Des anonymes aux veilleurs : Lyonel Trouillot en dialogue à la Maison de la Poésie

Ce mois de janvier voit la parution de deux romans signés Lyonel Trouillot. Bréviaire des anonymes (Actes sud) et Veilleuse du Calvaire (Babel), chacun à leur manière, interrogent la persistance des luttes dans l’histoire haïtienne que l’on peut aussi transposer en d’autres espaces du monde.

Du « livre-cri » aux figures de résistance, Lyonel Trouillot poursuit une œuvre où la littérature devient espace de transmission dans lequel le réel se réinvente. Un événement sera consacré à Bréviaire des anonymes à la Maison de la Poésie à Paris le 7 février 2026 à 18h.

Avec Bréviaire des anonymes et Veilleuse du Calvaire, Lyonel Trouillot poursuit son exploration littéraire profonde de l’existence, donnant à entendre des voix diverses voire opposées, qui peuvent être anonymes ou mythiques. Un portrait sensible et engagé de la vie en Haïti et des luttes humaines universelles dont il sera question au cours de l’entretien mené par Valérie Marin La Meslée à la Maison de la Poésie.

Bréviaire des anonymes (Actes Sud, janvier 2026)
Dans une ville côtière abandonnée, loin du climat insurrectionnel de la capitale, un fonctionnaire haïtien fait l’inventaire d’une bibliothèque léguée à l’État, une collection d’ouvrages célébrant les grands esprits qui ont marqué l’histoire.

Écrivant à son oncle, politicien roublard qui lui a servi de père et de mentor, le jeune homme voit se mêler à sa lettre les récits de voix entrées par effraction. Celles de Macho, gérant de l’unique bar du bord de mer dépeuplé, de Manie, petite bossue au destin tragique, ou encore d’Ayan, condisciple de classe avide de vengeance. Tous réclament leur droit à ne pas être oubliés. Les vies des humbles ne sont-elles pas, elles aussi, dignes d’être racontées ?

Dans une sarabande où se mêlent vivants et morts, anonymes et héros, la « belle langue » des élites et celle de la musique des rues, Lyonel Trouillot signe une puissante ode à la multitude et dresse la cartographie d’un pays aux franges de l’oubli.

Veilleuse du Calvaire (Babel, janvier 2026)
Livre-cri, livre-chant, Veilleuse du Calvaire est le roman de celles qui, sur l’île d’Haïti comme dans le monde entier, sont en lutte. Ce livre est celui d’un paysage de pierres, de rivières et d’ombrages, celui d’une colline abîmée par la cupidité d’un homme, un notaire sans scrupule qui en ces lieux ouvre la porte à toutes les bassesses. Mais de cette colline s’élève une voix, celle de la rébellion des femmes dont le corps est la cible de toutes les offenses, dont le courage a la puissance du poème.

« Je suis ton devoir de mémoire qui a choisi un corps de femme pour qu’il n’y ait dans le récit ni mensonge ni omission. Au passé comme au présent, nos corps portent les marques de toutes les offenses et de tous les dénis. Comme ils sont le chemin de toutes les promesses. »

Depuis toujours sur la colline règne la Veilleuse du Calvaire. Lorsqu’un notaire sans scrupule jette son dévolu sur ce paysage de pierres, le divise en parcelles pour le livrer à la violence et à la cupidité des hommes, s’élève alors un chant, un cri. Cette révolte, c’est celle de toutes les femmes qui, sur l’île d’Haïti comme dans le monde entier, sont en lutte face à la folie des mâles, le mépris, l’irrespect et la haine dont elles sont les cibles et les victimes.

Bréviaire des anonymes, Lyonel Trouillot
Actes Sud
192 pages, 19 euros

Veilleuse du Calvaire, Lyonel Trouillot
Babel
176 pages, 7,90 euros

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