Écologie décoloniale : le Martiniquais Malcom Ferdinand aux Dialogues du Quai Branly

« La banane française : entre marché mondial et continuité coloniale » sera au cœur d’un échange entre Malcom Ferdinand, ingénieur en environnement et philosophe martiniquais, et Marie-Yemta Moussanang, chercheuse spécialiste des théories critiques de la modernité et de l’après-développement. Penser l’écologie depuis les héritages coloniaux, un sujet majeur au programme des Dialogues du Quai Branly, le jeudi 26 mars 2026.

Malcom Ferdinand participera aux Dialogues du Quai Branly à Paris autour d’une thématique contemporaine et écologique : « La banane française : entre marché mondial et continuité coloniale » le 26 mars prochain. Chercheur, politiste et philosophe martiniquais, il propose une lecture renouvelée des crises écologiques contemporaines en les inscrivant dans l’histoire longue de la colonisation et de ses héritages.

Les études de Malcom Ferdinand se situent « au croisement de la philosophie politique, des théories postcoloniales et de l’écologie politique ». Ses recherches portant sur l’Atlantique Noir et, principalement, la Caraïbe. Il explore les articulations et intersections entre les questions politiques, l’histoire coloniale et les enjeux d’une préservation écologique du monde.

Une écologie traversée par l’histoire coloniale
Dans ses travaux, Malcom Ferdinand ne pense pas la question environnementale indépendamment des structures historiques qui ont façonné les territoires et les sociétés modernes. Colonisation, esclavage et plantations ont instauré des modes d’exploitation du vivant dont les conséquences se prolongent aujourd’hui dans les crises écologiques contemporaines qu’il continue d’aborder, comme le 9 janvier 2026 dans La Terre au carré sur France Inter aux côtés de Mathieu Vidard.

À travers l’exemple de la banane, omniprésente dans les circuits alimentaires occidentaux, Malcom Ferdinand met en lumière les logiques de domination qui ont accompagné la mondialisation des productions agricoles. L’histoire de cette production révèle les continuités entre les systèmes coloniaux et l’organisation actuelle des marchés, ainsi que les scandales sanitaires et environnementaux qui ont marqué les territoires de production, notamment en Martinique et en Guadeloupe.

Au cœur de sa pensée, le concept« défaire l’habiter colonial » constitue une interrogation philosophique : comment transformer la manière d’habiter la Terre héritée de la modernité coloniale ? L’ »habiter colonial » désignant une relation au monde fondée, entre autres, sur la domination des territoires. « Par un geste interdisciplinaire et poétique (…), [il] déplie les facettes de ce scandale et propose une manière de faire monde portée par l’exigence décoloniale d’un amour de la Terre », peut-on lire à propos de son essai S’aimer la Terre. Défaire l’habiter colonial, dans lequel le chercheur trace les contours d’une écologie qui relie les histoires humaines aux devenirs du vivant.

À travers des écrits qui font référence, le chercheur invite à repenser les liens entre justice sociale, mémoire historique et préservation des écosystèmes. L’écologie devient alors une réflexion sur les conditions d’un monde où la réparation des paysages s’accompagne de celle des histoires humaines. Une position qui trouve toute sa pertinence dans la thématique de « La banane française : entre marché mondial et continuité coloniale ».

Par ailleurs, en plaçant la Caraïbe comme lieu de pensée, Malcom Ferdinand pose aussi la question d’un monde en commun et à partir de ce territoire marqué par l’esclavage et la transformation systémique des paysages, il suggère de penser autrement les fractures contemporaines.

Sa participation aux Dialogues du Quai Branly, événement animé par Marie-Yemta Moussanang, s’inscrit dans cette démarche de mise en discussion publique des enjeux écologiques et historiques contemporains. En interrogeant les continuités coloniales à travers la mondialisation de la banane, cette rencontre prolonge une réflexion qui invite à considérer autrement les relations entre humains, territoires et environnements.

Publications de Malcom Ferdinand
S’aimer la Terre. Défaire l’habiter colonial
Éd. Le Seuil
Format broché : 25 euros
Format e-Pub : 17,99 euros
608 pages

Une écologie décoloniale. Penser l’écologie depuis le monde caribéen
Éd. Le Seuil
Format broché : 24,50 euros
Format e-Pub : 12,99 euros
464 pages

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