Romain Cruse trace « Une géographie populaire de la Caraïbe »

Une géographie populaire de la Caraïbe, c’est le titre d’une des nouvelles parutions des éditions Mémoire d’encrier. L’auteur, Romain Cruse, géographe à qui l’on doit déjà plusieurs publications, enseigne et s’intéresse notamment à l’économie et à l’histoire politique de la Caraïbe.

Au sommaire d’Une géographie populaire de la Caraïbe : les éléments qui définissent la Caraïbe, ses limites géographiques, ses identités, sa géologie. De la « caribéanité » aux musiques créoles et à leur rapport au pouvoir dans la Caraïbe, en passant par les migrations contemporaines, les croyances, les différentes résistances au Suriname, en Haïti, à la Dominique ou encore à la Jamaïque, l’ouvrage de Romain Cruse et la « géographie populaire » qui en est le fondement s’appuient sur les réalités du terrain. « La géographie populaire telle que nous l’entendons retourne à l’esprit de la source géographique. Elle vise à servir les peuples, non les gouvernants... », l’un des multiples sens que Romain Cruse donne à la géographie.

Une géographie populaire de la Caraïbe, essai de Romain Cruse
Une géographie populaire de la Caraïbe propose une nouvelle approche de la géographie et de la Caraïbe, loin des héros et des plages de sable. Le géographe Romain Cruse s’appuie sur des observations de terrain, des écrits scientifiques et l’étude des cultures et productions artistiques régionales pour aborder la Caraïbe de l’intérieur. L’ouvrage est enrichi de photographies, de cartes géographiques et de schémas.

Point de vue de l’éditeur
Une géographie populaire de la Caraïbe, adaptation d’Une histoire populaire des États-Unis de Howard Zinn, rompt avec le regard enchanteur et fantastique des clichés touristiques. La Caraïbe est enfin une terre habitée. Romain Cruse mise ainsi sur une géographie humaine : la terre racontée par celles et ceux qui l’habitent. La caméra est braquée sur les villages de pêcheurs de Trinidad et de la Dominique, les quartiers surpeuplés d’Haïti, les Nègres marrons du Suriname, les communautés rasta de la Jamaïque, etc.

L’auteur adopte le regard des classes populaires, inspiré d’observations sur le terrain et fondé sur un travail de recherche minutieux. La Caraïbe n’est donc ni un éden, ni un modèle de libre-échange, encore moins une région à forte croissance économique. On y découvre plutôt des sociétés profondément divisées selon des clivages ethniques et sociaux hérités du colonialisme, des bidonvilles dissimulés derrière des décors de carte postale, la manipulation des masses par les élites locales et les investisseurs étrangers. Romain Cruse donne à voir et à comprendre la condition caribéenne contemporaine, qui se nourrit de cultures et d’histoires singulières.

Point de vue de l’auteur
« Cet ouvrage livre le point de vue d’un étranger qui s’est créolisé au contact de la région et dont le regard n’est plus celui de l’étranger, mais pas non plus celui du natif. C’est un ouvrage qui est dans l’ensemble assez sombre, en contraste net avec la luminosité et la beauté immédiatement perceptible de la Caraïbe, et qui montre comment les classes populaires, les gens ordinaires, s’adaptent à des situations économiques et politiques extrêmement difficiles et transforment ces épreuves en un véritable art de la survie. »

Une géographie populaire de la Caraïbe
Essai, 592 pages
En librairie à partir du 15 octobre 2014

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