La littérature haïtienne dans la Caraïbe au centre d’un colloque international à Paris

L’université Paris 8 accueille un colloque international qui se tiendra sur deux jours, les 28 et 29 novembre 2019¨, avec pour thème : « La littérature haïtienne dans la Caraïbe : poétiques, politique, intertextualité ».

La littérature haïtienne sera au cœur d’un colloque organisé notamment par deux spécialistes de la littérature francophone, Ulysse Mentor et Françoise Simasotchi-Bronès. Au programme de ces rencontres s’appuyant sur le foisonnement et l’énergie de la littérature haïtienne, plusieurs thèmes parmi lesquels la fiction haïtienne ultra-contemporaine, les poétiques de l’expression féminine dans le littéraire haïtien, la mémoire de l’esclavage ou encore des communications sur les figures de la littérature haïtienne comme Frankétienne, Yanick Lahens ou Louis-Philippe Dalembert.

La littérature haïtienne dans la Caraïbe : poétiques, politique, intertextualité
Par la richesse de sa production, la littérature haïtienne est probablement l’une des plus fécondes de la Caraïbe et de l’espace francophone. Si, d’une part, les auteurs publient à un rythme régulier et, d’autre part, l’horizon littéraire voit émerger de nouvelles générations d’écrivains, il semblerait que le discours de la critique accompagne ce mouvement de manière inégale. Depuis l’ouvrage collectif « Relire l’histoire littéraire et le littéraire haïtien » publié en 2007 à la suite du colloque qui s’est tenu à Jacmel en 2004, trop rares sont les publications qui tentent d’aborder les orientations esthétiques du littéraire haïtien. Face à la fécondité de cette production littéraire haïtienne, certaines questions se posent : où en est la critique sur la littérature haïtienne aujourd’hui ? Reste-t-elle attachée à des généralisations auxquelles elle aurait du mal à renoncer ? Quelles sont les avancées de la critique et des études littéraires haïtiennes des deux dernières décennies ? Les récentes publications sont-elles entrain de sonner le glas des lectures réductrices procédant par approche vérificatoire et lieux communs du type « l’œuvre X reflète parfaitement la réalité haïtienne… » ?

Ce colloque souhaite soulever ces différentes questions en abordant des problématiques fondamentales de cette littérature : celle de la formulation théorique des projets poétiques, celle des sémiotiques partagées avec d’autres littératures caribéennes à travers une approche comparatiste, celle de sa diffusion et de sa réception, celle de sa politique propre, ou encore celle des mémoires qu’elle met en forme et des (nouveaux) imaginaires qu’elle interroge. Il se veut une occasion de poser à nouveaux frais des problématiques de cette littérature tout en questionnant les rapports d’intertextualité qu’elle entretient avec les autres littératures caribéennes.

Le programme du colloque
Jeudi 28 novembre
9 h 20 / 9 h 40 – Conférence inaugurale
Yolaine Parisot, (professeure de littératures francophones et comparées, Université Paris-Est-Créteil, France) : La fiction haïtienne ultra-contemporaine, une politique caribéenne de la littérature ?

9 h 40 / 9 h 50 – Échanges

9 h 50 / 11 h 15 – Session 1
RELIRE L’HISTOIRE LITTÉRAIRE ET LE LITTÉRAIRE HAÏTIENS
Modératrice : Françoise Simasotchi-Bronès, professeure des universités (Université Paris 8)
Intervenant.e.s :

  • Christiane Ndiaye (professeure associée, département des littératures de langue française, Université Montréal, Canada) : Relire les fictions de Louis Joseph Janvier
  • Michael Reyes (assistant professor of francophone literature, Queen’s University, Ontario, Canada) : Que faire des romans du XIXe siècle haïtien ? Francesca (1872), l’avènement de la modernité et les jeux du sort littéraire
  • Nadève Menard (professeure, département de lettres modernes, école normale supérieure, université d’État d’Haïti, Haïti) : Zoune, Bèbè et les autres : à la recherche de la tradition haïtienne

