou craintes d’ados.

L’Embrasée, Estelle-Sarah Bulle

Par le biais de la recherche scientifique et de la découverte, Estelle-Sarah Bulle met en avant la vive curiosité de Jory et d’Amalia, un intérêt qui va non seulement leur donner accès au monde de Paul qui va les fasciner, mais qui leur propose également des premières pistes sur celui qu’ils souhaitent intégrer en pensant à leur avenir.

Un cheminement, des rencontres, des aléas qui donnent lieu à une histoire aux prises avec son temps, où les relations familiales, les préoccupations sociales et environnementales en Outre-mer font le quotidien des jeunes mais n’empêchent pas aux personnages de penser qu’ils comptent bien saisir les occasions de se sublimer.

Un roman jeunesse qui traduit l’optimisme de l’auteure pour des territoires qui continuent de l’inspirer.

e-Karbé – Ce n’est pas la première fois que vous vous adressez à un public adolescent à travers un livre. Quel a été le principal déclic pour ce qui concerne l’écriture de L’Embrasée ?

Estelle-Sarah Bulle – J’avais envie d’écrire pour Caraïbeditions qui est un éditeur indépendant crucial pour faire vivre la littérature dans les Outre-mer et par les écrivains d’Outre-Mer. Par ailleurs, l’idée de dérouler une histoire dans le contexte antillais me motivait beaucoup. Enfin, j’aime écrire pour la jeunesse, j’ai l’impression de m’adresser directement à eux lorsque j’imagine des histoires mettant en scène des héros de leur âge.

Jory, Amalia et Paul ont une forte personnalité, ils n’hésitent pas à confronter les adultes. Mais ils savent aussi faire preuve d’une grande bienveillance, malgré les préoccupations et les blessures. Quel est le principal message à retenir au terme de ces face-à-face parents/ados ?

Je suis mère de trois enfants de 6, 12 et 15 ans. Par ailleurs, j’interviens très souvent dans des classes de collèges et lycées pour parler de littérature ou réaliser des ateliers d’écriture. Ce que je retiens de cet âge est l’enthousiasme, l’énergie et le sens de la justice qui caractérisent la majorité des adolescents. Je trouve que les adultes, parents et autres, ne leur prêtent pas assez d’attention. Ils sont trop souvent condescendants avec les jeunes, qui ont tant de choses à dire et qui possèdent, par définition, un cerveau tout neuf qui fonctionne à vive allure! Il faut écouter les jeunes, les accompagner sans les écraser, leur faire confiance et s’inspirer d’eux sans pour autant nier les atouts que procure l’âge adulte. Il faut un véritable échange, d’égal à égal, où chacun se respecte et apprend de l’autre.

L’environnement dans lequel évoluent les personnages est unique : Vauclerc au pied du volcan, la Vigie au bout de la falaise, l’îlet Wakan, etc. En quoi le lieu est-il important dans votre écriture et pour les personnages, notamment Amalia et sa mère Lucie ?

Les paysages inspirent et nourrissent mon écriture. Je prends un plaisir particulier à décrire les lieux dans lesquels je fais évoluer mes personnages, qu’il s’agisse des Antilles, du Brésil ou de la banlieue parisienne, suivant mes romans. Lorsque j’écris, des images très précises me viennent à l’esprit que j’ai envie de transcrire par les mots. On peut dire que les paysages me dictent mes histoires.

Ce nouveau roman jeunesse n’occulte pas les problèmes qui peuvent toucher la jeunesse d’outre-mer, mais au final dans votre récit elle semble vouloir prendre le pouvoir sur son destin : l’optimisme prime. Était-ce l’un des objectifs ? Que souhaitez-vous inspirer avant tout aux lecteurs ?

Oui, c’est ce que je dis à la toute fin du roman dans une note d’écriture : j’ai beaucoup d’espoir et d’optimisme pour la jeunesse d’Outre-Mer. De toute façon, on n’a pas le choix! Lorsque je vois ce que cette jeunesse est capable de réaliser, je suis admirative et pleine de fierté. J’aimerais que mes jeunes lecteurs ressentent cette fierté et toutes les possibilités qui leur sont offertes, grâce à leur potentiel. Être né en Outre-Mer peut être une chance et un tremplin formidable.

L’Embrasée, Estelle-Sarah Bulle
Caraïbéditions , collection : roman jeunesse

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *