En février 2026, le festival Sons d’hiver s’annonce une fois encore comme une invitation au voyage. Jusqu’au 21, sa 35e édition promet de réchauffer l’hiver francilien par une programmation conçue pour faire bourlinguer les auditeurs du jazz au rock, des musiques afro-américaines aux traditions créoles, en passant par les métamorphoses contemporaines et les dialogues entre héritages et innovations.
Réparti dans plusieurs salles du Val-de-Marne, en Île-de-France, Sons d’hiver déploiera cette année 14 soirées, déclinées en 27 événements sur trois semaines. Un inventaire musical foisonnant, fidèle à l’esprit du festival, que son directeur Fabien Simon résume ainsi : « Sons d’hiver continue de creuser son sillon et trace une cartographie musicale ouverte, où les frontières s’effacent et les géographies se redessinent. Du jazz afro-américain aux traditions créoles, des expérimentations californiennes aux transes sahariennes, de l’improvisation européenne à la poésie persane, le festival déploie une mosaïque de sons, d’héritages et d’imaginaires, invitant les spectateurs à devenir les explorateurs des possibles. »
Sons d’hiver : l’hiver en état de transe et de créolité
Le coup d’envoi sera donné dès le 30 janvier au centre des Bords de Marne, au Perreux-sur-Marne, par la harpiste et compositrice Brandee Younger, figure majeure du renouveau de la harpe dans le jazz contemporain. Parmi les temps forts annoncés figurent également la présence du percussionniste Famoudou Don Moye, ancien membre de l’Art Ensemble of Chicago et fin connaisseur des rythmes du monde et des musiques afro-caribéennes, ainsi que la rencontre renouvelée entre la pianiste française Ève Risser et la chanteuse malienne Naïny Diabaté, qui prolongeront leur collaboration initiée en 2024 avec le projet Anw Be Yonbolo.
L’un des points d’orgue de cette édition se jouera les 20 et 21 février autour d’un week-end intitulé Éloge de la créolité. Deux soirées placées sous le signe d’une « vision ouverte et transverse d’une Créolité musicale nourrie par les migrations et les rencontres, de la Louisiane à la Réunion en passant par les Caraïbes ». On y retrouvera notamment Sélène Saint-Aimé, contrebassiste, chanteuse et compositrice, au cœur de plusieurs propositions.
Au théâtre Jean-François Voguet de Fontenay-sous-Bois, la soirée s’ouvrira avec Milokan – Transe Vaudou, projet incandescent porté par l’énergie et les performances de Val Jeanty, de Claude Saturne et de leurs partenaires. Elle se poursuivra avec la rencontre entre Leyla McCalla et Sélène Saint-Aimé : deux musiciennes, deux voix, qui explorent et revisitent leurs racines et leur histoire caribéenne, Haïti pour l’une, la Martinique pour l’autre, pour offrir des créations uniques, entre mémoire, poésie et engagement.
Le week-end se prolongera au théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine, où le public retrouvera Sélène Saint-Aimé pour une performance poétique intitulée Sanblé : lé-Zantiy, La Lwizyàn, La Rényon, traversant moult monde de la créolité : les Antilles, la Louisiane et La Réunion. Un passage en Louisiane sera également assuré par Cedric Watson, dont la musique puise autant dans les traditions cajuns et créoles que dans les influences caribéennes.
Entre ancrage dans l’histoire et ouverture aux circulations contemporaines, Sons d’hiver 2026 confirme ainsi sa vocation et continue de faire dialoguer les cultures d’un continent et d’un univers musical à l’autre, à effacer les frontières entre les styles et les traditions musicales, de quoi convier une nouvelle fois les publics à une grande traversée des imaginaires musicaux.
Éloge de la créolité : le grand final de Sons d’hiver 2026
Vendredi 20 février 2026 – Fontenay-sous-Bois / Théâtre Jean-François Voguet
Milokan – Transe Vaudou
Le Milokan est un vèvè – un symbole dessiné – qui représente l’union de tous les éléments spirituels du vaudou haïtien. Forts de cette déclaration d’unité, les cinq artisans de cette création vont s’engager sur les chemins d’une musique hypnotique et engageante, portée d’abord par les percussions de Claude Saturne et Angelo Moustapha, nés l’un et l’autre en terres vaudou (respectivement en Haïti et au Bénin). Sur cette base rythmique entreront en piste trois solistes improvisateurs : le contrebassiste Luke Stewart, le trompettiste Aymeric Avice (leur collaboration en 2025 à Sons d’hiver avait fait des étincelles) et la percussionniste Val Jeanty, dont les traitements électroniques signeront la modernité de cette musique sans âge.
Leyla McCalla with Sélène Saint-Aimé
La deuxième création de cette soirée 100% inédite est une rencontre entre deux musiciennes qui se connaissent pour s’être rencontrées à La Nouvelle Orléans : Leyla McCalla y vit et Sélène Saint-Aimé y a passé plusieurs mois en 2022, en résidence à la Villa Albertine. Terre d’immigration haïtienne et de culture créole, la Louisiane a très tôt aimanté la multi-instrumentiste et chanteuse américaine, née d’un couple d’émigrants et activistes haïtiens, qui y a consacré une large partie de son parcours. La contrebassiste et chanteuse française ayant fait des musiques caribéennes, néo-orléanaises et afro-américaines son terrain de jeu favori, leur rencontre sur scène autour de leurs répertoires respectifs et de chants créoles, promet de grands moments entre folk et jazz.
Samedi 21 février 2026 – Vitry-sur-Seine / Théâtre Jean Vilar
Sélène Saint-Aimé – Sanblé : lé-Zantiy, la Lwizyàn, la Rényon
Avec cette création grand format, la contrebassiste, chanteuse et compositrice Sélène Saint-Aimé prolonge l’aventure de ses Creole Songs, qu’elle emmène toujours plus loin au cœur des Antilles, de la Réunion et de la Louisiane. À ses fidèles compagnons de route (aux cordes et aux chœurs) s’ajoutent des invités de marque et avec eux de nouvelles couleurs à une palette décidément très riche : Bino Waro, qui a peaufiné sa pratique des percussions réunionnaises aux côtés de son père Daniel ; le chanteur haïtien James Germain et l’explosif Néo-Orléanais Cedric Watson. À la clé, une vision renouvelée, ouverte et généreuse, des territoires créoles.
Cedric Watson & Bijou créole
Symbole du renouveau et de la vitalité des musiques créoles, le violoniste, accordéoniste, compositeur et chanteur américain Cedric Watson puise non seulement dans le riche héritage de La Nouvelle Orléans – chants cajun, zydeco, bluegrass – mais aussi des répertoires caribéens (notamment haïtien) et africains. Un goût pour les métissages raccord avec la longue histoire des migrations en Louisiane, auquel répondent une énergie et une joie transformant les concerts de son groupe Bijou Créole en moments festifs et chaleureux.