Du 12 au 22 novembre, le festival Lettres du monde invite les lecteurs de Nouvelle-Aquitaine à découvrir des écrivains et des univers littéraires venus d’horizons divers. Parmi les autrices accueillies cette année, Estelle-Sarah Bulle viendra notamment échanger autour de son nouveau roman, Finalement tout s’est bien passé, paru aux éditions Liana Levi en août dernier.
Du 12 au 22 novembre, le festival Lettres du monde accueille une quinzaine d’invités venus de différents horizons. Parmi eux, l’Irlandais Colum McCann, le Palestinien Karim Kattan et Estelle-Sarah Bulle, pour son dernier roman, Finalement tout s’est bien passé. À Pessac, elle retrouvera Rosine Mondor pour une rencontre autour des récits, des identités et de la représentation.
Depuis Là où les chiens aboient par la queue, Estelle-Sarah Bulle développe une œuvre attentive aux histoires individuelles, aux héritages familiaux et aux rapports entre les personnes et leur époque. Dans son nouveau livre, elle situe son récit dans les années 1960 et suit plusieurs personnages confrontés à l’exil, aux préjugés et à la difficulté de trouver leur place. C’est le cas d’Henri, qui « se décide enfin : il va quitter la Guadeloupe » pour Paris, tandis que d’autres destins se croisent entre la capitale et le nord de la France. À travers ces parcours, le roman interroge les frontières sociales et les possibilités de faire société malgré les différences.
La venue de l’autrice s’inscrit dans l’esprit de Lettres du monde, qui fait circuler les écrivains dans les librairies, les bibliothèques et les lieux d’enseignement. Le festival, dont ce sera la 23e édition, offre ainsi des occasions de rencontre au-delà des circuits littéraires habituels, en permettant aux lecteurs d’échanger directement avec celles et ceux qui font les livres. Estelle-Sarah Bulle sera notamment présente à Bordeaux, à la librairie Le Passeur, ainsi qu’à Pessac, à l’Université Bordeaux Montaigne.
C’est précisément à l’université que se tiendra, le mercredi 18 novembre à 18 heures, une rencontre croisée avec Rosine Mondor, dans le cadre de la manifestation Résonances mémorielles, événement porté notamment par le Centre d’études linguistiques et littéraires francophones et africaines.
L’essai de Rosine Mondor, Les poupées n’ont pas peur du noir (Éd. du Net, 2025), s’intéresse à la représentation des femmes noires, notamment à travers les soins, les cheveux et les produits cosmétiques. Là où le roman d’Estelle-Sarah Bulle donne à voir des individus confrontés aux préjugés et aux mécanismes d’exclusion, Rosine Mondor examine les manifestations concrètes de ces phénomènes.
Animée par Yamna Chadli, cette conversation promet ainsi de faire dialoguer littérature et réflexion sociale. Deux démarches distinctes, réunies le temps d’une rencontre.
Le livre : Finalement tout s’est bien passé, d’Estelle-Sarah Bulle
Un énième geste condescendant d’un béké, et voilà Henri qui se décide enfin : il va quitter la Guadeloupe. Arrivé à Belleville, chez sa sœur Edna, il découvre une vie de débrouille animée et les magouilles de Steve, le compagnon béninois de celle-ci, dont le rêve est d’ouvrir une boîte de nuit. Mais dans le Paris interlope des années 1960, flics et voyous s’entendent pour dire qu’un Africain n’a pas sa place dans le monde de la nuit. Dans l’hôpital psychiatrique où il travaille, Henri rencontre Sabine. Elle aussi a fui sa région natale, le nord de la France, dès qu’elle a pu. Si les réactions ne sont pas unanimes quand la jeune fille ramène ce garçon à la peau foncée dans son village, Kath, sa mère, l’accueille à bras grands ouverts. La méfiance, le rejet, elle sait ce que c’est, elle, l’Allemande arrivée en France en 1945. Elle, dont le père était juif… Pour Henri, Sabine, Steve et Kath, l’exil et les sacrifices assumés ouvrent-ils vraiment le champ des possibles ?
Finalement tout s’est bien passé, Estelle-Sarah Bulle
Éditions Liana Levi, août 2026
224 pages
20 euros
Version numérique, 15,99 euros