« Édouard Glissant et la cosmopolitisation créole » d’après Angélica Montes Montoya

Dans le cadre de rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe, la Maison de l’Amérique latine, à Paris, programme une conférence d’Angélica Montes Montoya sur le thème « Édouard Glissant et la cosmopolitisation créole ».

Angélica Montes Montoya, docteure en philosophie de l’Université de Paris 8, sera le mardi 3 juin à 19 h à la Maison de l’Amérique latine à Paris pour une intervention ayant comme thématique « Édouard Glissant et la cosmopolitisation créole ». Elle sera face à deux répondants, Nelson Vallejo-Gomez, responsable Amérique Latine – Caraïbe de la Fondation maison des sciences de l’Homme (FMSH), et Obed Frausto Gatica, de l’Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM).

Depuis la Caraïbe, dans un contexte de postcolonialité, le Martiniquais Edouard Glissant construit la notion de créolisation comme nouvelle narrative de résistance épistémique, pour penser tant la culture des peuples caribéens qui ont vécu l’histoire de la colonisation que leur rapport au monde. La vision de la créolisation d’Edouard Glissant, comme phénomène du passé et horizon du futur dans un Tout-Monde, comme un chaos porteur de promesses d’avenir et irrémédiablement créole, se rapproche des idées du cosmopolitisme et de la cosmopolitisation. Certes, la créolisation ne se prétend pas porteuse de la rationalité cosmopolitique kantienne du siècle des Lumières, ni de la vision normative de Habermas, mais revendique plutôt l’aspiration à un monde ouvert et l’idée d’une humanité créole. La créolisation prend une carrure qui dépasse les nations. Selon nous, dans ce sens, on assiste à l’avènement d’une « cosmopolitisation créole » qui doit être comprise comme un processus multidimensionnel qui prend acte de la multiplication de modes de vie dans le monde. Nous comprenons alors que la « cosmopolitisation créole » survient sans être recherchée, et qu’elle s’accomplit sous la forme d’une conséquence secondaire et non voulue, par effet de la mondialisation: il s’agirait d’un sens du monde sans frontières, d’un regard du quotidien, d’une aptitude dialogique qui est en mesure de percevoir.

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