11 h 30 / 12h55 – Session 2
POÉTIQUES DE L’EXPRESSION FÉMININE DANS LE LITTÉRAIRE HAÏTIEN
Modératrices : Ferroudja Allouache (maîtresse de conférences, département de littératures française et francophones, Université Paris 8) ; Natacha d’Orlando (doctorante en études féminines et littérature comparée, Université Paris 8)
Intervenantes :

  • Johanna Nuber (doctorante, Université Halle-Wittenberg, Allemagne) : La vie au bout des doigts. Poétiques de la peau dans les œuvres de Marie Vieux Chauvet et Evelyne Trouillot
  • Darline Alexis (enseignante, département de lettres modernes, école normale supérieure, université d’État d’Haïti, Haïti) : C’est l’art qui sauve ! Convergence esthétique dans les romans de Yanick Lahens
  • Régine Isabelle Joseph (assistant professor of french, Queens College, États-Unis) : Ruines et rêves : l’écriture Post-Apocalyptique chez Marie Vieux- Chauvet

14 h 25 / 14 h 35 : Allocution d’Arnaud Laimé, vice-président du conseil d’administration de l’université Paris 8

14 h 35 / 16 h 05 – Session 3
DE QUELQUES POÉTIQUES DE LA LITTÉRATURE HAÏTIENNE
Modérateur : Odonel Pierre-Louis (enseignant-chercheur, département de philosophie, École Normale Supérieure, Université d’État d’Haïti)
Intervenant.e.s :

  • Ulysse Mentor (doctorant en littératures française et francophones, université Paris 8, France) : Généalogie de la violence comme manière d’écrire : les enjeux d’un certain modèle romanesque dans la littérature haïtienne
  • Milena Fucikova (maitresse de conférences, université de Prague, République Tchèque) : René Depestre, se sert-il des armes miraculeuses de la créolité ?
  • Sara Del Rossi (doctorante, université de Varsovie, Pologne) : Où va le conte haïtien ? Les dynamiques transculturelles du conte haïtien à l’écrit

16 h 15 – 18 h – Session 4
APPROCHES CRITIQUES
Modératrice : Loudmie Gué (docteure en philosophie, Enseignante de Lettres Modernes)
Intervenant.e.s :

  • Yves Chemla (enseignant / critique littéraire, IUT de Paris – université Paris Descartes, France) : De la nécessité de préserver les manuscrits des écrivains : « Le champ du potier » de Jacques Roumain
  • Normelia Parise (professeure, université fédérale Rio Grande, Brésil) : Amour, Colère, Folie à l’épreuve de l’archive
  • Françoise Cévaër (senior lecturer/associate professor, University of the West Indies, Mona, Jamaïque) : Esthétique (s) littéraire (s) d’une poétisation de l’échec dans Parabole du failli de Lyonel Trouillot
  • Joseph Kwaterko (professeur, université de Varsovie, Pologne) : La Caraïbe, l’idéologie et la polyphonie dans L’espace d’un cillement de Jacques Stephen Alexis

Vendredi 29 novembre
9 h / 10 h 20 – Session 5
ÉCRITURE ET DÉSIR DE LA COMMUNAUTÉ DANS DES ŒUVRES CONTEMPORAINES
Modérateur : Carlo A. Célius, Chargé de recherche au CNRS
Intervenant.e.s :

  • Lisa Brunke (doctorante, Martin Luther Universitat Halle Wittenberg, Allemagne) : Écrire sur la cause commune ? Images de la communauté et du vivre ensemble dans L’ile au bout des rêves de Louis Philippe Dalembert et La belle amour humaine de Lyonel Trouillot

John Patrick Walsh (Associate Professor of French, université de Pittsburg, États-Unis) : Haïti, le pays du Quattro ? L’imaginaire de l’environnement urbain de Douces déroutes, ou Yanick Lahens face au spectacle de l’inégalité

Fritz Berg Jeannot (doctorant en littératures française et francophones, université Paris 8 / Chargé de cours, université Quisqueya, Haïti) : Violences frontalières et désir d’unité dans Le Peuple des terres mêlées, de René Philoctète

10 h 30 / 12 h – Session 6
INTERTEXTUALITÉS CARIBÉENNES
Modératrice : Andrée-Ane Kekeh-Dika (maîtresse de conférences HDR, université Paris 8)
Intervenantes :

  • Anaïs Stampfli (première assistante, université Lausanne – Suisse) : La langue éclatée de Frankétienne, lecture comparatiste et diachronique
  • Alessia Vignoli, (doctorante, université de Varsovie, Pologne) : La mise en fiction de la catastrophe naturelle dans le roman caribéen francophone : une approche transcaribéenne
  • Maria Victoria Famin, (MCF, université Lumière Lyon2, France) : Pour un nomadisme littéraire caribéen : une lecture croisée des œuvres de Louis Philippe Dalembert et Karla Suarez
  • Fély Catan, (docteure en littérature comparée, université de Miami, États-Unis) : Baroque, Révolution et Écriture : Louis Philippe Dalembert sur les traces d’Alejo Carpentier

12 h / 13 h 20 – Session 7
INTERROGER LES SOUBASSEMENTS DES IMAGINAIRES ET DES MÉMOIRES
Modératrice : Nadia Yala Kisukidi (maitresse de conférences, département de philosophie, université Paris 8)
Intervenants :

  • Edlyn Dorismond (directeur de programme, Collège international de philosophie, France / enseignant-chercheur, université d’État d’Haïti, Haïti) : Le « Mimola » d’Antoine Innocent. Vodou, ancestralité, filiation et mémoire de l’Afrique
  • Louis Rodrigue Thomas, (enseignant-chercheur, université d’État d’Haïti, Haïti) : Polidò, Mèt Petyon et Zabèlbòk, trois figures de lettré dans la création verbale haïtienne
  • Jerry Michel (doctorant en sociologie, EHESS – université Paris 8, France / chargé de cours, université d’État d’Haïti, Haïti) : La littérature haïtienne : un réceptacle de la mémoire de l’esclavage

14 h 30 / 15 h 50 – Session 8
ÉDITION, TRADUCTION ET RÉCEPTION DU LITTÉRAIRE HAÏTIEN
Modératrice : Nadève Ménard (professeure, département de lettres modernes, École Normale Supérieure, université d’État d’Haïti)
Intervenant.e.s :

  • Alba Pessini (professeure associée, université de Parme, Italie) : La littérature haïtienne en Italie : diffusion, réception et enjeux (2004-2018)
  • Tetzner L. Bien-Aimé (doctorant, Western university, Ontario) : Vers une histoire sociale du livre, de l’édition et de la lecture dans le champ scientifique haïtien
  • Carolyn Shread (professeure, Mount Holyoke College, États-Unis) : Traduction est critique : former la réception des textes haïtiens en anglais

16 h / 17 h 40 – Session 9
LITTÉRATURE ET POLITIQUE
Modérateur : Stéphane Douailler (professeur émérite, département de philosophie, université Paris 8)
Intervenant.e.s :

  • Jean Waddimir Gustinvil, (enseignant-chercheur, université d’État d’Haïti, Haïti) : Post-mémoire, mémoire souffrante : le procès des crimes politiques dans la littérature après la dictature.
  • Odile Gannier (professeure, université Cote d’Azur, France) : Témoins des saisons violentes : Haïti et la fable politique
  • Estelle Bédée (docteure en langue et littérature françaises) : Politique de la littérature haïtienne : « lè zansèt nou kase chenn yo / sa a pa te pliye bra yo » Esthétique de l’insurrection
  • Margarete Nascimiento, (enseignante, université de l’État de Bahia, Brésil) : La littérature comme lieu de dénonciation à travers la voix féminine haïtienne

17 h 40 / 18 h – Conférence de clôture
Françoise Simasotchi-Bronès

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