Chercher la vie – Migrants en Guyane, exposition itinérante en ce moment à Angoulême

La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, basée à Angoulême, accueille jusqu’au dimanche 30 octobre 2011 l’exposition Chercher la vie – Migrants en Guyane, une série de photographies de Frédéric Piantoni. Un événement présenté par le Musée des cultures guyanaises.

© Frédéric Piantoni / Musée des cultures guyanaises
Adriano, Maripasoula, 2008 © Frédéric Piantoni / Musée des cultures guyanaises

50 photographies du géographe Frédéric Piantoni constituent cette exposition itinérante inédite regroupant des portraits de migrants et que l’on retrouvera jusqu’en 2013 : tout d’abord à la Bibliothèque universitaire de La Rochelle, du 5 décembre 2011 au 28 janvier 2012, puis à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (Porte Dorée à Paris), du 14 février au 20 mai 2012 et enfin en Guyane, au Surinam et au Brésil, de septembre 2012 à décembre 2013. Frédéric Piantoni, qui « travaille depuis quinze ans sur les circulations migratoires et les réseaux transnationaux en Guyane… », a réussi à saisir des instantanés uniques « étrangers en Guyane et qui prenaient chair dans les propos de Frédéric Piantoni : une chair faite d’ailleurs et d’exil, d’espoirs et de désillusions ».

Chercher la vie – Migrants en Guyane
Avec une population de plus de 230 000 habitants et ses « frontières terrestres matérialisées sur des fleuves » (soit les 580 km du fleuve Oyapock qui communique avec le Brésil et les 520 km du fleuve Maroni qui offre une vue sur le Surinam), la Guyane offre un terrain de recherche plus qu’intéressant qui donne l’occasion au photographe d’observer les différentes phases qui accompagnent leur cheminement, leur arrivée, leur implantation dans un quartier ou sur un site aurifère.

© Frédéric Piantoni / Musée des cultures guyanaises
© Frédéric Piantoni / Musée des cultures guyanaises

Plus d’une centaine de nationalités se côtoient en Guyane et l’exposition présente concrètement les différents visages cette réalité à travers les parcours des uns et des autres. « En mouvement, en errance parfois, l’immigré se construit d’opportunités multiples, loin des ambitions du départ et des représentations qui constituaient son projet. Il est question d’instinct, d’intelligence, de concurrences, d’innovation et de papiers, ces sésames tamponnés qui autorisent le regard haut. Le décalage entre ce projet initial et le vécu reste pourtant à la racine des ambitions de réussite. Il produit aussi des déceptions, de la culpabilité, des images idéalisées et des fuites. ».
L’oeil du géographe-photographe, qui se penche depuis 15 années sur le processus migratoire en Guyane, apporte à l’exposition un aspect clairvoyant qui se révèle à travers les sujets choisis. Il a également photographié les quartiers, les femmes migrantes et les vies faites de peu de perspectives, d’attente, de résignation… Ainsi, il traverse par exemple La Crique et le quartier Arc-en-ciel, des lieux où se matérialisent notamment les débuts d’existence en pays étranger pour beaucoup de migrants. Des quartiers qui deviennent « plus qu’une résidence par défaut. Ils sont les premiers ancrages des parcours, sas et interfaces entre la vie d’avant et celle projetée ; des lieux d’échanges, de détresse et de dépendance, où la précarité de ceux qui recommencent une vie reste une référence à dépasser pour soi ou pour la descendance. Le sentiment d’appartenance au quartier est l’un des premiers éléments de reconnaissance. Ainsi dans les manifestations publiques (carnaval, compétitions sportives, fêtes associatives), des groupes peuvent y faire explicitement référence ». Autre vérité, autre présentation de l’exposition, la place occupée par la femme, de celles qui migrent à celles qui jouent un rôle dans l’économie en passant par celles qui « reconstruisent une cellule familiale en Guyane ».

© Frédéric Piantoni / Musée des cultures guyanaises
© Frédéric Piantoni / Musée des cultures guyanaises

En dernier lieu, une part importante de la vie du migrant est faite d’attente (donc de crainte). Pour Chercher la vie… le migrant doit d’abord franchir le Maroni et l’Oyapock : « à ces frontières géographiques se superposent, par analogie, des frontières sociales. La distance entre le national et l’étranger se vit alors par l’attente ». Mais aussi entreprendre une longue et terrible expédition administrative pour la régularisation, qui passe évidemment par la traversée risquée du marché du travail, pour parfois réussir à entreprendre le trajet jusqu’au logement social.

Renseignements pratiques
Chercher la vie – Migrants en Guyane, photographies de Flédéric Piantoni
10 juin ou 30 octobre 2011
Cité internationale de la bande dessinée et de l’image
121 rue de Bordeaux – 16000 Angoulême
Plein tarif, entrée musée + exposition(s) : 6,50 euros
Tarif réduit, entrée musée + exposition(s) : 4 euros
Gratuit pour les mineurs et pour tous le premier dimanche du mois

Du 5 décembre 2011 au 28 janvier 2012
Bibliothèque universitaire de La Rochelle
2, parvis Fernand Braudel – 17 000 La Rochelle

Du 15 février au 20 mai 2012
Cité nationale de l’histoire de l’immigration
Palais de la Porte Dorée – 293, avenue Daumesnil 75012 Paris

Repères
Publications de Frédéric Piantoni
– L’enjeu migratoire en Guyane(2009). Une géographie politique, Paris et Matoury, Ibis Rouge éditions
– La question migratoire en Guyane : histoire, société et territoires (2009) – Revue Hommes et migrations, n°1278
– Mobilités et recompositions territoriales dans l’estuaire transfrontalier du Maroni (2007), in Calmont André et Cédric Audebert (éd.), revue Terres d’Amériques, numéro thématique Dynamiques migratoires dans la Caraïbe, Paris, Karthala, p. 288-322

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *